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	<title>IndependentWHO - Santé et Nucléaire &#187; Revue de presse</title>
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	<description>L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) ne remplit pas sa mission de protection des populations victimes des contaminations radioactives.</description>
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		<title>En finir avec le «dogme Hiroshima»</title>
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		<pubDate>Mon, 10 Apr 2017 14:22:08 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Dans un article publié dans le quotidien genevois «Le Courrier», Alison Katz, membre d’IndependentWHO &#8211; Santé et Nucléaire, pointe l’invocation de la «radiophobie» pour expliquer les problèmes sanitaires des victimes d’accidents nucléaires, le recyclage douteux du «modèle Hiroshima» et le déni des effets de la radio-contamination à faible dose. &#171;&#160;Lire ou télécharger l&#8217;article&#160;&#187;]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Dans un article publié dans le quotidien genevois «Le Courrier», Alison Katz, membre d’IndependentWHO &#8211; Santé et Nucléaire, pointe l’invocation de la «radiophobie» pour expliquer les problèmes sanitaires des victimes d’accidents nucléaires, le recyclage douteux du «modèle Hiroshima» et le déni des effets de la radio-contamination à faible dose.<span id="more-10315"></span></p>
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		<title>De Maïak à Tchernobyl, la « guerre » radioactive : une liquidatrice témoigne</title>
		<link>http://independentwho.org/fr/2016/09/20/natalia-borisovna-manzurova/</link>
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		<pubDate>Tue, 20 Sep 2016 16:04:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[christophe]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Revue de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Tchernobyl]]></category>

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		<description><![CDATA[Entretien avec Natalia Borisovna Manzurova, une des rares liquidateur.ices encore en vie de Tchernobyl. Natalia Manzurova exerce dans la zone interdite de Tchernobyl entre 1987 et 1991. Elle revient par la suite à Maïak, où elle travaille encore deux ans en tant qu’ingénieure constructeure, avant d’être contrainte à une retraite d’« invalidité » à l’âge de 42 ans. Par Natalia Borisovna Manzurova, Tatiana Kasperski et Sezin Topçu Publié sur le site de &#171;&#160;Mouvements des idées et des luttes&#160;&#187;, le 16 septembre 2016&#8243; Natalia Borisovna Manzurova est l’une des rares liquidateur.ices encore en vie de Tchernobyl. À ceux/celles qui s’étonnent qu’elle<a href="http://independentwho.org/fr/2016/09/20/natalia-borisovna-manzurova/">&#160;&#160;[ lire la suite ]</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Entretien avec Natalia Borisovna Manzurova, une des rares liquidateur.ices encore en vie de Tchernobyl. Natalia Manzurova exerce dans la zone interdite de Tchernobyl entre 1987 et 1991. Elle revient par la suite à Maïak, où elle travaille encore deux ans en tant qu’ingénieure constructeure, avant d’être contrainte à une retraite d’« invalidité » à l’âge de 42 ans.<span id="more-10173"></span></p>
<p>Par Natalia Borisovna Manzurova, Tatiana Kasperski et Sezin Topçu</p>
<p>Publié sur le site de <a href="http://mouvements.info/de-maiak-a-tchernobyl/">&laquo;&nbsp;Mouvements des idées et des luttes&nbsp;&raquo;</a>, le 16 septembre 2016&Prime;</p>
<div id="attachment_10174" style="width: 310px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://independentwho.org/fr/files/2016/10/Natalia-Borisovna-Manzurova-Maiak.png"><img class="size-medium wp-image-10174" src="http://independentwho.org/fr/files/2016/10/Natalia-Borisovna-Manzurova-Maiak-300x204.png" alt="Natalia Borisovna Manzurova" width="300" height="204" /></a><p class="wp-caption-text">Natalia Borisovna Manzurova</p></div>
<p>Natalia Borisovna Manzurova est l’une des rares liquidateur.ices encore en vie de Tchernobyl. À ceux/celles qui s’étonnent qu’elle se porte bien malgré l’épreuve du passé, elle répond : « La radioactivité m’a gelée ». Issue d’une famille de travailleurs nucléaires, Natalia Manzurova est née en 1951 à Tcheliabinsk 40 (rebaptisée Oziorsk après 1994), ville secrète de la région de Tcheliabinsk où fut construite la première usine de production de plutonium soviétique à la sortie de la Seconde Guerre mondiale. Elle a six ans lorsque l’accident nucléaire de Maïak (aussi appelé accident de Kychtym) frappe sa ville le 29 septembre 1957 et contamine de manière durable la région de l’Oural. Après des études de génie mécanique à Tcheliabinsk, puis de radiobiologie à l’Académie d’agriculture Timiriazev de Moscou, Natalia Manzurova entre en 1978 à la Station expérimentale de recherche scientifique (ONIS) du complexe nucléaire Maïak. La mission principale de l’ONIS consiste alors à mettre au point des méthodes et outils de décontamination et de résilience « durables », en vue de permettre le « retour à la normale » de cette zone de l’Oural fortement radioactive. Quand l’accident de Tchernobyl survient en 1986, cette expertise, dont Natalia Manzurova et ses collègues détiennent le monopole, est fortement mobilisée pour la « liquidation » des conséquences de la catastrophe. Natalia Manzurova exerce dans la zone interdite de Tchernobyl entre 1987 et 1991. Elle revient par la suite à Maïak, où elle travaille encore deux ans en tant qu’ingénieure constructeure, avant d’être contrainte à une retraite d’« invalidité » à l’âge de 42 ans. À partir des années 1990, elle milite à Oziorsk au sein de la branche locale de l’Union Tchernobyl de la Russie, qui défend les droits des liquidateurs, et ensuite au sein de l’association Planète des Espoirs, une ONG d’Oziorsk mobilisée en faveur des victimes de la catastrophe de Maïak. Jadis scientifique, mère célibataire et potentielle victime, Natalia Manzurova devient donc tour à tour décontamineur, « homme », malade, guerrière, activiste. À travers sa trajectoire, ce sont les conditions de vie tantôt avantageuses tantôt moyenâgeuses que le nucléaire, civil comme militaire, a dictées à toute une génération d’hommes et de femmes qui se donnent à voir. De Maïak à Tchernobyl, on ne croise pas seulement des territoires entiers transformés en déchèteries, mais aussi des vies entières brisées à l’infini.</p>
<p><strong>Mouvements : L’accident de Maïak est la première catastrophe nucléaire de l’histoire, gardée secrète pendant plus de trois décennies[1]. Quand il survient, vous avez 6 ans. Vous avez en quelque sorte grandi dans la catastrophe. Comment avez-vous vécu cela de l’intérieur ?</strong></p>
<p>Natalia Borisovna Manzurova (N.B.M.) : Je fais partie de la première génération des « travailleur·se·s de l’atome » (atomchtchiki) mais aussi des « enfants d’iode ». On nous appelle « la génération iode », nous qui sommes nés avant 1960. Jusqu’aux années 1960, il n’y avait pas de capteurs d’iode dans les installations nucléaires, donc les populations, et surtout les enfants, ont inhalé beaucoup d’iode radioactif. Ce n’est qu’à partir du début des années 1960 que les autorités ont commencé à filtrer l’iode. À l’époque tout était secret, mais on savait qu’il y avait des travailleur·se·s qui étaient très irradié·e·s suite à l’accident de Maïak. Il·elle·s ont été relogé·e·s à Obninsk[2], Krasnodar, Dimitrovgrad ou encore à Tchernigov en Ukraine. L’usine de production de plutonium n’a pas été arrêtée. Beaucoup de familles, ami·e·s de mes parents, sont parti·e·s. Après l’accident de Maïak, on n’a rien dit aux gens, mais ma mère était dosimétriste, donc elle savait. Elle devenait folle, par exemple quand, enfante, il m’arrivait de mettre une fleur dans la bouche au printemps. En hiver, quand les branches étaient couvertes de glace, les enfants les suçaient, ma mère les grondait. Elle ne m’autorisait pas à courir pieds nus. Quand je suis devenue mère moi-même, lorsque je sortais avec mon bébé, elle me disait de prendre telle route plutôt que telle autre, plus contaminée.</p>
<p><strong>M. : Y a-t-il eu beaucoup de morts précoces ou de maladies autour de vous ?</strong></p>
<p>N.B.M. : À Maïak, ceux·lles qui travaillaient dans les sites de production étaient en grande partie des hommes. La plupart sont morts avant l’âge de 50 ans. Le cimetière là-bas est impressionnant. Il y a aussi toute une partie « enfants ». Les enfants ont décédé en très grande quantité. J’ai constaté aussi qu’il y avait dans la ville beaucoup d’enfants trisomiques.</p>
<p><strong>M. : Qu’en est-il des risques sanitaires subis par vos parents ? Ont-il·elle·s été surveillé·e·s ?</strong></p>
<p>N.B.M. : Après Tchernobyl, je suis venue au bureau de la direction de l’usine et j’ai vu le chef du service de dosimétrie où travaillait ma mère. Il avait un gros cahier devant lui. Et il m’a demandé : « T’as envie de voir les doses reçues par tes parents ? » J’ai regardé. Mon père, qui travaillait dans un des réacteurs en tant que mécanicien, avait au total reçu 600 Röntgen, et ma mère 400. Normalement, au-delà de 100 Röntgen, il·elle·s auraient dû être relogé·e·s. Il y a une expression chez nous, on parle de « brûler » le·la travailleur·se. Cela veut dire qu’on le garde, quand bien même il a dépassé la dose admissible. C’est une manière d’éviter d’irradier beaucoup trop de monde. À Tchernobyl aussi, au début, les liquidateur·rice·s étaient envoyé·e·s sur place temporairement et, ensuite, pour limiter d’irradier trop de personnes, on les rendait permanent·e·s. Cela relevait de cette idée de « brûler ». Ma mère est morte en 1991, à l’âge de 63 ans, d’un cancer de l’estomac. À l’époque, on n’avait même pas la catégorie de maladie professionnelle. La seule législation qui venait d’être adoptée concernait les Tchernobyliens.</p>
<p><strong>M. : Il n’y a pas que l’accident de Kychtym qui a dévasté la région de l’Oural. La rivière Tetcha a déjà été très fortement contaminée auparavant[3]. Quelles en furent les conséquences ?</strong></p>
<p>N.B.M. : C’est une grosse affaire qui concerne encore aujourd’hui quatre villages qui n’ont pas été relogés. Nous avons créé l’ONG Planète des Espoirs pour entre autres exiger que cette rivière soit reconnue comme une déchetterie nucléaire. On a demandé qu’un sarcophage soit construit autour, que son lit soit déplacé ou qu’elle soit mise dans des tuyaux. Mais nous n’avons pas été entendu·e·s. On nous a accusé·e·s d’être des « agent·e·s de l’étranger ». Les mesures prises sont insignifiantes. Il·elle·s mettent du sable au bord de la rivière pour, soi-disant, décontaminer. C’est un chantier permanent, donc un travail permanent, ça permet de faire tourner un business de construction, qui est la porte ouverte à de multiples corruptions. De plus, les autorités disent : « Si vous nous permettez de stocker des déchets radioactifs à Maïak, avec l’argent qu’on obtiendra, on pourra réhabiliter la rivière[4] » ! Il y a donc un chantage.</p>
<p><strong>M. : Vous avez malgré tout opté pour une carrière dans le nucléaire. Pourquoi ?</strong></p>
<p>N.B.M. : En 1977, mon mari m’a quitté, notre enfant avait alors huit mois. J’ai une formation d’ingénieure mécanicienne. Je devais trouver un travail. Après l’accident de Maïak, on avait mis en place deux instituts de recherche : la Station expérimentale de recherche scientifique, chargée d’étudier l’impact de la contamination radioactive sur l’environnement, et l’Institut de biophysique de Tcheliabinsk, avec une filiale à Oziorsk, qui s’occupait des conséquences sur la santé humaine. J’avais une amie qui travaillait à la Station. En 1978, j’y suis entrée aussi pour travailler d’abord dans la partie non secrète. Puis un an après, on m’a envoyé à Moscou pour une formation en radiobiologie. À mon retour en 1979, j’ai commencé à travailler dans la partie secrète, et ce jusqu’en 1987.</p>
<p><strong>M. : Quel type de recherche meniez-vous ?</strong></p>
<p>N.B.M. : Je travaillais sur la manière de faire de l’agriculture sur un territoire contaminé. Cette recherche était lancée dans le cadre de la préparation à la guerre nucléaire. J’avais des serres construites sur le site de Maïak. On plantait à ciel ouvert sur les territoires contaminés, et on faisait le contrôle dans les serres, en milieu confiné. Dans les serres, on isolait les plantes de la terre, en les faisant pousser dans une solution chimique spéciale. On utilisait aussi l’eau contaminée venant du réacteur – c’est-à-dire l’eau de refroidissement – pour y faire pousser des algues. On les donnait ensuite aux vaches. En fait, elles donnaient plus de lait avec ça ! C’est qu’en hiver, normalement, elles mangent de la nourriture sèche. Avec ces algues, elles étaient mieux nourries. On parvenait ainsi à obtenir des veaux en « bonne santé ». C’était notre travail, notre but.</p>
<p><strong>M. : C’était donc une science au service de la résilience nucléaire. Y avait-il des recherches menées sur les impacts sanitaires également ?</strong></p>
<p>N.B.M. : La recherche épidémiologique était l’une des missions principales de l’Institut de biophysique de Tcheliabinsk et de sa filiale d’Oziorsk. Elle portait sur le personnel du site, sur les habitant·e·s ainsi que sur les riverain·e·s de la rivière Tetcha. Beaucoup d’expériences ont également été menées sur des souris, des chats, des lapins. Des études existent donc depuis longue date mais ne sont pas communiquées. Les conséquences catastrophiques de la contamination radioactive sur la santé ne sont jamais reconnues à l’international non plus. J’ai souvent posé la question aux expert·e·s : « Vous étudiez en permanence ces effets, vous recevez les gens à l’hôpital une fois par an, vous menez des examens systématiques, alors, vos résultats ? ». Pas de résultat. Des médecins disent devant d’autres médecins qu’il y a des leucémies, des cancers, des problèmes, mais ça s’arrête là. Les gens continuent à y vivre. Dire les conséquences n’arrangerait personne, surtout en ce temps de « renaissance du nucléaire » en Russie.</p>
<p><strong>M.: En 1986, quand l’accident de Tchernobyl survient, Moscou se tourne vers votre Institut pour la liquidation des conséquences de la catastrophe. Comment se déroule la suite ?</strong></p>
<p>N.B.M. : Nous étions à l’époque les seul·e·s spécialistes de la contamination permanente et à grande échelle. Et quand les premiers échantillons de Tchernobyl sont arrivés, notre dosimétriste ne pouvait même pas s’approcher de ces échantillons tellement ils étaient contaminés, alors même qu’ils venaient de traverser tout le pays en voiture. La première année (1986), une partie du personnel du laboratoire de Maïak a régulièrement été envoyée sur place. Puis, au bout d’un an, il·elle·s ont décidé de le garder de façon permanente. L’État a proposé qu’on construise sur place un institut de recherche identique au nôtre. Il·elle·s ont ainsi sélectionné un spécialiste de chaque domaine. Moi j’étais spécialiste de l’agriculture, d’autres de la santé humaine, etc. Puis sont arrivés les télégrammes de Moscou nous annonçant notre nouveau lieu de travail. À l’époque, on appelait cela le « transfert volontaire obligatoire ». Quand on vous transférait quelque part, il fallait y aller dans les délais impartis, sinon votre ancienneté n’était plus comptée. Vous pouviez même être licencié·e tout court, pour « manquement très grave ». C’était l’article 33 du Code du travail. Et puis, ensuite, plus personne ne vous embauchait.</p>
<p><strong>M. : Vous étiez donc forcée d’aller travailler à Tchernobyl ?</strong></p>
<p>N.B.M. : En fait, avec du recul, il faut dire que je n’étais pas complètement obligée d’accepter ce départ. J’aurais pu mettre en avant le fait que j’étais mère seule, et il·elle·s auraient, je pense, accepté. Mais comme ma mère savait qu’il s’agissait d’un désastre, qu’elle-même avait servi toute sa vie avec l’idée d’un devoir professionnel, elle m’a proposé de garder ma fille. Et je considérais, comme elle, que c’était mon devoir professionnel que d’y aller. Un peu comme pour les pompiers en cas d’incendie, les médecins en cas d’épidémie… Par ailleurs, il y avait un certain niveau de radioprotection là où l’on travaillait, avec des portiques, des dosimètres, etc., donc je pensais qu’on savait faire.</p>
<p><strong>M. : Vous êtes arrivée à Tchernobyl en août 1987, avec une dizaine de collègues scientifiques. Y avait-il d’autres femmes à part vous ?</strong></p>
<p>N.B.M. : C’était tous des hommes à part moi. Et ils sont tous morts, sauf moi. Il y avait aussi des technicien·ne·s du laboratoire qui sont venu·e·s, une dizaine également si je ne me trompe, on comptait plusieurs femmes parmi eux·lles. Les techniciens hommes sont tous morts aussi. Les femmes non. À Pripiat, nous étions les seuls personnels scientifiques à rester sur place de façon permanente. D’autres scientifiques, d’autres instituts, biélorusses ou autres, furent envoyé·e·s aussi, mais pour des missions courtes. Nous avons construit, dans la ville évacuée de Pripiat, notre petit laboratoire, sur les décombres d’une école maternelle. À plusieurs reprises, on a voulu fermer notre laboratoire, car l’idée était de liquider les conséquences et de redémarrer les réacteurs. Ils disaient qu’il n’y avait pas besoin de science. Et nous, on disait que notre mission n’était pas de faire de la science, mais d’avoir une utilité pratique.</p>
<p><strong>M. : Quelle était votre contribution pratique à la gestion de l’après-catastrophe ?</strong></p>
<p>N.B.M. : On a par exemple utilisé une machine spéciale, une charrue, que nous avions mise au point à Maïak, pour labourer le champ. Elle enlevait deux centimètres de surface du sol et le remettait à soixante centimètres de profondeur. Ainsi, si on devait planter quelque chose, les racines n’allaient pas être atteintes par la radioactivité. Et pour des plantes ayant des racines plus longues, on a ajouté une corde à la machine, corde qui coupait ces racines au-delà de soixante centimètres. On a proposé aussi de planter à grande échelle du maïs, du tournesol, car ils absorbent la radioactivité. L’idée était de les arracher ensuite, puis de les enfouir. Mais toutes nos propositions n’ont pas été acceptées par l’administration. En fait, il y avait un gros budget réservé à la liquidation des conséquences de Tchernobyl. Pour bénéficier de ce budget, les cadres montaient des opérations, pas forcément efficaces, mais qui rapportaient de l’argent. Concernant par exemple la « Forêt rousse[5] », mon Institut a proposé de la garder en tant que telle. Parce qu’elle était sur un sol sablé, et retenait le sol. Mais un cadre a poussé pour la raser car cette opération apportait beaucoup d’argent. Il y avait bien sûr aussi des controverses sur la façon de procéder au mieux, dans l’urgence. Certain·e·s proposaient par exemple juste de planter de l’herbe, alors qu’on disait « purifions d’abord le sol avant de replanter ». Nous avons par ailleurs fait des propositions en vue de permettre l’élevage de poissons dans la zone. Tout ça, c’était ce que nous savions faire, ou en tout cas ce sur quoi nous étions habitué·e·s à travailler à Maïak. Mais l’idée de l’État, à l’époque, n’était pas forcément de rétablir l’agriculture, la pêche, etc.</p>
<p><strong>M. : Comment la « zone » de Tchernobyl a-t-elle été encadrée ?</strong></p>
<p>N.B.M. : La zone de trente kilomètres était entourée de barbelés électriques. Il y avait un point de contrôle strict à Tchernobyl, puis un autre à Pripiat. Les travailleur·se·s avaient un pass. Et ceux qui pouvaient entrer à Tchernobyl ne pouvaient pas forcément passer à Pripiat. Mais, aux alentours, les riverain·e·s trouvaient toujours un moyen d’y pénétrer. Nous avions nous-mêmes creusé un tunnel pour aller dans les villages d’à côté, pour avoir un peu de liberté… On ne pouvait pas sortir facilement sinon. On était tout le temps surveillé. La sortie légale, c’était une fois tous les quinze jours.</p>
<p><strong>M. : Était-il avantageux de travailler dans la « zone » à la fin des années 1980 ?</strong></p>
<p>N.B.M. : Les salaires dans la « zone » étaient très élevés. En temps normal le salaire d’ingénieur·e ne dépassait pas 120 roubles. Quand j’ai été envoyée à Tchernobyl, je n’ai pas demandé ce qu’allait être mon salaire. J’ai reçu 1 500 roubles par mois ! Il y avait également des missions ponctuelles, payées cinq ou dix fois un salaire mensuel si elles étaient particulièrement dangereuses.</p>
<p><strong>M. : Où viviez-vous précisément ? À Tchernobyl ou à Pripiat ?</strong></p>
<p>N.B.M. : Personne ne dormait à Pripiat. Les liquidateur·rice·s étaient installé·e·s à Tchernobyl. Les soldat·e·s dormaient dans des tentes. Les « civil·e·s » étaient placé·e·s dans des résidences abandonnées, qu’on a transformées en dortoirs. On les a décontaminées, nettoyées un peu, puis on s’y est installé. Elles étaient pour l’essentiel équipées de meubles récupérés sur place, ceux qui étaient utilisables après la décontamination. J’étais cadre, mais je dormais aussi dans un dortoir, avec plusieurs autres femmes. C’était du luxe quand même par rapport, par exemple, aux cuisinières, qui dormaient dans des dortoirs très peuplés, devaient se réveiller à 4h30 du matin pour préparer les repas, etc. À Tchernobyl, il y avait une cantine et un hôpital.</p>
<p><strong>M. : Et votre laboratoire ?</strong></p>
<p>N.B.M. : Notre « labo » était à Pripiat. Nous nous sommes installé·e·s dans les locaux d’une école maternelle évacuée. Avant la « guerre », je veux dire avant Tchernobyl [rires], on avait construit quatre serres à Pripiat, d’après la technologie hollandaise. On y faisait pousser des plantes hors-sol, ça s’appelle la culture hydroponique. Bien sûr, avec l’accident, tout ça était contaminé. Je travaillais à élaborer une technique pour décontaminer tout ça. On a aussi mis en place une ferme avec des porcs, des vaches, plus une ruche. On avait jusqu’alors travaillé avec l’atome militaire, on voulait voir ce que ça donnait avec l’atome civil. On a appris qu’il n’y avait pas de différence : civil·e ou militaire, c’était pareil ! J’ai travaillé un an dans ce laboratoire, dans la division de décontamination et de remise en culture, en tant qu’ingénieure principale. Ensuite je suis devenue ingénieure de la division s’occupant de l’enfouissement de déchets.</p>
<p><strong>M. : Comment avez-vous procédé pour prendre en charge les déchets de Tchernobyl ?</strong></p>
<p>N.B.M. Les déchets de haute activité étaient emmenés en voitures plombées, on les enfouissait pas loin de Pripiat. Pour l’enfouissement, toutes les machines étaient dirigées à distance. C’était des machines importées de l’étranger. Les voitures qui transportaient des déchets de moyenne activité ou d’autres voitures et bus qui circulaient dans la zone devaient être décontaminés régulièrement. On avait des points de « traitement sanitaire » pour ces machines. Concernant les voitures très contaminées, et abandonnées, une machine les écrasait les pressait les unes sur les autres, puis on mettait du béton dessus, puis de l’herbe. Les soldats lavaient les routes, les maisons ; ils enlevaient les couches supérieures du sol et ramenaient les débris aux sites d’enfouissement des déchets. À côté des villages, on creusait des trous, on y mettait tout ce qu’il y avait à détruire. Beaucoup de personnes ont travaillé à ces tâches.</p>
<p><strong>M. : Et quel fut le sort des objets personnels contaminés ?</strong></p>
<p>N.B.M. : Lors de ma première année à Tchernobyl, nous avons eu pour mission d’inventorier tous les objets personnels et meubles dans les habitations abandonnées. Les dosimétristes les mesuraient. Ceux qui étaient propres ou récupérables, des lits, etc., étaient distribués aux paysan·e·s des alentours. Ceux qui étaient classés « non utilisables » devaient être enfouis. Les soldat·e·s venaient, prenaient un drap et balançaient ces objets dans des camions stationnés au-dessous des fenêtres. Pour accomplir cette mission, on se déplaçait en bus. On l’appelait « bus pleurant » parce que, parmi les employé·e·s, parmi nous les liquidateur·rice·s, nombreux·ses étaient ceux·lles qui étaient d’ancien·e·s habitant·e·s. Il·elle·s devaient cataloguer leurs propres objets comme déchets, et puis pleuraient quand il·elle·s voyaient qu’ils étaient balancés de la fenêtre pour finir dans la déchèterie.</p>
<p><strong>M. : Les animaux étaient également contaminés. Qu’est-ce qu’ils sont devenus ?</strong></p>
<p>N.B.M. : À Tchernobyl, dans les villages, il a fallu tuer tous les animaux puis les enterrer. Mais beaucoup d’animaux se sont évadés. Lorsque nous avons décidé de créer une ferme expérimentale, on nous a fourni un hélicoptère et nos gars sont partis chercher ces animaux. Ils ont trouvé des vaches, qu’ils ont enfermées dans un enclos. Il·elle·s y ont également enfermé un bœuf qui n’a pas voulu y rester et a défoncé la clôture. Tout le troupeau l’a suivi. Cela faisait un an qu’ils étaient en pâturage sauvage. Des chiens se sont croisés avec des loups en se transformant en des animaux terribles, avec des allures de loup. Il n’était pas possible de se promener seul·e le soir, ils pouvaient encercler et attaquer. La rage s’est propagée. Il y avait beaucoup de renards, des renards enragés attaquaient les soldat·e·s qui vivaient dans des tentes, ils les mordaient au cou. La rage était également fréquente chez les sangliers.</p>
<p><strong>M. : Et concernant les plantes, on sait aujourd’hui que certaines d’entre elles ont subi de fortes mutations. Quelles sont vos observations de première main là-dessus, en tant que scientifique ?</strong></p>
<p>N.B.M. : Nous observions des mutations à la fois chez les plantes et chez les animaux. Surtout au printemps, qui est un moment de grande vulnérabilité, les conifères sont des plus vulnérables. Comme ils ne se défeuillent pas, la radioactivité dans les aiguilles continue d’agir. Un exemple de mutation des conifères est ce qu’on appelle le « balai de sorcière » : la branche ne pousse plus en longueur, à la place de cela, plusieurs rameaux s’y développent à partir d’un même point, à l’horizontal.</p>
<p><strong>M. : Vous avez aussi évoqué lors de certaines de vos conférences publiques un phénomène de momification des corps. Pouvez-vous préciser de quoi il s’agit ?</strong></p>
<p>N.B.M. : J’ai souvent parlé du cas d’un chien qu’on avait trouvé à l’école maternelle où mon labo s’est installé. Il était à moitié aveugle, sa peau était détruite. Nous avons dû le chasser, c’était en automne 1987, et nous avons retrouvé plus tard son corps momifié à l’hôpital abandonné de Pripiat. Dans le même hôpital toujours, un jour du printemps 1988, un professeur de l’Université de Kazan en mission à Pripiat m’a demandé d’enlever l’alarme. Il voulait y chercher un récipient dont il avait besoin pour stocker de l’eau radioactive. Nous sommes allés dans le service de gynécologie. Il y avait une cuve, j’ai enlevé le couvercle et j’ai vu des corps de « bébés », de fœtus couleur chocolat, avec des petits bras, petites jambes, des nombrils. Ces fœtus avaient peut-être 7-8 mois. Ensuite le professeur a crié de la salle d’opération : « Viens voir ! » Il m’a montré des embryons dans la boîte des instruments. Nous avons laissé la cuve, nous sommes allés dans le service pédiatrique et c’est là que nous avons vu ce chien, mi-couché, mi-assis sur un lit d’enfant. Son corps ne s’est pas non plus décomposé, il a été momifié. Nous sommes parti·e·s, il m’a rappelé plus tard pour vider la cuve. Nous avons pris un chauffeur, une pelle et nous avons fait une tombe improvisée pour les fœtus et les embryons. Nous avons laissé une marque, mais je ne dis à personne laquelle, on ne sait jamais. J’ai compris rétrospectivement que certaines doses de radiation tuent des bactéries qui participent à la décomposition de la chair.</p>
<p><strong>M.: Revenons maintenant aux corps irradiés des liquidateur·rice·s. Pour commencer, pouvez-vous nous décrire les conditions de travail à Tchernobyl ?</strong></p>
<p>N.B.M. : Les ouvrier·ère·s travaillaient quinze jours, puis avaient quinze jours de repos. Pour les supérieur·e·s, c’était vingt jours, puis dix jours de repos. Il y avait cette rotation. Donc au bout de quinze jours, c’est l’équipe suivante qui reprenait les lits du dortoir. Au travail, on mettait des habits spéciaux. Le plus souvent des habits militaires. Mais c’était pour les supérieur·e·s, les cadres. Pour les autres, c’étaient de simples habits de travailleur·se·s du bâtiment. Après le rappel des troupes soviétiques de l’Afghanistan, on nous a massivement distribué leurs habits. On avait également des masques sur le visage, faits en « tissu de Pétrianov » : une couche de gaze à l’extérieur, une sorte de ouate de coton à l’intérieur. C’était les mêmes que celles portées par les travailleur·se·s des centrales. Des années plus tard, lors d’une conférence publique à Moscou, un employé a parlé de ce « tissu de Pétrianov ». Il a raconté qu’il y a eu au début tout un lot défectueux qui devait être jeté. Mais un affairiste aurait revendu le lot défectueux à l’administration de la zone. Je me suis alors souvenue que nous avions arrêté de porter les masques à un moment, car le tissu se transformait en bouloches, on avait l’impression d’inspirer des trucs chimiques. Quand on a reçu un lot de masques normaux, on a commencé à les porter à nouveau. On portait également des dosimètres individuels que l’on devait rendre aux postes de contrôle une fois le travail terminé. Mais ma mère m’avait expliqué que ces dosimètres avaient un seuil et n’enregistraient pas les doses au-dessus de ce seuil. Et qu’ils ne prenaient pas en compte toute l’exposition interne. À plusieurs reprises, j’ai réclamé qu’on me donne des « crayons », qui sont des appareils permettant de mesurer le rayonnement en temps réel. J’aurais pu ainsi calculer la dose absorbée. Mais on ne m’en a pas donné. Nos doses et notre santé ont été classifiées.</p>
<p><strong>M. : Comment les maladies ou les problèmes surgis sur place ont-ils été pris en charge ?</strong></p>
<p>N.B.M. : Il y avait un bureau médical auquel on s’adressait si l’on avait des problèmes. Ce n’est qu’en 1987 qu’il·elle·s ont créé une polyclinique et que l’on a commencé à faire des analyses. Plus tard, des instituts de médecine spécialisés ont été créés en URSS. Ceux·lles qui sont restés travailler dans la zone plus d’une année ont été inclus·es dans un groupe d’observation expérimentale. Au bout de trois périodes de travail dans la zone, donc tous les trois mois environ, on devait faire des analyses et voir tous les médecins. C’est ainsi que l’on a diagnostiqué ma tumeur à temps. C’est le médecin traitant sur place qui effectuait ces tests, mais les résultats arrivaient chez les médecins en chef, qui eux les transféraient aux médecins de recherche. Les résultats complets n’étaient donc pas donnés à mon médecin traitant, ni à moi, ils partaient directement chez les scientifiques. Et quand il y avait des gens qui tombaient réellement malades, on les envoyait à l’hôpital de Kiev par exemple.</p>
<p><strong>M. : Y avait-il des dispositifs permettant aux liquidateur·rice·s de réduire le risque subi ?</strong></p>
<p>N.B.M. : J’ai élaboré à Tchernobyl tout un cours intitulé « Radioactivité pour les nul·le·s ». J’apprenais aux hommes comment faire pipi ! Eux, ils font pipi puis se lavent les mains. Alors qu’il faut faire l’inverse. Et aussi apprendre à fumer la cigarette autrement. Se laver les mains d’abord. Idem, avant d’ouvrir une bouteille, il faut se laver les mains. J’apprenais aussi aux travailleur·se·s comment préparer un petit sac à emporter avec soi en cas d’évacuation urgente.</p>
<p><strong>M. : L’exposition à la radioactivité avait-elle des effets directs ou immédiats, d’après vos observations et votre propre expérience de travail ?</strong></p>
<p>N.B.M. : Fatigue, faiblesse, envie de dormir… À Tchernobyl, au début, on ne comprenait pas ce que c’était, les effets de radiation. Mais quand on mangeait, le repas ne suffisait pas pour longtemps, le métabolisme était beaucoup trop rapide. Après la manipulation des échantillons, on avait le sang qui coulait du nez, ainsi que la diarrhée. Notre immunité avait baissé, on avait souvent la grippe. À l’école maternelle où l’on travaillait, il y avait une pièce avec des matelas par terre. Les malades restaient là pendant que les autres travaillaient. Tout cela c’était la « norme » quand j’étais à Pripiat. Lorsque je rentrais à la maison, je dormais tout le temps. J’ai aussi observé que la radioactivité agit sur la potence sexuelle. Des hommes sous mon autorité étaient nombreux à me prier de leur permettre d’aller voir leurs femmes rien que pour une nuit. Un jour, un technicien de laboratoire, âgé de 60 ans, m’a avoué qu’il n’arrivait pas à tenir quinze jours, qu’il voulait rentrer exceptionnellement chez lui pour retrouver sa femme. J’étais étonnée. Ensuite, j’ai observé aussi qu’il y a une autre phase liée à l’irradiation, c’est la phase d’impuissance sexuelle. Elle n’est pas forcément définitive. Les gens se faisaient traiter moyennant des médicaments prescrits à l’hôpital. Cela dit, à force d’un couplage stress-radiation-fatigue-alcool, il arrive aussi que ça devienne permanent. Tout cela a détruit beaucoup de familles. Tellement que ma chef comptable à Tchernobyl se plaignait car toutes les familles divorçaient, et ça lui créait du travail supplémentaire.</p>
<p><strong>M. : Vous avez, tout à l’heure, qualifié Tchernobyl de « guerre ». Pouvez-vous y revenir ?</strong></p>
<p>N.B.M. : Les liquidateur·rice·s disent souvent « j’ai été en guerre ». Même si on n’a pas annoncé officiellement une situation de guerre, tout le fonctionnement en relevait. Pendant le combat, vous devez obéir. Là-bas, c’était pareil. Même en cas de petites infractions, les gens pouvaient être renvoyés. Il y avait aussi une grosse interdiction sur l’alcool. La vodka, on la donnait seulement à ceux·lles qui effectuaient des tâches très difficiles, sur le sarcophage par exemple, de même que lors d’une bataille on la donnait aux moments critiques, lors d’une attaque, etc. Toutes les opérations étaient décidées par l’état-major comme en cas de guerre. Dans cet état-major, il y avait des gens du gouvernement, des responsables de la zone, des académicien·ne·s et des représentant·e·s de l’armée. Et les soldat·e·s étaient vraiment séparé·e·s de nous. Il·elle·s vivaient dans des tentes, il·elle·s ne vivaient pas avec nous. En plus des soldat·e·s, il y avait des officiers des troupes de forces chimiques déployés sur place. Quand ces jeunes officiers arrivaient, il·elle·s me voyaient, jeune femme à responsabilité, et il y en avait toujours un qui me faisait la cour. Ensuite, quand il·elle·s voyaient que ce n’était pas possible, il·elle·s me prenaient sous leur protection. Une femme dans la zone ne pouvait pas vraiment se déplacer toute seule. D’ailleurs les hommes travaillant dans la zone avaient pour la plupart leurs femmes sur place, en plus de leurs femmes officielles. Et l’administration facilitait cette organisation. Ils obtenaient ainsi des résidences plus grandes, etc. Il était très dur pour une femme seule de travailler dans la « zone », elle était très vulnérable. Pour finir avec le caractère guerrier de la vie sur place, tout le quotidien était géré, entièrement. On était nourri, logé. On n’avait qu’à travailler. Et c’était un travail très dur, pénible. Au bout d’un moment, on en arrive à oublier les simples réflexes du quotidien. Moi j’ai complètement changé après la « guerre ». Avant, j’aimais bien m’habiller, prendre soin de moi, travailler pour acquérir des choses par exemple matérielles. Après, tout cela est devenu mineur. Je n’ai même plus eu envie de mettre une jupe. J’ai compris que tout ce qui comptait, c’était la famille, la santé, et le reste n’avait plus aucune importance. On me dit : « Tu es une victime de Tchernobyl ».</p>
<p><strong>M. : Vous êtes, en réalité, une victime de Tchernobyl au sens plein. De quelle manière le travail dans la « zone », et plus généralement dans la radioactivité, a-t-il détérioré votre santé ?</strong></p>
<p>N.B.M. : Mes ami·e·s rigolent souvent quand on se voit : « Tu as travaillé seize ans dans tout ça, et tu te portes bien. » Moi je réponds : « Parce que la radioactivité m’a gelée »… C’est vers le printemps 1988 que mes soucis sont apparus. J’ai commencé à avoir mal à l’estomac, au foie. En hiver, je me suis retrouvée à l’hôpital de Puchtcha-Voditsa, situé dans une banlieue de Kiev. J’y ai rencontré d’autres victimes, dont un jeune homme semi-paralysé qui avait fait partie de la garde des forces de l’ordre mobilisées sur le site pendant les premiers jours suivant l’accident. Il était devenu un « légume ». Au printemps 1991, j’ai été opérée d’une partie de la tyroïde. En septembre de cette année, ma mère est décédée. J’ai alors commencé à lire les lettres que je lui avais écrites au cours des années, et j’ai réalisé que j’avais oublié pas mal d’événements que j’y décrivais. Cette année-là, j’ai souffert de la perte de mémoire à court terme. J’ai lu après que, d’après la littérature médicale, c’était l’une des conséquences de l’irradiation, couplée à la fatigue et au stress. Je suis rentrée définitivement à la maison au tout début 1992. Et on m’a embauchée sur le site de Maïak en tant qu’ingénieure de construction. C’est à cette période que j’ai commencé à avoir des malaises étranges, je ne pouvais plus marcher, j’avais mal à la plante des pieds. Ensuite j’ai eu de très forts maux de tête. Mais je m’efforçais à travailler. Et puis il y a eu une avarie dans un atelier sous terre. J’y suis descendue – il y faisait moins vingt degrés – habillée d’un scaphandre plombé, pour faire un constat. C’est ce qui m’a probablement achevée. Peu de temps après, j’ai été hospitalisée. Les médecins ont pensé que c’était une dysenterie. J’avais très mal à la tête. La pression artérielle baissait. Mon état a empiré, la pression a commencé à augmenter très fortement. Et je me suis dit : « Voilà, c’est comme cela que l’on meurt ». J’ai pensé que j’étais morte, je sentais comme des épines dans mon corps. Je me voyais aussi de l’extérieur : je m’étais pliée en deux et je volais dans un tunnel. J’ai alors senti une main et j’ai ouvert les yeux : il y avait plein de médecins autour de moi. Ils n’ont pas compris ce qui s’était passé. Ils m’ont dit que mes analyses étaient bonnes, qu’il n’y avait pas d’infection, et ils m’ont jetée de l’hôpital le lendemain. Ensuite, j’ai commencé à avoir des crises épileptiques. Les urgentistes m’amenaient à l’hôpital, je restais couchée à l’accueil, ils ne savaient pas quoi faire, je repartais ensuite à la maison. Je ne pouvais plus aller au travail. Les médecins disaient que je simulais pour avoir des « papiers[6] ». Mais moi, je n’avais pas besoin de ces papiers, je les avais déjà.</p>
<p><strong>M. : Vous avez donc été reconnue victime d’irradiation bien avant 1991 ?</strong></p>
<p>N.B.M. : Oui, ça s’est fait quand j’étais à l’hôpital de Pouchtcha-Voditsa pour la deuxième fois, en 1990. Je souffrais alors d’un problème avec ma colonne vertébrale. J’avais des « nœuds » sur les vertèbres, qui faisaient pression sur les nerfs. Je devais porter ma main dans ma poche, et je marchais en traînant la jambe. Quelqu’un m’a dit : « Envoie tes papiers, il y a une commission d’expertise médicale ». J’ai envoyé et j’ai oublié. Et ensuite, j’ai eu une réponse de la commission d’expertise médicale de Tcheliabinsk : il·elle·s ont établi le lien avec l’irradiation. Plus tard, il a été presque impossible d’obtenir de tels certificats. Ensuite, quand j’ai commencé à avoir des maladies incompréhensibles, les médecins ont décidé qu’il s’agissait de problèmes psychiatriques. Une fois, lors d’une consultation médicale à Oziorsk, j’ai eu une crise, on m’a mise sous perfusion. Le médecin responsable m’a dit qu’ils allaient me mettre sous perfusion à domicile et que je devais arrêter de travailler. J’ai démissionné. Il·elle·s ont établi une deuxième catégorie d’invalidité. Et ensuite, à la fin 1993 j’ai passé deux mois dans un centre psychiatrique pour la réhabilitation des personnes atteintes d’un syndrome post-traumatique à Tcheliabinsk. Cela m’a sauvé la vie.</p>
<p><strong>M. : Concernant les victimes, le concept de « radiophobie » notamment a été mis en avant à l’époque, y compris par les agences internationales. Dans quelle mesure les problèmes psychiatriques, les syndromes post-traumatiques ou les atteintes neurologiques ont-ils été prégnants et reconnus ?</strong></p>
<p>N.B.M. : À partir de 1992, on a beaucoup parlé dans les médias des suicides des liquidateur·rice·s de Tchernobyl, ceux·lles-ci occupaient la première place pour les suicides. Mais après, on a étouffé l’affaire. J’ai cherché des données. Apparemment, il s’agissait vraiment d’atteintes au système nerveux. Et les médecins ne savaient pas quoi en faire, il·elle·s jetaient simplement les patient·e·s dehors, comme ce fut mon cas. Aussi, une grande partie des liquidateur·rice·s étaient jeunes, il·elle·s avaient entre 18 et 20 ans au moment de l’accident. Il·elle·s sont devenus des handicapés à 30 ans. On peut donc comprendre leur état psychologique. Et quand j’avais mes maux de tête, j’avais aussi des pensées suicidaires, rien ne m’aidait. Je sortais sur mon balcon et je m’imaginais en train de tomber, je me sentais indifférente. J’ai été qualifiée invalide en 1994, à 42 ans. Mais personne ne m’a expliqué la raison par exemple de mes crises épileptiques. Ces crises que j’avais, je tremblais terriblement, les yeux ouverts, cela terrifiait les gens. C’est bien des années plus tard, en 1998 je crois, qu’il·elle·s ont établi un diagnostic. Une fois, on m’a fait une IRM qui a révélé une cicatrice, une sorte de signe comme quoi j’avais eu un accident vasculaire cérébral. Cela est probablement survenu lorsque j’étais à l’hôpital, avec ce que l’on pensait être une dysenterie, quand j’ai eu l’impression d’être morte. La cicatrice était près de cette partie du cerveau que l’on appelle hypothalamus. Donc mes crises étaient des crises hypothalamiques.</p>
<p><strong>M. : Et qu’en est-il d’éventuels cancers ou problèmes génétiques ?</strong></p>
<p>N.B.M. : En 1995, après avoir déjà été qualifiée d’invalide, j’ai lu quelque part, à propos de l’Académie militaire de Saint-Pétersbourg, qu’elle faisait des bilans de santé des Tchernobyliens. Je leur ai écrit, il·elle·s m’ont invitée à passer des examens médicaux. Il·elle·s m’ont prise très au sérieux. Il·elle·s ont essayé d’établir des diagnostics. Il·elle·s en ont établi une vingtaine, dont le « syndrome d’irradiation chronique ». J’ai demandé à mon médecin ce que cela voulait dire. Cela voulait dire que la quantité des aberrations chromosomiques dépassait la norme. J’avais 20% de chances de donner naissance à un bébé malformé, m’a dit le médecin. Ensuite, à la polyclinique de Maïak, on m’a repris ces documents médicaux et le certificat a disparu de mon dossier. Je ne l’ai jamais retrouvé. Pendant de nombreuses années, j’ai été surveillée pour une tumeur de la thyroïde droite. Au printemps 2011, on m’a fait une ponction de la tyroïde à l’Institut de biophysique d’Oziorsk. On m’a dit qu’ils ont trouvé des « cellules BL », on ne m’a pas parlé de « cellules de cancer ». Je suis rentrée, et j’ai appris qu’il pouvait s’agir d’un cancer. En été 2011, j’ai été opérée de la tyroïde au service cancérologique de Tcheliabinsk. Le cancer n’a pas été confirmé mais je vois régulièrement un cancérologue, car il y a un risque, donc il faut surveiller.</p>
<p><strong>M. : Vous avez à plusieurs reprises évoqué le fait d’être « jetée » de l’hôpital, tout comme le fait que l’obtention d’un statut de victime a été progressivement rendue difficile. Comment cela s’est opéré ? De quels types de compensations ou gestes de reconnaissance les liquidateur·rice·s ont-ils pu bénéficier ou non ?</strong></p>
<p>N.B.M. : Au début 1991, le gouvernement a saisi nos supérieur·e·s pour discuter d’un projet de loi sur les avantages et les compensations. Les gens se sont exprimé·e·s mais ne croyaient pas qu’une telle loi allait vraiment être adoptée, que l’on allait être compensé pour les dommages subis. Il s’agissait de nombreux privilèges. Je suis montée sur la tribune et j’ai dit : « La loi sera adoptée, mais ce ne seront que ceux·lles proches du pouvoir qui en profiteront ». La même année, il y a eu le congrès des liquidateur·rice·s de toute l’URSS qui a donné naissance à une organisation, l’Union Tchernobyl. La loi sur les compensations a ensuite été adoptée. Mais les mécanismes de mise en application n’ont pas été activés. Ceux·lles qui ont pu en profiter étaient effectivement ceux·lles qui étaient proches du pouvoir, des commandant·e·s, des généraux·les, des gens qui n’ont pas passé une seule journée à Tchernobyl. Il·elle·s ont obtenu des appartements, des voitures, des datchas, une ligne téléphonique, tout. Et dans les régions, on ne pouvait prétendre à rien. On ne me payait rien à l’époque. Ce n’est que des années plus tard, après que mon invalidité a été établie, que l’on m’a payée d’emblée trois-quatre ans de compensations. Mais ce n’était pas grand-chose. Plus tard, lorsque des textes d’application de la loi ont été adoptés, j’ai obtenu un lot de terrain en 1995, ce qui m’a beaucoup aidée. Travailler la terre était mon moyen de réhabilitation. En 1997, nous avons créé une organisation de défense des droits des liquidateur·rice·s de Tchernobyl à Oziorsk, une filiale locale de l’Union Tchernobyl de Russie. Pendant huit-neuf ans, nous avons bien travaillé. Quand il y a eu des limitations à ces avantages, nous avons élaboré un ensemble de méthodes de résistance.</p>
<p><strong>M. : Quelles sont les limitations intervenues en matière de réparation des dommages ?</strong></p>
<p>N.B.M. : Au tout début, il y avait une longue liste de maladies pour lesquelles un lien avec l’irradiation suite à l’accident pouvait être officiellement établi. J’ai été dans la première vague. Ensuite, on n’a eu de cesse de rayer des maladies de cette liste, même les tumeurs. À l’une des assemblées générales, j’ai dit à nos liquidateur·re·s : « Dites à vos conjoint·e·s de ne pas signer un refus d’autopsie si vous décédez ». Puisque l’autopsie est le seul moyen d’établir le lien entre le décès et l’irradiation. Les conjoint·e·s pouvaient ainsi recevoir des compensations. Mais le personnel de l’hôpital les forçait à signer ce refus. Il y avait de plus en plus d’« astuces » pour limiter les compensations. Il y a aussi eu la réforme de la retraite anticipée pour les liquidateur·rice·s. Au début, pour la période 1986-1987, une année à Tchernobyl était équivalente à trois ans de travail, pour 1988-1989 à deux ans de travail. À la fin des années 1990, il y a eu des modifications. La norme d’une année pour trois a été remplacée par celle d’une année pour un an et demi. Puis, en 2004, la loi sur la monétisation des avantages sociaux en nature est intervenue. Avant, les médicaments, les séjours dans des maisons de repos, les transports en commun, etc., tout était gratuit pour les liquidateur·rice·s. Avec cette loi a été fixée une somme d’argent à laquelle on avait désormais droit. Et on devait choisir : soit on recevait cette somme directement, soit on optait pour les avantages en nature. Avant, on pouvait bénéficier des avantages dont la valeur correspondait à environ 100 000 roubles par an. Quand un montant fixe a été établi, on n’a eu droit qu’à 2 000 roubles par an. D’ailleurs, il n’était plus vraiment possible d’obtenir ces avantages en nature. La liste des avantages a été très réduite. Enfin, il y a aussi eu une optimisation des soins. Avant, on avait droit à tout type d’analyses ou d’examens médicaux nécessaires, et on pouvait se faire soigner. Après la monétisation, cela a changé. J’ai à un moment donné eu des problèmes d’intestins, je n’ai pas pu accéder à l’hôpital pendant plusieurs mois. J’ai fini par débarquer à l’hôpital, un pyjama dans mon sac. Jadis considérés comme des « héro·ïne·s de la nation », nous sommes devenu·e·s un « fardeau pour la nation ».</p>
<p>[1] Z. A. Medvedev, Désastre nucléaire en Oural, Cherbourg, Isoète, 1988.</p>
<p>[2] Obninsk est une ville scientifique soviétique, située à une centaine de kilomètres de Moscou, où le premier réacteur civil au monde a été connecté au réseau en 1954.</p>
<p>[3] K. Brown, Plutopia. Nuclear Families, Atomic Cities, and the Great Soviet and American Plutonium Disasters, New York, Oxford University Press, 2013, chapitre 3.</p>
<p>[4] Les pays étrangers disposant de réacteurs soviétiques envoient leur combustible usé au centre de retraitement de Maïak. Selon la législation en vigueur, ils doivent reprendre les déchets issus du retraitement, mais cela ne se fait pas forcément.</p>
<p>[5] Il s’agit de la forêt située dans la zone de dix kilomètres autour de la centrale de Tchernobyl et qui a été très fortement irradiée suite à l’accident. La radioactivité a tué les arbres, essentiellement des pins, qui sont devenus bruns, d’où la référence à la couleur rouge. Au lendemain de la catastrophe, ces arbres ont été arrachés au bulldozer et enfouis en tant que déchets nucléaires. Le site de la forêt reste encore aujourd’hui extrêmement contaminé.</p>
<p>[6] Il s’agit de certificats médicaux requis pour établir l’invalidité en lien avec l’exposition à la radioactivité.</p>
<p>Publié sur le site de &laquo;&nbsp;Mouvements des idées et des luttes&nbsp;&raquo;, le 16 septembre 2016</p>
<p>http://mouvements.info/de-maiak-a-tchernobyl/</p>
<p><a href="#top">Haut de page</a></p>
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		<title>Une femme de Fukushima au siège de l’OMS</title>
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		<pubDate>Tue, 15 Mar 2016 20:32:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[christophe]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Une femme de Fukushima s’est rendue au siège de l’OMS pour exiger des études sérieuses sur les conséquences sanitaires de la radio-contamination due à la catastrophe nucléaire. «Cinq ans après l’accident nucléaire, des vagues déferlent toujours sur notre département de Fukushima, mais ce sont celles des incitations au retour des habitants et à la reconstruction. Au niveau local aussi bien que national, on peut voir diverses mesures se mettre en place en vue des Jeux olympiques de Tokyo de 2020. Ainsi s’estompe jour après jour l’accident nucléaire comme s’il avait maintenant pris fin.» (Ruiko Muto, habitante de Fukushima) Or la<a href="http://independentwho.org/fr/2016/03/15/femme-de-fukushima-oms/">&#160;&#160;[ lire la suite ]</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Une femme de Fukushima s’est rendue au siège de l’OMS pour exiger des études sérieuses sur les conséquences sanitaires de la radio-contamination due à la catastrophe nucléaire.<span id="more-10009"></span></p>
<p>«Cinq ans après l’accident nucléaire, des vagues déferlent toujours sur notre département de Fukushima, mais ce sont celles des incitations au retour des habitants et à la reconstruction. Au niveau local aussi bien que national, on peut voir diverses mesures se mettre en place en vue des Jeux olympiques de Tokyo de 2020. Ainsi s’estompe jour après jour l’accident nucléaire comme s’il avait maintenant pris fin.» (Ruiko Muto, habitante de Fukushima)</p>
<p>Or la réalité est tout autre. Fukushima est une catastrophe en cours – tout comme Tchernobyl où les conséquences sanitaires continuent de s’aggraver avec la concentration de radionucléides dans les aliments qu’ingère la population – et avec l’accumulation des radionucléides de longue vie dans l’eau et la terre.</p>
<p>Dans une lettre ouverte, Mme Ruiko Muto demande à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) d’assumer son rôle d’autorité sanitaire internationale et de diriger et coordonner des études épidémiologiques systématiques afin d’évaluer les conséquences sanitaires de la radio-contamination due à la catastrophe de Fukushima, en particulier pour les enfants.</p>
<p><a href="http://independentwho.org/media/Documents_Autres/Lettre_Ruiko_Muto_OMS_11032016.pdf">“Lire ou télécharger la lettre de Madame Ruiko Muto”</a></p>
<p>Sa lettre était livrée en mains propres au siège de l’OMS par Mme Yayoi Hitomi, une autre résidente de Fukushima, vendredi 11 mars 2016, ainsi que 5850 grues origami en papier, symboles de paix et de guérison, lié à la radioactivité depuis la bombe d’Hiroshima. Ces grues en papier ont été fabriquées par des personnes partout dans le monde(1).</p>
<p>Une étude de 2015 démontre un risque de développer un cancer de la thyroïde douze fois plus élevé parmi les résidents de Fukushima, comparé au reste de la population japonaise. Or nous savons, depuis l’expérience de Tchernobyl, que les cancers de la thyroïde sont les premiers effets sanitaires à se manifester et ils seront suivis par une myriade d’autres problèmes, pas uniquement cancéreux. L’augmentation de toutes sortes de maladies va apparaître car les rayonnements ionisants endommagent le système immunitaire et ont des effets sur tous les organes humains. Les effets génétiques sont, bien sûr, irréversibles.</p>
<p>Pourtant, les populations évacuées sont mises sous pression pour retourner vivre dans les zones inhabitables. En 2011, le gouvernement japonais a été fortement critiqué pour avoir relevé à 20 mSv/an, à la suite de l’accident, la limite permise de 1 mSv (acceptée internationalement et établie par la Commission internationale de protection radiologique). Pour les enfants, c’est criminel, car ils sont beaucoup plus vulnérables que les adultes.</p>
<p>Le premier ministre, Shinzo Abe, aggrave son cas aujourd’hui en exerçant une forte pression sur les personnes évacuées afin qu’elles retournent chez elles, en déclarant que certaines zones d’évacuation sont habitables et en mettant fin aux compensations financières en cas de non-retour.</p>
<p>Selon ses propres mesures, Greenpeace déclare que le niveau de radioactivité, même après décontamination, est beaucoup trop élevé dans ces zones – jusqu’à dix fois la dose permise pour les civils. L’Agence internationale de l’énergie atomique et le gouvernement japonais sont accusés de créer l’illusion qu’«un retour à la normale» est possible actuellement.</p>
<p>Arnie Gundersen, de Fairewinds, vient d’envoyer un reportage depuis la préfecture de Fukushima: y est décrit un paysage jonché de 30 millions de sacs de déchets pesant chacun 1 tonne. Un incinérateur destiné à en brûler 10 tonnes par jour est en construction. L’opération prendrait 3 millions de jours, à peu près huit mille ans – et qu’en est-il des émissions ?</p>
<p>Chaque jour, de nouveaux sacs sont remplis par des travailleurs mal protégés et viennent encombrer des cours d’école ou des jardins d’habitations. Avec la discrétion bien connue des Japonaises, Mme Muto remarque que «l’administration recourt à une gestion très grossière du traitement des déchets».</p>
<p>Au-delà de la souffrance physique et émotionnelle, la catastrophe de Fukushima a, selon le Financial Times, déjà coûté aux contribuables japonais la somme de 100 milliards de dollars.</p>
<p>Lors de l’entretien, l’OMS compatit mais reproduit les contrevérités habituelles. Apparemment l’OMS se base toujours sur le modèle Hiroshima (exposition massive, externe, en quelques secondes), inapproprié pour évaluer les conséquences sanitaires des accidents nucléaires où l’exposition est chronique, interne et de faible dose. Or il s’agit de deux phénomènes biologiques distincts. Comme pour Tchernobyl, l’OMS affirme que les problèmes sanitaires les plus graves de l’accident de Fukushima sont les effets psychologiques et sociaux. Pour couronner le tout, l’OMS affirme que, en dessous de 100 mSv par an (voire 500 mSv!), il n’y a aucune preuve d’effets sanitaires.</p>
<p>Alison Katz (Membre d&rsquo;IndependentWHO &#8211; Santé et Nucléaire)<br />
Mardi 15 mars 2016<br />
Opinions &#8211; Agora<br />
Le courrier &#8211; Quotidien suisse<br />
<a href="http://www.lecourrier.ch/137405/les_victimes_de_fukushima_sous_les_pressions_au_retour">http://www.lecourrier.ch/137405/les_victimes_de_fukushima_sous_les_pressions_au_retour</a></p>
<p>(1) &#8211; L’Action 1000grues.ch est un cri citoyen pour que soient entendus ceux qui luttent parfois même au péril de leur liberté pour le droit à la santé des victimes de la radioactivité, <a href="http://www.1000grues.ch">www.1000grues.ch</a></p>
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		<title>En l’honneur de la vie et du travail de Chiyo Nohara</title>
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		<comments>http://independentwho.org/fr/2016/01/17/en-lhonneur-de-chiyo-nohara/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 17 Jan 2016 15:06:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[christophe]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Fukushima]]></category>
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		<description><![CDATA[Chiyo Nohara, morte à l’âge de 60 ans, était membre de l’équipe de recherche qui a publié la première preuve scientifique de dommages causés à un organisme vivant par la contamination radioactive due à l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi. &#160; Courage et héroïsme En août 2012, la revue Nature a publié la preuve que les radionucléides artificiels de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi ont créé des dommages physiologiques et génétiques au papillon bleu pâle des herbes, Zizeeria mara [1]. Au sein de l’équipe qui a conduit la recherche à l’université Ryukyus d’Okinawa, se trouvait une étudiante-chercheur<a href="http://independentwho.org/fr/2016/01/17/en-lhonneur-de-chiyo-nohara/">&#160;&#160;[ lire la suite ]</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Chiyo Nohara, morte à l’âge de 60 ans, était membre de l’équipe de recherche qui a publié la première preuve scientifique de dommages causés à un organisme vivant par la contamination radioactive due à l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi.<span id="more-9920"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Courage et héroïsme<br />
</strong><br />
En août 2012, la revue Nature a publié la preuve que les radionucléides artificiels de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi ont créé des dommages physiologiques et génétiques au papillon bleu pâle des herbes, Zizeeria mara <a href="#1">[1]</a>. Au sein de l’équipe qui a conduit la recherche à l’université Ryukyus d’Okinawa, se trouvait une étudiante-chercheur en première année, Chiyo Nohara. Chiyo est décédée d’une crise cardiaque à l’âge de 60 ans, le 28 octobre 2015.<a name="R2"></a> Chiyo était une scientifique qui voulait protéger les êtres humains malgré la forte pression des autorités et un grand risque pour sa propre vie.<br />
Chiyo a dit un jour à un ami <a href="#2">[2]</a> « Peu importe la quantité de vos recherches et de vos connaissances, elle serait futile si vous mourriez avant de transmettre au monde ce que vous avez appris. » Heureusement, la recherche de Chiyo a été publiée, et elle a apporté la première preuve scientifique des dommages que l’accident de Fukushima a provoqués sur des organismes vivants. Je ne vais pas décrire la recherche elle-même, puisqu’elle est publiée <a href="#1">[1]</a>. (Voir aussi <a href="#3">[3]</a> <a href="http://www.i-sis.org.uk/Fukushima_mutant_butterflies.php">Fukushima Mutant Butterflies Confirm Harm from Low-Dose Radiation</a>, SiS 56.) Je voudrais plutôt me concentrer sur sa réponse à l’accident de Fukushima, et rendre hommage à l’intelligence, le courage et l’énergie développés par Nohara et son équipe pour entreprendre cette recherche, s’engager dans le travail de terrain, diriger les expériences de laboratoire et ensuite défendre leur travail contre les critiques.<br />
Chiyo est née le 8 mai 1955 à Ube, une ville de la préfecture de Yamaguchi. Elle a étudié les sciences économiques dans les universités de Okayama et de Aichi ; elle a enseigné l’expertise comptable à l’université, publié de nombreux articles et était impliquée dans la vérification des comptes publics aux niveaux local et national. Mais en 2010, à l’âge de 55 ans, en partie à cause d’allergies dont souffrait sa propre fille, Chiyo s’est intéressée à la santé environnementale. Elle a démissionné de son poste universitaire et s’est engagée dans le programme de biologie de troisième cycle de la faculté des sciences de l’Université de Ryukyus.</p>
<p><strong> L’accident de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi</strong></p>
<p>Lorsque l’accident de la centrale de Fukushima est survenu en mars 2011, Chiyo était encore en première année de recherche. Elle a cependant persuadé son équipe que la recherche dans la zone de Fukushima était d’une importance capitale et qu’elle devait commencer immédiatement. Elle s’était déjà engagée en donnant de l’argent et des provisions aux victimes du tsunami et du tremblement de terre, mais elle disait <a href="#4">[4]</a> : « Je veux aller à Fukushima. Je veux voir la zone dévastée de mes propres yeux ». Elle disait qu’elle voulait « faire quelque chose, quoi que ce soit » pour aider les gens touchés par l’accident.<br />
L’équipe universitaire, conduite par le maître de conférences Joji Otaki, spécialiste de la physiologie moléculaire, avait mené des recherches sur le mécanisme des motifs de couleurs particuliers du papillon bleu pâle des herbes (Zizeeria maha), qui sont influencés par les conditions environnementales, telles que la température. Il a vu que cette espèce de papillon pouvait servir comme un indicateur environnemental.</p>
<p><strong>Mener une recherche dans les territoires contaminés</strong></p>
<p>Après s’être longuement interrogés, trois membres du troisième cycle universitaire décidèrent d’aller dans les territoires contaminés de Fukushima. Ils signèrent tous une décharge écrite <a href="#4">[4]</a> : « Je suis tout à fait conscient et informé des dangers de mes activités dans des zones contaminées à un niveau de radiation relativement élevé ». Mais quelques jours avant la date de leur voyage à Fukushima, ils furent convoqués au bureau du doyen. Chiyo et son équipe furent soumis à un interrogatoire agressif et déplaisant du doyen, du doyen délégué et d’autres membres de l’administration. Leur préparation et leur planning furent mis en cause et ils furent aussi interpellés sur la réaction qu’ils susciteraient auprès des habitants de la préfecture de Fukushima « lorsque ceux-ci verraient une équipe de l’université de Ryukyus chasser des papillons au filet, alors qu’eux-mêmes cherchaient désespérément des parents disparus (à cause du tsunami) ».<br />
Finalement, l’autorisation fut donnée, sous réserve de mesures correctes de protection radiologique et d’un plan strict de gestion de crise en cas d’une autre explosion à la centrale nucléaire. Il est intéressant de noter que, plus tard, le doyen délégué a félicité l’équipe pour son travail, disant que beaucoup d’équipes de recherche ne prendraient pas de tels risques de peur de perdre des financements, mais que « cette équipe ne se préoccupe pas de ces risques-là. Ils veulent seulement savoir ce qui se passe là-bas. Je soutiens leur travail, mais ils m’inquiètent ».<br />
L’équipe partit le 13 mai 2011 pour un voyage de six jours sur le terrain. Ils avaient un compteur Geiger pour relever les niveaux de radiation et s’étaient eux-mêmes défini une limite de temps stricte de 20 minutes sur chaque site. S’ils ne trouvaient pas de papillons, ils allaient ailleurs. Ils visitèrent 15 sites dans 4 préfectures (Tokyo, Ibaraki, Fukushima, Miyagi) et reprirent l’avion pour Okinawa le 18 mai avec 144 papillons.</p>
<p><strong>Chiyo s’inquiète de sa santé</strong></p>
<p>Le travail s’est poursuivi pendant les mois suivants dans les laboratoires de l’université d’Okinawa et en septembre l’équipe est revenue de nouveau à Fukushima et a recueilli d’autres spécimens. Une partie de la recherche comprenait l’alimentation des papillons avec de l’oxalis corniculata contaminé par les radionucléides de la zone de Fukushima. Ce sont Chiyo et son mari qui firent les voyages dans les territoires contaminés pour cueillir l’oxalis contaminé – 15 voyages en l’espace de 18 mois. Inévitablement, Chiyo était inquiète pour sa santé. Un ami a dit <a href="#2">[2]</a> : « chaque fois qu’elle allait à Fukushima pour ramener des papillons et qu’elle mesurait le niveau de radiation de l’oxalis contaminé, sa condition physique se détériorait. Mais elle ne voulait pas que les jeunes étudiants fassent ce travail. »<br />
L’équipe a recueilli les premiers adultes dans la zone de Fukushima en mai 2011 et certains présentaient des malformations. Deux générations de leur progéniture ont été élevées dans les laboratoires à Okinawa et les membres de l’équipe ont découvert que, bien qu’elles n’aient pas été exposées à la radiation, leurs malformations étaient plus graves. Ils ont pu aussi provoquer des anomalies similaires chez des papillons de zones non contaminées en les exposant à des rayonnements externe et interne à faibles doses. D’autres papillons adultes ont été capturés en septembre 2015 dans la zone de Fukushima et ils montraient de plus graves malformations que ceux pris en mai. L’équipe en conclut que les radionucléides de la centrale nucléaire de Fukushima avaient provoqué des dommages physiologiques et génétiques à cette espèce de papillon.</p>
<p><strong>Une recherche « importante et accablante par ses implications»</strong></p>
<p>La recherche a été publiée une première fois en août 2012 dans la revue Nature et le retour international a été immédiat <a href="#2">[2]</a>. La BBC a détaillé les résultats de la recherche en y incluant ce commentaire « cette recherche est importante et accablante par ses implications pour les communautés humaines et biologiques à Fukushima » <a href="#5">[5]</a>. Le Monde en France fut plus explicite, disant que, même si officiellement personne n’était encore décédé à cause de la radioactivité de Fukushima, beaucoup d’experts pensaient que les gens seraient malades et mourraient dans les années à venir <a href="#6">[6]</a>. La BBC et la chaîne de télévision allemande ARD sont allées interroger le professeur Otaki à Okinawa et les chaînes américaines ABC, CNN et Fox ont aussi traité le sujet.<br />
La recherche a suscité une grande quantité de commentaires (276 139 dans les six premiers mois – jusqu’en janvier 2013 –, selon le site web de l’éditeur). Chiyo et son équipe ont répondu aux commentaires dans un nouvel article en 2013 <a href="#7">[7]</a>. Onze points ont été discutés en profondeur, dont le choix de cette espèce en tant qu’indicateur environnemental, la possibilité que la diminution des ailes antérieures des papillons dépende de la latitude, les conditions de l’élevage et les implications de l’accumulation des mutations génétiques. Beaucoup de commentaires n’étaient pas scientifiques et motivés politiquement et il n’était donc pas possible d’y répondre.</p>
<p><strong>Au Japon cette recherche n’est pas largement connue</strong></p>
<p>Les principaux médias japonais n’ont pas rendu compte de l’importance de cette recherche, à part quelques-uns de faible importance. Sur les blogs personnels et les comptes Twitter, les découvertes de la recherche ont été largement propagées, mais pas toujours positivement. Le manque de liberté de la presse au Japon depuis les accidents de Fukushima est très inquiétant. Dans l’Index 2010 de la liberté de la presse, le Japon était à la 11ème place. En 2015, il est tombé à la 61ème et ceci est en grande partie dû au secret sur l’accident de Fukushima <a href="#8">[8]</a>. En Europe et aux États-Unis, on peut accéder aux images du papillon bleu pâle des herbes – Z. maha – et à ses malformations post-Fukushima en quelques secondes, mais pas au Japon. La réponse du gouvernement japonais à l’accident a été essentiellement de donner de fausses « informations » rassurantes. Le Premier ministre Abe déclarant en 2013 au Comité de candidature aux Jeux Olympiques que « la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi est sous contrôle », ce qui est clairement faux <a href="#9">[9]</a>, en est un exemple.<br />
C’est une lutte permanente. Les scientifiques et les non-scientifiques de l’Ouest ont le devoir d’aider les Japonais. Tout comme pour Tchernobyl, il existe <a href="#10">[10]</a> « une fragile chaîne humaine composée, à l’Est, de militants dans un pays piégé par la contamination radioactive et, à l’Ouest, de militants qui les soutiennent contre les mensonges scientifiques ». En 2014, Chiyo s’est rendue à Genève pour présenter sa recherche au « Forum sur les Effets génétiques des rayonnements ionisants », organisé par le Collectif IndependentWHO <a href="#11">[11]</a>. Elle était déjà malade. IndependentWHO a publié les Actes de ce Forum et les a dédiés à Chiyo Nohara avec ces mots : « elle est morte pour la cause de la vérité scientifique. » Dans les pages de Science in Society, dédiée à l’indépendance scientifique, je la salue. Mais nous desservirions Chiyo Nohara si nous n’ajoutions pas que les implications de sa recherche sont qu’aucune personne, et surtout pas les enfants, ne devrait vivre dans les zones contaminées par l’accident de Fukushima.</p>
<p><strong>Susie Greaves</strong><br />
ISIS Report 07/01/16</p>
<p>Article publié d&rsquo;abord en anglais sur le site d&rsquo;ISIS – Institute of Science in Society<a name="1"></a><br />
<a href="http://www.i-sis.org.uk/Honouring_the_Life_and_Work_of_Chiyo_Nohara.php">http://www.i-sis.org.uk/Honouring_the_Life_and_Work_of_Chiyo_Nohara.php</a></p>
<h1 style="text-align: center">♦</h1>
<p style="text-align: left"><strong>Références</strong></p>
<p><a name="2"></a>1 &#8211; Hiyama A, Nohara C, Kinjo S, Taira W, Gima S Tanahara A and Otaki JM. The biological impacts of the Fukushima nuclear accident on the pale grass blue butterfly.Nature Scientific Reports2, 570, DOI: 10.1038/srep00570 &#8211;<br />
<a name="3"></a>2 &#8211; Obituary of Chiyo Nohara  by Oshidori Mako in Days Japan, December issue, 2015, Vol.12, No.12, p.23.<br />
<a name="4"></a>3 &#8211; Ho M W. Fukushima mutant butterflies confirm harm from low dose radiation. <a href="http://www.i-sis.org.uk/isisnews/sis56.php">Science in Society 56</a>, 48-51, 2012.<br />
<a name="5"></a>4 &#8211; “Prometheus Traps: Pursuing Butterflies”, Nakayama Y,  Asahi Shimbun, 2015 (Series no.4: 12 July 2015:, no.5: 14 July 2015, no.6: 15 July 2015, no.7: 16 July, 2015, no.8: 17 July 2015, no.10: 19 July 2015)<br />
<a name="6"></a>5 &#8211; “Severe abnormalities found in Fukushima butterflies”, Nick Crumpton,  13 August 2012, <a href="http://www.bbc.co.uk/news/science-environment-19245818">http://www.bbc.co.uk/news/science-environment-19245818</a><br />
<a name="7"></a>6 &#8211; « Des papillons mutants autour de Fukushima », Philippe Pons, 15 August 2012, <a href="http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/08/15/des-papillons-mutants-autour-de-fukushima_1746252_3244.html">http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/08/15/des-papillons-mutants-autour-de-fukushima_1746252_3244.html</a><br />
<a name="8"></a>7 &#8211; Hiyama A, Nohara C, Taira W, Kinjo S, Iwata M and Otaki JM, BMC Evolutionary Biology 2013, 13:168 http://www.biomedcentral.com/1471-2148/13/168 <a href="http://www.biomedcentral.com/content/pdf/1471-2148-13-168.pdf">http://www.biomedcentral.com/content/pdf/1471-2148-13-168.pdf</a>)<br />
<a name="9"></a>8 &#8211; “Japan slips in press freedom index.” Toko Sekiguchi, Wall Street Journal: Japan Real Time, 13 February 2015. <a href="http://blogs.wsj.com/japanrealtime/2015/02/13/japan-slips-in-press-freedom-rankings/">http://blogs.wsj.com/japanrealtime/2015/02/13/japan-slips-in-press-freedom-rankings/</a><br />
<a name="10"></a>9 &#8211; “Japan Olympic win boosts Abe but Fukushima shadows linger”, Elaine Lies, Reuters, 9 September 2013, <a href="http://www.reuters.com/article/us-olympics-2020-japan-idUSBRE98806P20130909#ujqbOt12wDCbMa2v.97">http://www.reuters.com/article/us-olympics-2020-japan-idUSBRE98806P20130909#ujqbOt12wDCbMa2v.97</a><br />
<a name="11"></a>10 &#8211; Tchertkoff W, Le crime de Tchernobyl: le goulag nucleaire.  Actes Sud (2006)<br />
11 &#8211; Collectif IndependentWHO – Santé et nucléaire, Forum Scientifique et Citoyen sur les Effets Génétiques des Rayonnements Ionisants (2015) <a href="http://independentwho.org/media/Documents_Autres/Actes_forum_IW_november2014_French_01.pdf">http://independentwho.org/media/Documents_Autres/Actes_forum_IW_november2014_French_01.pdf</a></p>
<p><a href="#top">Haut de page</a></p>
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		<title>Ils protestent devant l’OMS depuis&#8230; 8 ans !</title>
		<link>http://independentwho.org/fr/2015/08/20/article-ghi-iw-oms/</link>
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		<pubDate>Thu, 20 Aug 2015 16:43:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[christophe]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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		<description><![CDATA[«Avec une action courte et bruyante, l’OMS aurait juste eu à laisser passer la vague. Là, elle sait que demain on sera là, et le lendemain aussi. On n’est qu’une petite épine dans son pied, mais une épine qui fait mal.» François est vigie. Tout comme Guy, Paul, Sylvie, Rachel, Jean-Yves et quelque 450 autres. Leur modèle ? Les mères de la Place de Mai, à Buenos Aires, qui, inlassablement, se rassemblent depuis plus de 30 ans pour connaître le sort de leurs enfants disparus pendant la dictature. Pour La Vigie d’Hippocrate, cela fait huit ans. Depuis le 26 avril<a href="http://independentwho.org/fr/2015/08/20/article-ghi-iw-oms/">&#160;&#160;[ lire la suite ]</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>«Avec une action courte et bruyante, l’OMS aurait juste eu à laisser passer la vague. Là, elle sait que demain on sera là, et le lendemain aussi. On n’est qu’une petite épine dans son pied, mais une épine qui fait mal.»</p>
<p>François est vigie. Tout comme Guy, Paul, Sylvie, Rachel, Jean-Yves et quelque 450 autres. Leur modèle ? Les mères de la Place de Mai, à Buenos Aires, qui, inlassablement, se rassemblent depuis plus de 30 ans pour connaître le sort de leurs enfants disparus pendant la dictature.</p>
<p>Pour La Vigie d’Hippocrate, cela fait huit ans. Depuis le 26 avril 2007 exactement, jour commémorant  le 21e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl, précise Paul Roullaud, initiateur de l’opération. A charge pour lui que, tous les jours ouvrables de 8 à 18 heures, il y ait toujours un bénévole pour témoigner des souffrances des victimes du nucléaire devant le siège genevois de l’Organisation mondiale de la santé, avenue Appia.</p>
<p><strong>Engagement humain<a href="http://independentwho.org/fr/files/2015/09/GHI-Ils-protestent-devant-l’OMS-depuis-8-ans.jpg"><img class="alignright wp-image-9770 size-full" src="http://independentwho.org/fr/files/2015/09/GHI-Ils-protestent-devant-l’OMS-depuis-8-ans.jpg" alt="GHI - Ils protestent devant l’OMS depuis 8 ans" width="324" height="494" /></a></strong></p>
<p>C’est le cas de Guy, venu «en voisin, depuis Gex»; ou encore de François : «J’étais là au début, explique le jeune homme. Ensuite, j’ai fait une pause de plusieurs années et je suis de retour depuis deux ans.» Et quel retour! «François totalise cinq semaines sur l’année, et trois semaines de présence rien que pour le mois de mars», confirme Paul Roullaud.</p>
<p>Quand elles viennent de loin (de la Sarthe pour François), les vigies sont hébergées par d’autres, habitant à proximité. Cela apporte un côté humain qui «permet d’être en contact avec un milieu militant, assure François, ce qui est assez rafraîchissant».</p>
<p>La cause, voilà ce qui réunit ces vigies, par-delà leurs nationalités (française, principalement) ou leurs lieux d’habitation (35 personnes viennent de Loire-Atlantique, lieu de domicile de Paul Roullaud). «On veut que l’OMS fasse son travail, qu’elle prenne en charge les victimes de Tchernobyl, de Fukushima et du nucléaire en général, qui sont largement abandonnées», explique François. Il ajoute : «l’OMS persiste à déclarer que la surmortalité au niveau mondial due à l’accident de Tchernobyl n’est que de quelques milliers de morts, alors qu’une méta-étude, publiée par l’Académie des Sciences de New York, l’estime à plus de 985’000 morts. Nous demandons que l’OMS entreprenne de nouvelles recherches et que celles-ci soient menées par des chercheurs indépendants.»</p>
<p><strong>Prêts pour durer</strong></p>
<p>«On n’intervient pas comme des anti-nucléaires mais en tant que pro-sanitaires. D’ailleurs, pourquoi ne verrait-on pas un pro-nucléaire s’engager à nos côtés», questionne Paul Roullaud ?</p>
<p>Ce qui est sûr, c’est que l’action devant l’OMS va durer. «On a deux assemblées générales par an, qui reconduisent généralement la vigie à l’unanimité.»</p>
<p>La prochaine a lieu en septembre et devrait réfléchir aux dix ans de l’occupation. «Même si ce n’est qu’en 2017», souligne Alison Katz, membre fondatrice de Pour l’indépendance de l’OMS. «On aimerait organiser un grand événement. Une des idées serait qu’une grande chaîne humaine entoure l’OMS. Ce n’est qu’une idée mais qui serait, je trouve, symboliquement forte.»</p>
<p><strong>GHI &#8211; Premier journal gratuit de Suisse romande</strong></p>
<p><strong>Bertrand Durovray &#8211; 19 août 2015</strong></p>
<p>Et 3 encadrés accompagnant cet article :</p>
<p><strong>OMS/Vigie, même combat ?</strong><br />
«La mission de l’OMS est de protéger la santé des populations, sans accepter aucune mainmise ou atteinte à son indépendance par quiconque pour jouer son rôle de garant de la santé publique mondiale.» La réponse de l’Organisation mondiale de la santé aux accusations de La Vigie d’Hippocrate est claire ! Si l’organisation internationale coopère avec d’autres structures, y compris l’Agence intermationale de l’énergie atomique (AIEA), elle se dit «très soucieuse de sa mission de protection et de plaidoyer pour la santé des populations dans le monde entier et […] ne transige pas sur l’intégrité de ses fonctions». En 2011, à l’occasion de la rencontre entre les représentants du groupe Pour l’indépendance de l’OMS avec la directrice générale de l’OMS, Dr Margaret Chan, l’organisation publiait déjà un communiqué dans lequel elle «félicitait» les membres «pour leur engagement et leur persistance». Enfin, «sur le principe, l’OMS reconnaît que les recherches doivent se poursuivre sur les effets sanitaires des radiations et qu’elles ne devraient pas être influencées par l’industrie.» BD •</p>
<h1 style="text-align: center">♦</h1>
<p><strong>Paris, Londres, Washington</strong><br />
Membre du collectif d’associations Pour l’indépendance de l’OMS, La Vigie d’Hippocrate organise aussi une vigie tous les vendredis à Paris. Depuis novembre 2012, celle-ci se tient devant le ministère de la Santé pour interpeller la ministre Marisol Touraine, qui représente la France à l’assemblée mondiale de l’OMS. Au cours de l’Histoire, d’autres actions se sont inscrites dans la durée. Citons Brian Haw, qui a protesté durant dix ans contre la politique étrangère du Royaume-Uni à la suite du 11-Septembre ; ou encore Concepcion Piciotto, qui tient une vigie devant la Maison-Blanche depuis 1981. BD •</p>
<h1 style="text-align: center">♦</h1>
<p><strong>Bill Gates, la Vigie et l’OMS<br />
</strong>Bill Gates, le fondateur de Microsoft, est un gros donateur de l’OMS. Le 4 mai 2011, le milliardaire arrive avenue Appia avec ses gardes du corps, traverse la rue et vient serrer la main des vigies présentes ce jour-là. Il leur dit «Bon travail», en anglais. «On était après Fukushima, l’Assemblée mondiale de la santé allait avoir lieu, et les conseillers de la Directrice générale de l’OMS ont dû lui dire qu’après quatre ans de présence, il fallait quand même pouvoir dire à ses Etats membres qu’elle avait discuté avec les vigies devant son siège», considère l’ancienne employée de l’OMS et membre fondatrice de Pour l’indépendance de l’OMS, Alison Katz. BD •</p>
<p><a href="http://independentwho.org/media/Revue_de_presse_IW/GHI_19aout2015_FR.pdf">“Lire ou télécharger  l&rsquo;article en pdf&nbsp;&raquo;</a></p>
<p>&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Essais nucléaires en Polynésie : la France méprise toujours les conséquences de l’héritage radioactif</title>
		<link>http://independentwho.org/fr/2015/04/10/essais-nucleaires-polynesie/</link>
		<comments>http://independentwho.org/fr/2015/04/10/essais-nucleaires-polynesie/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 10 Apr 2015 12:44:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[christophe]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Divers]]></category>
		<category><![CDATA[Revue de presse]]></category>

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		<description><![CDATA[Près de 50 ans après le premier essai nucléaire en Polynésie, l’armée française revient à Moruroa, ce printemps, pour rénover les installations de surveillance. 250 personnes viendront travailler sur ce chantier. Mais la Défense estime que leur suivi radiologique individuel n’est pas nécessaire. Pourtant, les retombées radioactives sont toujours présentes, mais passées sous silence. Du plutonium est enfoui sous l’atoll. Le lagon et ses récifs coralliens sont pollués. Les fonds sous-marins sont fragilisés par les explosions souterraines. Et les maladies génétiques liées à la radioactivité se développent dans les archipels environnants. Autant de tabous qui font penser à bon nombre<a href="http://independentwho.org/fr/2015/04/10/essais-nucleaires-polynesie/">&#160;&#160;[ lire la suite ]</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Près de 50 ans après le premier essai nucléaire en Polynésie, l’armée française revient à Moruroa, ce printemps, pour rénover les installations de surveillance. 250 personnes viendront travailler sur ce chantier. Mais la Défense estime que leur suivi radiologique individuel n’est pas nécessaire. Pourtant, les retombées radioactives sont toujours présentes, mais passées sous silence. Du plutonium est enfoui sous l’atoll. Le lagon et ses récifs coralliens sont pollués. Les fonds sous-marins sont fragilisés par les explosions souterraines. Et les maladies génétiques liées à la radioactivité se développent dans les archipels environnants. Autant de tabous qui font penser à bon nombre de Polynésiens qu’ils ont été trahis. Enquête.</p>
<p>Dans les jardins de Pa’ofa’i, au centre de Papeete, quelques cocotiers se dressent, imperturbables, face à l’océan Pacifique et au soleil serein. A côté d’eux, une sculpture de bois représente une immense croix de Lorraine qui pénètre au coeur d’une silhouette polynésienne et y explose. Il y a un an, Gaston Flosse, alors président de la Polynésie française, décide de détruire ce monument dédié à la mémoire des victimes des essais nucléaires, pour le remplacer par une place baptisée &laquo;&nbsp;Jacques Chirac&nbsp;&raquo;. Mais devant une forte mobilisation menée par de jeunes Polynésiens et par Moruroa e tatou, principale association des victimes et travailleurs de Moruroa et Fangataufa, à 1200 km au Sud-Est de Tahiti, il renonce.</p>
<p>Difficile en effet de balayer d’un revers de main 193 essais nucléaires, aériens puis souterrains. Ils ont été menés par la France entre 1966 et 1996 au Centre d’expérimentations du Pacifique (CEP), dans l’archipel des Tuamotu. Le 2 juillet 1966, répondant au nom de code &laquo;&nbsp;Aldébaran&nbsp;&raquo;, une bombe atomique explose au-dessus de l’atoll de Moruroa. Première d’une série de tests militaires dont les conséquences environnementales, sanitaires et sociales empoisonnent toujours les Polynésiens.</p>
<p><strong>Du plutonium dans les atolls</strong></p>
<p>Ce qui reste des essais, ce sont d’abord des centaines de kilos de plutonium dans le sous-sol de Moruroa. « Le ministère de la Défense explique lui-même qu’une explosion consomme moins de 10% de la matière nucléaire contenue dans une bombe », précise Bruno Barrillot, ex-délégué pour le suivi des conséquences des essais nucléaires auprès du gouvernement polynésien. Ces substances seront neutralisées dans&#8230; 140 000 ans ! A l’époque, le discours officiel français assure que les résidus sont contenus et vitrifiés dans le basalte sous-marin. Mais en 2006, le ministère de la Défense reconnaît que près d’un tiers des tirs souterrains ont produit des fuites de gaz et d’autres matières nucléaires vers la surface des sols ou de l’océan [1].</p>
<p>L’ancien site du CEP est aujourd’hui une décharge. « Au début des années 1980, des cyclones envoient dans le lagon quantité de fûts de déchets nucléaires entreposés sur Moruroa », raconte Bruno Barrillot. Il faut alors trouver une solution. « Les militaires utilisent les sommets de 25 puits souterrains pour entasser des tonnes de déchets radioactifs : gravats, matériel et équipements contaminés », poursuit-il. En dépit de la règlementation française. « Ils n’avaient pas le droit de mélanger les déchets radioactifs à longue durée de vie avec les autres », souligne l’expert. « Et les déchets doivent être déplaçables. Or, tout est bétonné. »</p>
<p><strong>Des coraux très radioactifs</strong></p>
<p>L’activité des déchets accumulés dans les sous-sols de Moruroa atteint 13 279 térabecquerels (TBq), évalue, en juin 1998, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), sous l’égide de l’Onu. C’est 371 fois le seuil de classement des installations nucléaires de base (INB, lire aussi <a href="http://www.bastamag.net/Nucleaire-et-si-on-s-interessait">notre enquête</a> sur le sujet). Mais la loi du 13 juin 2006 sur la transparence et la sécurité nucléaire exonère de ces seuils les installations militaires, quel que soit le milieu d’accueil. Pourtant, la porosité du milieu corallien, le caractère corrosif et propagateur de l’eau desservent ce mode de stockage.</p>
<p>En 2006, la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (Criirad) est missionnée par le gouvernement polynésien pour analyser l’état radiologique du site. Elle préconise que les deux atolls, du fait de la radioactivité accumulée dans leur sous-sol, soient classés comme sites de stockage de déchets radioactifs et inscrits à l’inventaire des site contaminés, afin de mettre en place une signalisation des risques, un contrôle de l’accès à la zone, puis une décontamination [2]. Sans succès.</p>
<p><strong>Menace de tsunami</strong></p>
<p>Les explosions souterraines ont fragilisé les fonds sous-marins, provoquant un risque d’effondrement de la partie Nord de l’atoll, que reconnaît Marcel Jurien de la Gravière, délégué à la sûreté nucléaire et à la radioprotection pour les activités et installations intéressant la Défense (DSND), dans son rapport de 2011 : « Un glissement, qui pourrait atteindre 670 millions de m3, générerait sur Moruroa une vague pouvant atteindre une hauteur de 20 m » et de 2 à 5 mètres dans l’île voisine de Tureia. Faite quelques semaines avant le tsunami qui a frappé Fukushima, l’annonce émeut les Polynésiens. Même si « les zones d’habitations et d’activités de Tureia ne seraient pas submergées », affirme le lieutenant-colonel Frédéric Solano, à la délégation à l’information et à la communication de la Défense.</p>
<p>Le ministre polynésien de l’Environnement et de la Culture, Heremoana Maamaatuaiahutapu, ne sait pas trop quoi en penser. Ce dont il est sûr, c’est que le fond du lagon est jonché de débris, camions et autres jeeps : « Cela fait bizarre de croiser des avions Étendards quand on y plonge », grimace-t-il. L’opération a été surnommée « lagonisation » des déchets. Lors du démantèlement du CEP, les militaires ont tout simplement jeté l’inutile dans l’océan. « Nous voulons que la France dépollue l’ensemble du lagon », poursuit-il. La Défense n’en a pas l’intention, se contentant d’avancer « qu’elle se conformera strictement à l’interdiction », depuis 1986 et la convention de Nouméa, d’immerger de nouveaux déchets. Sur l’atoll de Hao, base avancée du CEP, une pollution aux métaux lourds, aux polychlorobiphényles (PCB) et aux hydrocarbures est alarmante, conclut une étude scientifique [3]. « Elle a préconisé que les habitants restreignent leur consommation de poisson pêché à une fois par mois, rapporte Bruno Barrillot. Mais c’est la base quotidienne de leur alimentation&#8230; »</p>
<p><strong>Décroissance de la radioactivité aérienne&#8230;</strong></p>
<p>Les tirs aériens, eux, ont laissé moins de traces. Pourtant, ils n’ont pas été aussi propres que le ministère de la Défense l’affirme depuis 1966. En 2013, la déclassification de 2050 pages de documents &laquo;&nbsp;secret défense&nbsp;&raquo; tempère cette confiance. Selon la Criirad, le tir inaugural de juillet 1966, par exemple, expose les îles Gambier à un niveau de radiation 1700 fois supérieur à celui enregistré par les capteurs de la centrale du Bugey, après le passage du nuage de Tchernobyl. Ces documents confirment 350 retombées radioactives sur les îles polynésiennes entre 1966 et 1974.</p>
<p>« Dans ces archives époustouflantes, on comprend qu’il y avait une véritable connaissance des risques de la part des autorités scientifiques et militaires françaises », souligne Bruno Barrillot. A présent, les derniers rapports officiels du département de suivi des centres d’expérimentations nucléaires (DSCEN) concluent à un « faible niveau de la radioactivité artificielle ». Un constat partagé par la Criirad, qui décrit aujourd’hui en Polynésie « une situation radiologique très satisfaisante, des niveaux très bas de radioactivité naturelle et une faible contamination résiduelle en césium 137 ». La décroissance normale de la radioactivité.</p>
<div id="attachment_9569" style="width: 310px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://independentwho.org/fr/files/2015/04/Essai-Nucléaire-Moruroa-1970.jpg"><img class="size-medium wp-image-9569" src="http://independentwho.org/fr/files/2015/04/Essai-Nucléaire-Moruroa-1970-300x203.jpg" alt="Explosion d’une bombe atomique aérienne de 914 kilotonnes, le 3 juillet 1970 à 18h30, au dessus de l’atoll de Moruroa (essai Licorne). La photo a été restaurée / CC Pierre J (via flickr)." width="300" height="203" /></a><p class="wp-caption-text">Explosion d’une bombe atomique aérienne de 914 kilotonnes, le 3 juillet 1970 à 18h30, au dessus de l’atoll de Moruroa (essai Licorne). La photo a été restaurée / CC Pierre J (via flickr).</p></div>
<p><strong>Mais des conséquences présumées sur l’ADN</strong></p>
<p>Pour Bruno Barrillot, c’est surtout dans la santé des Polynésiens, des travailleurs au CEP et de leurs descendants que s’inscrivent les conséquences des essais. L’inhalation ou l’ingestion d’une seule particule radioactive microscopique peut être contaminante. Une étude de 2010 de l’Institut Gustave Roussy sur les cancers de la thyroïde en Polynésie a montré que multiples cas n’étaient explicables que par les essais nucléaires [4]. Le docteur Claude Parmentier observe pour sa part 64 femmes polynésiennes traitées à Villejuif pour un cancer de la thyroïde. L’ADN des Polynésiennes y est trois fois plus altéré que celui d’un groupe tests d’Européennes.</p>
<p>« Les chiffres de l’OMS montrent qu’en Polynésie, les taux de cancers de la thyroïde et de leucémies sont supérieurs aux moyennes des autres pays », décrit Bruno Barrillot. En 2012, la Caisse de prévoyance sociale, la Sécurité sociale polynésienne, a ainsi porté plainte contre l’État français pour obtenir le remboursement des 226 millions d’euros qu’elle estime avoir déboursés pour traiter, selon elle, plus de 5000 pathologies liées aux essais nucléaires entre 1990 et 2010.</p>
<p><strong>« On dénonce le mépris de la France »</strong></p>
<p>Le Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires (Civen), lui, n’a accepté d’indemniser que 17 malades sur les 931 dossiers reçus [5]. « On dénonce le mépris de la France », déplore Roland Oldham, militant anti-nucléaire et président de l’association Moruroa e tatou. « Le comité est constitué d’experts nommés par le CEA [Commissariat à l’énergie atomique], les critères sont verrouillés et leur objectivité est annulée par la mention d’une dose dite &laquo;&nbsp;négligeable&nbsp;&raquo; de contamination, dont ils fixent eux-mêmes le seuil. Beaucoup de gens sont fatigués. Quand tu es malade d’un cancer et qu’il te reste six mois à vivre, tu n’as pas envie de mettre ton énergie là-dedans. »</p>
<p>Certes, le nombre de personnes contaminées est difficile à évaluer. Le pays étant peu peuplé, l’échantillon nécessaire à une étude est restreint. Mais aucune recherche épidémiologique d’envergure n’a été menée. Pendant que la France fait la sourde oreille, à Tahiti, le sujet se discute peu entre médecins. Les cadres hospitaliers ont longtemps été issus de l’armée. « Nous sommes dans l’urgence du soin et beaucoup d’entre nous n’ont pas véritablement le temps d’analyser les choses », explique un médecin de Papeete. « Nous avons l’impression qu’il y a une surmortalité éparse : des cancers, des maladies infectieuses, des malformations. Est-elle liée aux essais, à l’épigénétique, aux toxiques alimentaires, aux engrais, à la surconsommation, à la perte de la culture et des connaissances ancestrales, au niveau socio-économique, au retard dans les consultations ? » Les travailleurs malades répugnent aussi à parler. « Il se sentent coupables », confie Roland Oldham. « Parce que le nucléaire les a fait vivre pendant des années. Et maintenant qu’on parle des conséquences de la contamination sur les générations suivantes&#8230; » Les effets des radiations ne se mesurent plus seulement en surnombre de cancers.</p>
<p><strong>Effets héréditaires</strong></p>
<p>Rien ne prédestinait Christian Sueur, psychiatre et responsable du service d’hospitalisation de jour de pédopsychiatrie à Papeete, à s’intéresser aux essais nucléaires. Mais il reçoit plusieurs jeunes patients dont il n’arrive pas à s’expliquer les troubles envahissants du développement ou psychotiques. « Après examens génétiques, comme dans toute suspicion d’autisme, j’ai constaté des choses étranges : des translocations génétiques, des modifications chromosomiques exceptionnelles, des chromosomes cassés », relate le médecin. Il recoupe ses observations avec plusieurs nouvelles études qui concluent à un effet héréditaire de certaines maladies radio-induites [6].</p>
<p>L’irradiation des gamètes des sujets exposés à la radioactivité peut entraîner une instabilité génomique qui peut ne s’exprimer que plusieurs générations plus tard. « Contrairement aux malformations et maladies génétiques qui s’éliminent au fur et à mesure, du fait de la mortalité et des fausses couches, poursuit-il, l’instabilité génétique se stocke et se renforce ». Il cite la généticienne bélarusse Rosa Goncharova, qui a démontré que le phénomène, sur des petits mammifères exposés aux retombées de Tchernobyl, croissait sur 22 générations.</p>
<p><strong>Risques psycho-sociaux</strong></p>
<p>A Tureia, tout proche de Moruroa, Kua et Teariki vont bientôt se marier. Pour le jeune couple, il n’existe pas de meilleur endroit : la vie y est tellement simple. Pourtant, les familles de l’un et de l’autre ont été décimées par les cancers. « Alors t’imagines mon bébé ? J’ai peur qu’il soit malade », s’inquiète Teariki devant la caméra de Titti Johnson et Helgi Felixson, réalisateurs de Vive la France, un documentaire qui retrace les conséquences des essais sur l’atoll. Rares ont été les éditions du Festival international du film documentaire océanien, qui l’a projeté cette année, où un film sur les essais nucléaires n’ait pas été programmé.</p>
<p>Christian Sueur aimerait faire des recherches sur les effets psycho-sociaux « de cette menace génocidaire, au sens du génome, qui pèse sur les Polynésiens. Sur les conséquences de l’obligation de silence sur la question », que peu arrivent à braver. Et « y compris chez les militaires », frappés de déni et de refoulement. Kua et Teariki veulent fièrement ouvrir la première boulangerie de l’île. Mais la banque a refusé de leur prêter l’argent, à cause du risque de tsunami à Tureia. Les yeux de Kua s’embuent : « Il faut que la France ne nous oublie pas. C’est un cri de secours, quoi ! »</p>
<p>Justement, militaires et scientifiques du CEA réinvestissent en ce moment Moruroa, pour l’opération &laquo;&nbsp;Telsite 2&Prime;. L’économat des armées vient de lancer une opération d’une centaine de millions d’euros de rénovation du système de surveillance géomécanique de l’île. Il s’agit de remplacer des capteurs sous-marins installés en 1980, après qu’un tir eut entraîné la chute d’un pan de falaise corallienne. « Telsite 2 n’a pas vocation à mieux anticiper » le risque de vague, affirme le lieutenant-colonel Frédéric Solano, « mais à continuer d’assurer la sécurité du personnel militaire à Mururoa et des habitants de Tureia ».</p>
<p><strong>Toujours pas de suivi radiologique individuel des travailleurs</strong></p>
<p>Une base de vie est en train d’être construite, qui accueillera bientôt 250 personnes. Une centaine de Polynésiens devrait être embauchés sur ce site peu banal. Roland Oldham soupire : « On va encore envoyer de jeunes Polynésiens dans des endroits contaminés, alors qu’il faudrait des travailleurs spécialisés. On leur conseille de demander au moins l’endroit exact où ils vont travailler et si des mesures de radioactivité y ont été effectuées. » « Est-il prévu que la médecine du travail fasse leur bilan santé avant et après leur mission ? ajoute Bruno Barrillot. Je n’en suis pas sûr. » Le lieutenant-colonel Frédéric Solano confirme ses craintes : « L’ensemble de l’atoll de Mururoa a été expertisé par l’Agence internationale à l’énergie atomique qui a souligné qu’il n’était pas nécessaire de mener des actions de remédiation ou de surveillance radiologique sur des critères de radioprotection. Il n’y a donc pas nécessité d’un suivi radiologique individuel des travailleurs. »</p>
<p>Avant que le ministère de la Défense ne vienne lui présenter la mission de &laquo;&nbsp;modernisation&nbsp;&raquo; Telsite 2, le gouvernement local ignorait que 13 des 20 capteurs de surveillance de Telsite ne fonctionnaient plus. « Le système de surveillance est opérationnel et joue bien son rôle en terme de sécurité », certifie le lieutenant-colonel Frédéric Solano. « On demande plus de transparence, déclare Heremoana Maamaatuaiahutapu. La population se sent trahie, abandonnée après avoir été utilisée. On ne peut pas empêcher les gens de fantasmer sur les conséquences des essais si l’on n’obtient pas d’informations claires. »</p>
<div id="attachment_9571" style="width: 310px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://independentwho.org/fr/files/2015/04/Roland-Oldham-Mémorial-des-essais-nucléaires-Papeete.jpg"><img class="size-medium wp-image-9571" src="http://independentwho.org/fr/files/2015/04/Roland-Oldham-Mémorial-des-essais-nucléaires-Papeete-300x202.jpg" alt="Roland Oldham, militant anti-nucléaire et président de l’association Moruroa e tatou, devant le mémorial des essais nucléaires à Papeete / © Audrey Guiller" width="300" height="202" /></a><p class="wp-caption-text">Roland Oldham, militant anti-nucléaire et président de l’association Moruroa e tatou, devant le mémorial des essais nucléaires à Papeete / © Audrey Guiller</p></div>
<p><strong>Pas d’informations pour les Polynésiens</strong></p>
<p>Chaque ministre français qui se rend à Papeete est étonné que la question du nucléaire soit la première à surgir. « C’est un problème de fond qu’il faudra bien régler un jour, estime Bruno Barrillot. Il faudrait une instance de dialogue entre le gouvernement français et la Polynésie ». En 2012, le sénateur polynésien Richard Tuheiava propose une loi qui instaurerait une commission de suivi des conséquences des essais. Ainsi qu’une rétrocession de Moruroa et Fangataufa à la Polynésie française. « On pourrait former des Polynésiens à la surveillance et la gestion du site et mener des expertises radiologiques indépendantes, qui n’ont jamais eu lieu dans cette zone », approuve Bruno Barrillot.</p>
<p>Encore aujourd’hui, le moindre incident qui s’y produit est signalé directement à Paris, par satellite, sans être communiqué au gouvernement polynésien, généralement informé deux ans plus tard par un rapport écrit. Adoptée par le Sénat, la proposition reste bloquée, depuis trois ans, à l’Assemblée. Au bord du lagon, Kua et Teariki, eux, ont abandonné leur île et leur rêve de boulangerie pour s’installer à Papeete. Là où sont les médecins.</p>
<p>Audrey Guiller</p>
<p>26 mars 2015</p>
<p>Basatamag.net</p>
<p><a href="http://www.bastamag.net/Essais-nucleaires-en-Polynesie-la-France-meprise-les-consequences">http://www.bastamag.net/Essais-nucleaires-en-Polynesie-la-France-meprise-les-consequences</a></p>
<p>D’autres documents d’archives sont disponibles sur le site : <a href="http://www.moruroa.org/Texte.aspx?t=10">www.moruroa.org/Texte.aspx?t=10</a></p>
<p>Notes</p>
<p>[1] La dimension radiologique des essais nucléaires français en Polynésie, ministère de la Défense.</p>
<p>[2] Pour télécharger le <a href="http://www.criirad.org/actualites/dossiers2006/polynesie/rapcriiradpolynesiejanv2006.pdf">rapport de la Criirad</a>.</p>
<p>[3] Étude de juin 2012 rédigée par les bureaux d’étude Artelia et Pae Tai Pae Uta.</p>
<p>[4] Lire les <a href="http://www.gustaveroussy.fr/fr/page/20-septembre-2010_3613">conclusions de l’étude</a>.</p>
<p>[5] La Civen s’occupe des cas liés aux essais en Polynésie mais aussi dans le Sahara. 80% des dossiers déposés concernent des militaires.</p>
<p>[6] Lire le détail et les résultats des études dans un <a href="http://blogs.mediapart.fr/blog/christian-sueur/050811/les-essais-nucleaires-francais-dans-le-pacifique-n-etaient-pas-prop">article approfondi de Christian Sueur</a> sur Mediapart.</p>
<p><a href="http://www.bastamag.net/Nucleaire-et-si-on-s-interessait">Haut de page</a></p>
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		</item>
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		<title>Tokyo est contaminé et ne peut pas être habité, dit le Docteur Mita</title>
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		<pubDate>Wed, 18 Feb 2015 10:43:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[christophe]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Fukushima]]></category>
		<category><![CDATA[Revue de presse]]></category>

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		<description><![CDATA[Les vingt-trois quartiers de Tokyo sont contaminés par les radiations de la fusion de Fukushima, pire qu’à Tchernobyl après l’accident, et les cellules sanguines des enfants de moins de 10 ans montrent des modifications inquiétantes ; on ne peut pas faire confiance à l’OMS, à l’AIEA et au gouvernement japonais. Susie Greaves &#8211; ISIS &#8211; 24 Septembre 2014 http://www.i-sis.org.uk/Tokyo_contaminated_and_not_fit_for_habitation.php En juillet 2014, le Dr. Shigeru Mita a envoyé une lettre à ses collègues médecins pour expliquer sa décision de déménager son cabinet de Tokyo à la ville d’Okayama, dans l’ouest du Japon [1]. Il en appelle à leur sens du devoir<a href="http://independentwho.org/fr/2015/02/18/tokyo-contamine/">&#160;&#160;[ lire la suite ]</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Les vingt-trois quartiers de Tokyo sont contaminés par les radiations de la fusion de Fukushima, pire qu’à Tchernobyl après l’accident, et les cellules sanguines des enfants de moins de 10 ans montrent des modifications inquiétantes ; on ne peut pas faire confiance à l’OMS, à l’AIEA et au gouvernement japonais.<span id="more-9530"></span></p>
<p>Susie Greaves &#8211; ISIS &#8211; 24 Septembre 2014<br />
<a href="http://www.i-sis.org.uk/Tokyo_contaminated_and_not_fit_for_habitation.php">http://www.i-sis.org.uk/Tokyo_contaminated_and_not_fit_for_habitation.php</a></p>
<p>En juillet 2014, le Dr. Shigeru Mita a envoyé une lettre à ses collègues médecins pour expliquer sa décision de déménager son cabinet de Tokyo à la ville d’Okayama, dans l’ouest du Japon [1]. Il en appelle à leur sens du devoir de répondre à l’anxiété des parents qui, au Japon, ne croient pas à l’information donnée par les autorités. Il écrit : <strong><em>« Je dois déclarer que les politiques de l’OMS, de l’AIEA ou du gouvernement japonais ne sont pas fiables »</em></strong> et <strong><em>« si le pouvoir de sauver nos concitoyens et les générations futures existe quelque part, il ne se trouve pas au sein du gouvernement, ni d’aucune société académique, mais dans nos mains, celles de chaque médecin clin</em><em>ic</em><em>ien »</em></strong>. Mita déclare que tous les 23 quartiers de Tokyo sont contaminés et que la partie orientale est la plus affectée – jusqu’à 4 000 Bq/kg (le becquerel est l’unité de mesure de la radioactivité. Un Bq correspond à l’activité d’une quantité de matière irradiée dans laquelle un noyau se désintègre par seconde). Ces résultats confirment ce que le physicien nucléaire Arnie Gundersen de Fairewinds Nuclear Education avait trouvé en 2012, lorsqu’il a prélevé au hasard cinq échantillons de sol à Tokyo entre les pavés, dans les parcs et les aires de jeux. Les niveaux de contamination atteignaient jusqu’à 7 000 Bq/kg ; aux Etats-Unis n’importe quoi atteignant ces niveaux serait considéré comme un déchet nucléaire [2].<br />
Au cours de son travail à Tokyo, Mita a aussi découvert des modifications des globules blancs chez les enfants de moins de 10 ans.<br />
<strong>Une science indépendante et des rapports indépendants bannis au Japon</strong></p>
<p>En décembre 2013, le parlement japonais a adopté un projet de loi selon lequel les fonctionnaires et les citoyens pourraient risquer jusqu’à dix ans de prison pour divulgation de <em>« secrets d’état spéciaux »</em> et les journalistes jusqu’à cinq ans pour chercher à obtenir des informations classifiées. Le projet de loi est largement interprété comme un moyen d’interdire (parmi d’autres sujets) qu’une information confidentielle concernant les effets de Fukushima soit connue de la population japonaise et, par extension, du reste du monde [3].<br />
Dans son index international sur la liberté de la presse, l’organisation indépendante « Reporters sans frontières » a dégradé la place du Japon de la 22ème à la 53ème place en 2013 et de la 53ème à la 59ème en 2014, après l’adoption du projet de loi sur les secrets d’état. Reporters sans frontières dit que le Japon <em>« a été atteint d’un manque de transparence et d’une absence quasi totale de respect pour l’accès à l’information sur les sujets directement ou indirectement liés à Fukushima »</em> [4].<br />
<strong>La responsabilité du lobby nucléaire</strong></p>
<p>En décembre 2014, l’AIEA (l’Agence Internationale de l’Energie Atomique) dont la mission est de promouvoir les utilisations pacifiques de l’atome, a signé des accords avec la préfecture de Fukushima, l’Université de médecine de Fukushima et le Ministère des affaires étrangères du Japon. Ces <em>« dispositions pratiques »</em> ont, de fait, permis de transférer la gestion de la situation post-accident de Fukushima et ses conséquences sanitaires au lobby nucléaire. Parmi d’autres clauses concernant la coopération et le financement, on peut lire que : <em>« Les parties s’assureront de la confidentialité de l’information que l’autre partie aura classifiée comme réservée ou confidentielle »</em> [5].</p>
<p>Mais cela ne devrait pas être une surprise. N’importe qui, doutant du poids de la main mise du lobby nucléaire sur la <em>« gestion »</em> (i.e. la minimisation) des accidents nucléaires, devrait lire le rapport du physicien Bella Belbéoch intitulé <em>« Responsabilité de l’Occident concernant les conséquences sanitaires de la catastrophe de Tchernobyl au Bélarus, en Ukraine et en Russie »</em> [6]. La dissimulation soviétique initiale de l’accident est bien connue. Les <em>« étapes de soummission »</em> par lesquelles l’AIEA a forcé les Soviétiques à accéder à leurs demandes de minimiser les estimations des effets sanitaires de l’accident sont bien moins connues. Par une série de manipulations et de tactiques d’intimidation brutales, ils ont obligé les responsables soviétiques à diviser leurs estimations sur les effets sanitaires d’un facteur 10. Un délégué soviétique, M. Legassov, s’est suicidé quelques jours après avoir cédé aux demandes de l’AIEA, le 26 avril 1988, le jour du deuxième anniversaire de l’accident de Tchernobyl.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Une parodie de rapport sur les risques et les cancers</strong></p>
<p>Comment a réagi le lobby nucléaire à Fukushima ? Une évaluation préliminaire publiée en 2012 par l’Organisation mondiale de la santé (mais émanant en fait de l’AIEA) a réussi à tirer des conclusions optimistes, tout en ignorant deux groupes critiques : les travailleurs de la centrale de TEPCO et les personnes évacuées de la première zone (voir [7] WHO Report on Fukushima a Travesty  SiS 55). Puis en 2013, dans le rapport de l’UNSCEAR, les risques de développer un cancer de la thyroïde, la leucémie et le cancer du sein sont tout juste perceptibles, alors même que les taux de cancer de la thyroïde chez les enfants dans la préfecture de Fukushima sont déjà 40 fois plus élévés que ceux auxquels on aurait pu s’attendre [9]. Le rapport de l’UNSCEAR a été critiqué par les médecins de l’Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire parce qu’il sous-estime considérablement la dose de rayonnement reçue, les irradiations internes et ignore la vulnérabilité de l’embryon humain au rayonnement. Il ne prend pas en compte les effets sur l’hérédité, l’inexactitude de la dose reçue par les ouvriers sur le site de la centrale et estime que seulement quelques cancers seraient de possibles effets sanitaires, alors que l’expérience de Tchernobyl a montré que chaque organe vital et mécanisme corporel est touché [10].</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Réhausser la limite <em>« inoffensive»</em> du rayonnement</strong></p>
<p>La population japonaise est confrontée à un gouvernement dont la réponse aux dangers de l’irradiation a été d’augmenter la limite acceptable de 1 mSv/an à 20 mSv/an et qui encourage maintenant la population à revenir dans les zones qu’elle a évacuées précédemment. (Le millisievert est une unité de dose de rayonnement. Avant l’accident de Fukushima, le Japon, comme le reste du monde, respectait la limite de 1 mSv/an recommandée par la Commission internationale de protection radiologique &#8211; CIPR). Cependant, le lobby nucléaire voulait voir la reprise de l’énergie nucléaire au Japon aussitôt que possible. Dans une telle atmosphère, les docteurs ne sont pas encouragés à relever les effets sanitaires qui proviendraient de l’irradiation, et sûrement pas à Tokyo, où l’on a conduit les habitants à croire qu’ils n’avaient rien à craindre.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Modifications des globules blancs chez les enfants</strong></p>
<p>Mita a commencé à travailler comme médecin généraliste à Tokyo dans les années 90. Dans la lettre à ses collègues, où il explique sa décision de déménager son cabinet de Tokyo à Okayama, il déclare que la contamination de la partie orientale de Tokyo est de 1 000 à 4 000 Bq/kg et celle de la partie occidentale de 300 à 1 000 Bq/kg. Il compare ces niveaux aux 500 Bq/kg de Kiev en Ukraine après l’accident de Tchernobyl et aux mesures de 0,5 à 1,5 Bq/kg, prises avant l’accident de Fukushima en 2011 à Shinjuku, le quartier où se trouve la mairie de Tokyo,. Il dit : <strong><em>« Tokyo ne devrait plus être habitée et ceux qui veulent rester à Tokyo doivent faire des séjours réguliers dans des régions plus sûres ».</em></strong><br />
Mita pratique des échographies thyroïdiennes pour les parents préoccupés de la santé de leurs enfants, mais actuellement il est inquiet des résultats d’un autre test sur les enfants de moins de 10 ans : la numération leucocytaire différentielle. Les ouvriers de l’industrie nucléaire exposés aux rayonnements sont systématiquement soumis à ce test. Le sang est produit dans la moelle osseuse, qui est l’un des organes les plus vulnérables aux rayonnements. Il y a cinq types différents de cellules dans les leucocytes : les neutrophiles, les lymphocytes, les éosinophiles, les basophiles et les monocytes. Lorsqu’on fait une numération leucocytaire différentielle, on compare les taux d’occurrence de ces cinq types de cellule. Mita a trouvé une diminution des neutrophiles chez les enfants de moins de 10 ans, venant de zones qui ne sont pas considérées comme fortement irradiées ou même pas contaminées du tout. Ses patients viennent de la partie nord de Kanto, celle qui entoure Tokyo, y compris Tokyo [11].</p>
<p><em>« La valeur de référence donnée dans les manuels de pédiatrie pour un enfant en bonne santé (6 à 12 ans) varie entre 3 000 et 5 000, le seuil étant situé à 3 000 »</em>, dit Mita. <em>« Mais la moyenne des neutrophiles enregistrés pour les enfants examinés dans notre clinique depuis l’accident se situe maintenant à seulement 2 500… Nous sommes donc en dessous du seuil de 3 000 – et il me semble que c’est un problème majeur. »</em></p>
<p>Mita explique que bien qu’une diminution du taux de neutrophiles n’induise pas directement une détérioration des résistances immunitaires, <em>« les neutrophiles sont la dernière défense du système immunitaire» </em>et cette baisse peut être la cause de maladies mortelles comme la scepticémie en cas de rhume aggravé. <em>« Au cours de l’été 2011, nous avons vu beaucoup d’enfants dont les yeux étaient injectés de sang et surtout un grand nombre d’enfants ayant des cernes noirs autour des yeux. Beaucoup plus de sinusites aussi. Avant, leur condition s’améliorait rapidement après un traitement approprié, mais aujourd’hui nous voyons plus de cas de sinusites accompagnées de légères manifestations asthmatiques qui se prolongent sur de plus longues périodes. Or nous avons vu leur condition s’améliorer après un séjour à l’ouest du pays. J’aimerais dans la mesure du possible que ces enfants quittent l’est du Japon. »</em></p>
<p>Chez les adultes, il a constaté une augmentation des saignements de nez, une perte des cheveux, un manque d’énergie, des ecchymoses sous-cutanées, des hémorragies urinaires visibles, des inflammations de la peau, de la toux. Il a aussi trouvé une augmentation des maladies contagieuses comme la grippe, le syndrome pieds-mains-bouche et le zona. <em>« Nous voyons aussi plus de patients atteints de maladies rares jusque là, par exemple la polymyalgie rhumatismale, une maladie des personnes de plus de 50 ans, avec une prévalence de 1,7 personnes sur 100 000. Avant mars 2011 (la date de l’accident de Fukushima) un malade ou moins par an était atteint. Maintenant, nous soignons plus de 10 patients en même temps »</em>. Dr. Mita se demande : <em>« Seraient-ce les mêmes symptomes que ceux du rhumatisme musculaire notés à Tchernobyl ? »</em></p>
<p>Enfin, Mita dit que la contamination radioactive de Tokyo augmente à cause de la politique du gouvernement japonais, qui est de transporter les déchets radioactifs de la zone de Fukushima pour les enterrer ou les incinérer dans tout le Japon. Le gouvernement japonais et les autotités nucléaires déclarent que les filtres sur les cheminées des usines d’incinération enlèveraient la plus grosse partie de la radioactivité, mais ce n’est pas le cas, et du point de vue de nombreuses personnes, cela augmente la contamination. Par exemple, Arnie Gundersen dit : <em>« Ils créent 100 à 1 000 fois plus de produits radioactifs en brûlant les débris qu’en les concentrant »</em> [12]</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Pour conclure</strong></p>
<p>Mita parle de sa perception des modifications de la santé d’une population vivant dans une zone considérée comme non contaminée. Il serait trop facile d’ignorer ses résultats. Lui-même n’est pas très optimiste. Il reconnaît que pour établir la preuve de ses pressentiments il faudrait des équipes de médecins et des projets de recherches coûteux afin de comparer des groupes de population, leur contamination radioactive et les maladies dont ils souffrent. C’est tout simplement hors de porté de n’importe quel médecin isolé. Autrement dit, <em>« il est impossible dans l’état actuel de rassembler le type de données qui pourraient être publiées dans une revue scientifique de renom. Cependant, tant que je saurai qu’il se passe vraiment quelque chose de bizarre, je ne pourrai pas rester sans rien faire. »</em></p>
<p>Et voici le professeur Yablokov qui parle des difficultés que médecins et scientifiques ont rencontrées dans les territoires de Tchernobyl pour donner les preuves d’une correlation entre rayonnement et maladies [13] :<em> « La demande des experts de l’AIEA et de l’OMS d’exiger une « correlation significative » entre des niveaux d’irradiation individuelle calculés de manière imprécise [….] et des maladies diagnostiquées avec précision [….] n’est pas, à nos yeux, scientifiquement fondée. [….] Nous pensons qu’il est scientifiquement incorrect de rejeter les données qui émanent de plusieurs milliers de scientifiques, de médecins et d’autres experts ayant observé en direct les souffrances de millions de personnes affectées par les retombées radioactives au Bélarus, en Ukraine et en Russie, comme ne correspondant pas aux protocoles scientifiques. Il est scientifiquement fondé de trouver les moyens d’extraire une information de valeur de ces données »</em>. Yablokov donne ensuite une liste de ces moyens pour y parvenir.</p>
<p>Mais cela n’a pas été fait au Bélarus, en Ukraine et en Russie, et donc les conséquences sanitaires réelles de l’accident de Tchernobyyl restent cachées. Les deux millions de personnes, dont 500 000 enfants qui vivent encore dans les pires zones contaminées autour de Tchernobyl souffrent de myriades de maladies. (En 2000, selon le Ministère de la santé et des sciences du Bélarus, 85% des enfants des zones contaminées étaient malades, alors qu’en 1986 avant l’accident, la proportion était de 15% [14]).<br />
Mita a pris une décision courageuse. Au Japon, la pression exercée sur les professionnels de santé et d’autres citoyens pour qu’ils gardent le silence sur les conséquences sanitaires de Fukushima conduira le pays à une catastrophe sanitaire – pas immédiatement, mais dans les décennies à venir.</p>
<p>Pour plus d’informations sur Fukushima et Tchernobyl, voir [15] Truth about Fukushima et d’autres articles dans les series (SiS 55) et [16] Fukushima Crisis Goes Global (SiS 61).</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Références</strong></p>
<p>01 &#8211; World Network for Saving Children from Radiation (2014). A Tokyo doctor who has moved to western Japan urges fellow doctors to promote radiation protection: A message from Dr Mita to his colleagues in Kodaira, Tokyo. Accessed 25 August 2014, <a href="http://www.save-children-from-radiation.org/2014/07/16/a-tokyo-doctor-who-has-moved-to-western-japan-urges-fellow-doctors-to-promote-radiation-protection-a-message-from-dr-mita-to-his-colleagues-in-kodaira-city-t/">http://www.save-children-from-radiation.org/2014/07/16/a-tokyo-doctor-who-has-moved-to-western-japan-urges-fellow-doctors-to-promote-radiation-protection-a-message-from-dr-mita-to-his-colleagues-in-kodaira-city-t/</a><br />
02 &#8211; ENENews (2012). Gunderson: Tokyo soil so hot it should be sent to nuclear waste dump – Really severe releases hit city. Accessed 25 August 2014, <a href="//enenews.com/gundersen-tokyo-soil-hot-be-shipped-radioactive-dump"> http://enenews.com/gundersen-tokyo-soil-hot-be-shipped-radioactive-dump</a><br />
03 &#8211; “Japan whistleblowers face crackdown under proposed state secrets law.” Justin McMurray, Guardian, 5 December 2013. Accessed 25 August 2014, <a href="http://www.theguardian.com/world/2013/dec/05/whistleblowers-japan-crackdown-state-secrets">http://www.theguardian.com/world/2013/dec/05/whistleblowers-japan-crackdown-state-secrets</a><br />
04 &#8211; Reporters without Borders (2013). Press freedom index 2013: Dashed hopes after spring. Accessed 25 August 2014, <a href="http://en.rsf.org/press-freedom-index-2013,1054.html">http://en.rsf.org/press-freedom-index-2013,1054.html</a><br />
05 &#8211; Practical Arrangements between Fukushima Medical University and the International Atomic Energy Agency on Cooperation in the Area of Human Health. Accessed 25 August 2014,<a href="//www.mofa.go.jp/policy/energy/fukushima_2012/pdfs/fukushima_iaea_en_06.pdf"> http://www.mofa.go.jp/policy/energy/fukushima_2012/pdfs/fukushima_iaea_en_06.pdf</a><br />
06 &#8211; Belbéoch B. Responsabilités occidentales dans les conséquences sanitaires de la catastrophe de Tchernobyl, en Bélorussie, Ukraine et Russie. In Radioprotection et Droit nucléaire (eds. I Rens, J Jakubec, E George). Collection SEBES, 1998. English translation: Western responsibility regarding the health consequences of the Chernobyl catastrophe in Belarus, the Ukraine and Russia. <a href="http://www.dissident-media.org/infonucleaire/western_responsability.html%2025/8/14">http://www.dissident-media.org/infonucleaire/western_responsability.html 25/8/14</a><br />
07 &#8211; Greaves S. WHO report on Fukushima a travesty. Science in Society 55 2012, 38-39.<br />
08 &#8211; United Nations Scientific Committee on the Effects of Atomic Radiation. Sources, Effects and Risks of Ionizing Radiation. United Nations, New York, 2014. Accessed 25 August 2014, <a href="http://www.unscear.org/docs/reports/2013/13-85418_Report_2013_Annex_A.pdf">http://www.unscear.org/docs/reports/2013/13-85418_Report_2013_Annex_A.pdf</a><br />
09 &#8211; Wasserman H. Fukushima, the continuing catastrophe. The Ecologist, June 2014.<a href="http://www.theecologist.org/News/news_analysis/2433355/fukushima_the_continuing_catastrophe.html">http://www.theecologist.org/News/news_analysis/2433355/fukushima_the_continuing_catastrophe.html</a><br />
10 &#8211; Physicians for Social Responsibility USA et al. Critical Analysis of the UNSCEAR Report “Levels and effects of radiation exposure due to the nuclear accident after the 2011 Great East-Japan Earthquake and tsunami.” International Physicians for the Prevention of Nuclear War (IPPNW). Berlin, 2014. Accessed 25 August 2014, <a href="http://ippnw-students.org/wp-content/uploads/2014/06/UNSCEAR-Critique.pdf">http://ippnw-students.org/wp-content/uploads/2014/06/UNSCEAR-Critique.pdf</a><br />
11 &#8211; World Network for Saving Children from Radiation. Dr Shigeru Mita addresses the need of blood examination among children in the Kanto area. 2013. Accessed 25 August 2014, <a href="http://www.save-children-from-radiation.org/2013/11/11/title-dr-shigeru-mita-addresses-the-need-of-blood-examination-among-children-in-the-kanto-area/">http://www.save-children-from-radiation.org/2013/11/11/title-dr-shigeru-mita-addresses-the-need-of-blood-examination-among-children-in-the-kanto-area/</a><br />
12 &#8211; “Radioactive rubble reaction to haven in Japan.” Arnie Gundersen, Youtube. Accessed 25 August 2014, <a href="https://www.youtube.com/watch?v=dIr-QcsjKxE">https://www.youtube.com/watch?v=dIr-QcsjKxE</a><br />
13 &#8211; Yablokov AV, Nesterenko VB and Nesterenko AV. Consequences of the Chernobyl catastrophe for public health and the environment 23 years later. Proceedings of the New York Academy of Sciences 1181, 2009, 318-326.<br />
14 &#8211; UN Human Rights Council. Seventh session. Point 3. A/HRC/7/NGO/33 22 February 2008.<br />
15 &#8211; Ho MW. Truth about Fukushima. Science in Society 55 2012,18-23.<br />
16 &#8211; Ho MW. Fukushima crisis goes global. Science in Society 61 2014, 4-9.</p>
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		<title>Comment l’Organisation mondiale de la santé a dissimulé le cauchemar nucléaire irakien</title>
		<link>http://independentwho.org/fr/2014/12/25/oms-dissimulation-irak/</link>
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		<pubDate>Thu, 25 Dec 2014 18:27:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[christophe]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[En octobre 2013, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié un document, attendu depuis longtemps, qui résume les résultats d’une recherche en profondeur sur la prévalence de malformations congénitales en Irak liée selon beaucoup d’experts à l’utilisation par les Forces alliées de munitions à l’uranium appauvri. Selon le résumé du rapport : «  Les taux d’avortements spontanés, de mort-nés et de malformations congénitales que l’on trouve dans l’étude sont cohérents avec les estimations internationales ou même moins élevés. L’étude ne fournit aucune preuve claire qui puisse suggérer un taux anormalement élevé de malformations congénitales en Irak. » Jaffar Hussain, Chef de<a href="http://independentwho.org/fr/2014/12/25/oms-dissimulation-irak/">&#160;&#160;[ lire la suite ]</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>En octobre 2013, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié un document, attendu depuis longtemps, qui résume les résultats d’une recherche en profondeur sur la prévalence de malformations congénitales en Irak liée selon beaucoup d’experts à l’utilisation par les Forces alliées de munitions à l’uranium appauvri. Selon le résumé du rapport :</p>
<p>«  Les taux d’avortements spontanés, de mort-nés et de malformations congénitales que l’on trouve dans l’étude sont cohérents avec les estimations internationales ou même moins élevés. L’étude ne fournit aucune preuve claire qui puisse suggérer un taux anormalement élevé de malformations congénitales en Irak. »</p>
<p>Jaffar Hussain, Chef de mission pour l’OMS en Irak, dit que le rapport est fondé sur des techniques d’enquêtes qui sont « mondialement reconnues » et que l’étude a été revue par des pairs – experts internationaux – de manière « approfondie ».</p>
<p>Mais les conclusions contrastaient de façon spectaculaire avec les déclarations précédentes sur les résultats de la recherche des officiels du Ministère de la santé irakien impliqués dans cette étude. Précédemment cette année, BBC News a parlé avec les chercheurs du Ministère de la santé irakien, qui ont confirmé que le rapport fournirait une « preuve accablante » de taux plus élevés de malformations congénitales dans les zones de combats acharnés pendant la guerre de 2003.</p>
<p>Dans un communiqué de presse précédent, l’OMS reconnait également « l’existence de statistiques du Ministère de la santé irakien qui montrent un grand nombre de cas de malformations congénitales » dans les zones à « haut risque » sélectionnées pour l’étude. (&#8230;)</p>
<p>Le but de l’étude de l’OMS était d’approfondir les données, mais certaines personnes disent que le projet est profondément biaisé.</p>
<p><strong>Lire l&rsquo;article complet paru dans The Guardian en cliquant sur le lien ci-dessous.</strong></p>
<ul>
<li><strong>The Guardian </strong>- Quotidien national &#8211; Angleterre &#8211; 13 octobre 2013<br />
<a href="http://independentwho.org/media/Revue_de_presse_Autres/Guardian_13octobre2013_OMS_Dissimulation_cauchemar_irakien_FR.pdf">“Comment l’Organisation mondiale de la santé a dissimulé le cauchemar nucléaire irakien”</a> &#8211; Nafeez Ahmed</li>
</ul>
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		<title>Le jour où Bill Gates a traversé la route</title>
		<link>http://independentwho.org/fr/2014/06/21/independentwho-lancet/</link>
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		<pubDate>Sat, 21 Jun 2014 08:25:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[christophe]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Revue de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Vigie d'Hippocrate]]></category>

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		<description><![CDATA[Un article sur IndependentWHO dans &#171;&#160;The Lancet&#160;&#187; – revue médicale de renommée internationale. ♦ Cela a commencé le 26 avril 2007, jour anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl. Depuis ces 7 dernières années, cinq jours par semaine, de 8 h du matin à 6 h du soir, quelqu’un se tient silencieusement debout devant l’OMS. A l’angle de la route des Morillons et de l’avenue Appia, il ou elle porte un panneau autour du cou. Lire la traduction française de l&#8217;article: “Hors des clous :  Le jour où Bill Gates a traversé la route” “Pdf de l&#8217;article en anglais” ou ce<a href="http://independentwho.org/fr/2014/06/21/independentwho-lancet/">&#160;&#160;[ lire la suite ]</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Un article sur IndependentWHO dans &laquo;&nbsp;The Lancet&nbsp;&raquo; – revue médicale de renommée internationale.</p>
<h1 style="text-align: center">♦</h1>
<p>Cela a commencé le 26 avril 2007, jour anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl. Depuis ces 7 dernières années, cinq jours par semaine, de 8 h du matin à 6 h du soir, quelqu’un se tient silencieusement debout devant l’OMS. A l’angle de la route des Morillons et de l’avenue Appia, il ou elle porte un panneau autour du cou.</p>
<p><span id="more-9082"></span>Lire la traduction française de l&rsquo;article: <a href="http://independentwho.org/media/Revue_de_presse_IW/TheLancet_Offline_21juin2014_FR.pdf">“Hors des clous :  Le jour où Bill Gates a traversé la route”</a></p>
<p><a href="http://independentwho.org/media/Revue_de_presse_IW/TheLancet_Offline_21juin2014_EN.pdf">“Pdf de l&rsquo;article en anglais” </a>ou ce même article <a href="http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736%2814%2961004-7/fulltext">sur le site de &laquo;&nbsp;The Lancet&nbsp;&raquo;</a></p>
<p><a href="#top">Haut de page</a></p>
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		<title>Tchernobyl Forever &#8211; Un livre-DVD pour une opération humanitaire</title>
		<link>http://independentwho.org/fr/2014/04/26/tchernobyl-forever/</link>
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		<pubDate>Sat, 26 Apr 2014 08:36:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[christophe]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Revue de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Tchernobyl]]></category>

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		<description><![CDATA[&#171;&#160;Cependant, du point de vue de la santé mentale, la solution la plus satisfaisante pour l&#8217;avenir des utilisations pacifiques de l&#8217;énergie atomique serait de voir monter une nouvelle génération qui aurait appris à s&#8217;accommoder de l&#8217;ignorance et de l&#8217;incertitude et qui, pour citer Joseph Addison, le poète anglais du XVIII siècle, saurait chevaucher l&#8217;ouragan et diriger la tempête&#160;&#187;. Rapports techniques, n151, OMS &#8211; Genève, 1958, p.59 En ce 26 avril, date anniversaire de l&#8217;explosion du réacteur de Tchernobyl, laquelle causa la catastrophe sanitaire qui entre dans sa 29ème année, l&#8217;OMS estime toujours à une cinquantaine de morts et 4000 à<a href="http://independentwho.org/fr/2014/04/26/tchernobyl-forever/">&#160;&#160;[ lire la suite ]</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>&laquo;&nbsp;Cependant, du point de vue de la santé mentale, la solution la plus satisfaisante pour l&rsquo;avenir des utilisations pacifiques de l&rsquo;énergie atomique serait de voir monter une nouvelle génération qui aurait appris à s&rsquo;accommoder de l&rsquo;ignorance et de l&rsquo;incertitude et qui, pour citer Joseph Addison, le poète anglais du XVIII siècle, saurait chevaucher l&rsquo;ouragan et diriger la tempête&nbsp;&raquo;. Rapports techniques, n151, OMS &#8211; Genève, 1958, p.59<span id="more-9008"></span></p>
<p>En ce 26 avril, date anniversaire de l&rsquo;explosion du réacteur de Tchernobyl, laquelle causa la catastrophe sanitaire qui entre dans sa 29ème année, l&rsquo;OMS estime toujours à une cinquantaine de morts et 4000 à terme (communiqué commun OMS-AIEA-PNUD du 05.09.2005) et nie la morbidité notamment infantile causée par cette catastrophe. Cette estimation provocante et criminelle est à mettre en parallèle avec l&rsquo;<a href="http://independentwho.org/media/Documents_Autres/Chernobyl_Consequences_of_the_catastrophe_for_people_and_the_environment_Reduit.pdf">étude publiée en 2011par l&rsquo;Académie des Sciences de New York </a>qui chiffre à 985.000 les décès causés par les radiations pour la période de 1986 à 2005.</p>
<p>Demain, à 1H23 du matin, cela fera 28 ans que des apprentis sorciers du nucléaire ont fait exploser le réacteur N°4 de la centrale de Tchernobyl. Personne n&rsquo;aime cet anniversaire, pour des raisons différentes bien sûr.</p>
<p>Ni les 9 millions de personnes enfermées et abandonnées à leur triste sort radioactif dans les mornes plaines grises et les forêts interminables du &laquo;&nbsp;Laboratoire de l&rsquo;enfer&nbsp;&raquo;, dans un silence de verre qui fait crier au vent le souvenir de trop de morts, cet anniversaire ne peut pas être une fête. Il est un déchirement, le rappel d&rsquo;un monde dans lequel les hommes étaient encore des hommes et non pas des déchets nucléaires.</p>
<p>Ni les &laquo;&nbsp;autorités&nbsp;&raquo; (OMS &#8211; AIEA &#8211; PNUD &#8211; ETATS) qui essaient d&rsquo;enterrer le problème depuis le début, et de nous faire croire que la contamination atomique transforme en paradis les régions qu&rsquo;elle touche ; que rien ne s&rsquo;est passé ni ne se passe, que tout va bien, que seule la radiophobie est responsable tous les maux et de tous les morts. Pour eux cet anniversaire est aussi un cauchemar car les gens ont la mauvaise habitude de se souvenir plus particulièrement des choses le jour de leurs anniversaires. Eux préfèrent bien sûr le silence, ou les bonnes nouvelles de leurs chiens de garde sur une catastrophe plus récente : &laquo;&nbsp;L&rsquo;accident nucléaire de Fukushima est désormais considéré comme &laquo;&nbsp;terminé&nbsp;&raquo;. 16.12.2011. <a href="http://www.lemonde.fr/japon/article/2011/12/16/l-accident-nucleaire-de-fukushima-est-desormais-considere-comme-termine_1619545_1492975.html">http://www.lemonde.fr/japon/article/2011/12/16/l-accident-nucleaire-de-fukushima-est-desormais-considere-comme-termine_1619545_1492975.html</a></p>
<p>Ni ceux, individus ou organisations, qui se battent pour que cesse contre cette désinformation criminelle, qui luttent contre tous les menteurs assassins du lobby nucléaire, ces criminels contre l&rsquo;humanité pour qui il faudra bien un jour réouvrir Nuremberg.</p>
<p>Ni le &laquo;&nbsp;grand public&nbsp;&raquo;. Le sujet est anxiogène, et ne fera jamais exploser des record d&rsquo;audiences. Ce serait comme passer un réveillon de nouvel an en écoutant &laquo;&nbsp;Il n&rsquo;y a plus rien&nbsp;&raquo; (Léo Ferré).</p>
<div id="attachment_9017" style="width: 149px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://independentwho.org/fr/files/2014/04/La-poupée-atomique-abandonnée-au-Jardin-d’enfants-de-Pripiat-Tchernobyl-Ukraine.jpg"><img class=" wp-image-9017 " alt="La poupée atomique abandonnée au Jardin d’enfants de Pripiat - Tchernobyl - Ukraine" src="http://independentwho.org/fr/files/2014/04/La-poupée-atomique-abandonnée-au-Jardin-d’enfants-de-Pripiat-Tchernobyl-Ukraine.jpg" width="139" height="185" /></a><p class="wp-caption-text">La poupée atomique abandonnée au Jardin d’enfants de Pripiat &#8211; Tchernobyl &#8211; Ukraine</p></div>
<p>Le 26 avril ne peut être un anniversaire de fête pour personne et on peut comprendre que l&rsquo;on ne va pas beaucoup en parler, demain, de Tchernobyl.</p>
<p>Chaque année pourtant, le 26 avril, des initiatives, des livres, des films sont annoncés, qui &laquo;&nbsp;profitent&nbsp;&raquo; du faisceau de lumière commémoratif, pour rappeler au monde que Tchernobyl n&rsquo;est pas un problème du passé mais bien un problème d&rsquo;aujourd&rsquo;hui et du futur.</p>
<p>Cette année, à 28 ans de la catastrophe de Tchernobyl, un groupe d&rsquo;auteurs*, de journalistes, photographes, cinéastes, écrivains, scientifiques, tous ayant l’expérience du terrain à Tchernobyl et dans les territoires contaminés, ont décidé de mettre leur travaux en commun. Une expérience solidaire et originale. Tous font don de leurs droits d’auteur et de leur travail pour l’édition d’un LIVRE-DVD qui raconte l’histoire de Tchernobyl et de ses conséquences. C&rsquo;est TCHERNOBYL FOREVER. Cet ouvrage collectif servira de support une OPÉRATION HUMANITAIRE au profit des enfants exposés aux radiations dans les territoires contaminés. Une initiative, une expérience qu&rsquo;il est important de soutenir.</p>
<p><strong>UN LIVRE-DVD POUR UNE OPERATION HUMANITAIRE</strong></p>
<p><a href="http://fr.ulule.com/tchernobyl-forever/">http://fr.ulule.com/tchernobyl-forever/</a></p>
<p>* Alain-Gilles Bastide, Wladimir Tchertkoff, Emanuela Andreoli, Michel Fernex, Yves Lenoir, Paul Fusko, Jean Gaumy,<br />
Patricia Jean-Drouart &#8230;</p>
<p><strong>Publié dans <a href="http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/tchernobyl-forever-151158">Agoravox</a> le 25 avril 2014</strong></p>
<p>par <strong>Adjibi &#8211; </strong>Photo-Reporter / Journaliste indépendant / Auteur Pdt.Fondateur de l&rsquo;Association des Cyber-Journalistes / ACJ</p>
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