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	<title>IndependentWHO - Santé et Nucléaire &#187; Fukushima</title>
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	<description>L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) ne remplit pas sa mission de protection des populations victimes des contaminations radioactives.</description>
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		<title>Vivre 5 ans avec Fukushima &#8211; Résumé des effets sanitaires de la catastrophe nucléaire</title>
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		<pubDate>Tue, 31 May 2016 19:37:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[christophe]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Fukushima]]></category>

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		<description><![CDATA[Le 11 mars 2016, le Japon et le monde entier commémorent le début de la catastrophe de Fukushima il y a cinq ans. D’énormes quantités de radioactivité ont été rejetées dans l’environnement, suite à la fusion de 3 réacteurs à la centrale nucléaire de Fukushima Daichi, à plusieurs explosions qui ont fissuré les cuves des réacteurs, à des incendies, des fuites et le rejet contrôlé d’éléments radioactifs. Plus de 200 000 personnes ont été évacuées de la préfecture de Fukushima vers des camps de fortune, où quelque 100 000 d’entre elles vivent encore aujourd’hui. Depuis le début de la catastrophe,<a href="http://independentwho.org/fr/2016/05/31/fukushima-effets-sanitaires/">&#160;&#160;[ lire la suite ]</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Le 11 mars 2016, le Japon et le monde entier commémorent le début de la catastrophe de Fukushima il y a cinq ans. D’énormes quantités de radioactivité ont été rejetées dans l’environnement, suite à la fusion de 3 réacteurs à la centrale nucléaire de Fukushima Daichi, à plusieurs explosions qui ont fissuré les cuves des réacteurs, à des incendies, des fuites et</p>
<p>le rejet contrôlé d’éléments radioactifs. Plus de 200 000 personnes ont été évacuées de la préfecture de Fukushima vers des camps de fortune, où quelque 100 000 d’entre elles vivent encore aujourd’hui. Depuis le début de la catastrophe, des millions de gens ont été exposés à des doses de radiation accrues, surtout dans les zones de fortes retombées nucléaires, et ceux qui vivent dans les régions moins contaminées du pays sont exposés à l’eau de boisson et aux aliments contaminés par la radioactivité.<a href="http://independentwho.org/fr/files/2016/05/IPPNW-Report-5-years-living-with-Fukushima.jpeg"><img class="alignright size-full wp-image-10118" src="http://independentwho.org/fr/files/2016/05/IPPNW-Report-5-years-living-with-Fukushima.jpeg" alt="IPPNW Report - 5 years living with Fukushima" width="128" height="180" /></a></p>
<p>L’Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire (IPPNW), est tout à fait consciente de l’étroitesse des liens qui unissent l’industrie nucléaire militaire et celle du nucléaire civil et des risques inhérents aux deux secteurs nucléaires. Nous estimons qu’une</p>
<p>évaluation scientifique doit concerner les effets sanitaires de toute la chaîne nucléaire, depuis l’extraction de l’uranium jusqu’aux déchets nucléaires. Les catastrophes nucléaires civiles, comme celles de Three Mile Island, Tchernobyl et Fukushima, fournissent des exemples particulièrement saisissants de l’impact nocif de l’industrie nucléaire sur le public. En tant que médecins et scientifiques, nous devons poser les questions suivantes pour éclairer pleinement la catastrophe de Fukushima:</p>
<p>&#8211; Comment cette catastrophe a t-elle pu se produire ?</p>
<p>&#8211; Combien de radioactivité a été rejetée ?</p>
<p>&#8211; Comment cela va t-il affecter l’environnement ?</p>
<p>&#8211; Quelles conséquences sanitaires peut-on attendre dans la population affectée ?</p>
<p>Telles sont les questions que nous nous proposons d’appréhender dans la présente publication.</p>
<p><a href="http://independentwho.org/media/Documents_Autres/Ippnw_Vivre_5_ans_avec_Fukushima_2016_FR.pdf">“Lire ou télécharger le résumé des effets sanitaires</a><br />
<a href="http://independentwho.org/media/Documents_Autres/Ippnw_Vivre_5_ans_avec_Fukushima_2016_FR.pdf"> de la catastrophe nucléaire de Fukushima”</a></p>
<p><a href="#top">Haut de page</a></p>
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		<item>
		<title>La comédie atomique &#8211; L&#8217;histoire occultées des dangers des radiations.</title>
		<link>http://independentwho.org/fr/2016/04/26/comedie-atomique-yves-lenoir/</link>
		<comments>http://independentwho.org/fr/2016/04/26/comedie-atomique-yves-lenoir/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 26 Apr 2016 13:33:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[christophe]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Fukushima]]></category>
		<category><![CDATA[Tchernobyl]]></category>

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		<description><![CDATA[Le bilan humain de la catastrophe de Tchernobyl d’avril 1986 a été définitivement figé avec le rapport adopté en 2006 par l’ONU et les gouvernements biélorusse, russe et ukrainien. Ce bilan minore considérablement le nombre de victimes, car il « ignore » de nombreuses séquelles constatées chez les millions de personnes exposées aux retombées radioactives et chez les 800 000 « liquidateurs » de la centrale. Et en octobre 2011, un expert russe qui avait coordonné la rédaction de ce rapport a affirmé au Japon que la santé de la population touchée par les rejets radioactifs de la catastrophe de<a href="http://independentwho.org/fr/2016/04/26/comedie-atomique-yves-lenoir/">&#160;&#160;[ lire la suite ]</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Le bilan humain de la catastrophe de Tchernobyl d’avril 1986 a été définitivement figé avec le rapport adopté en 2006 par l’ONU et les gouvernements biélorusse, russe et ukrainien. Ce bilan minore considérablement le nombre de victimes, car il « ignore » de nombreuses séquelles constatées chez les millions de personnes exposées aux retombées radioactives et chez les 800 000 « liquidateurs » de la centrale. Et en octobre 2011, un expert russe qui avait coordonné la rédaction de ce rapport a affirmé au Japon que la santé de la population touchée par les rejets radioactifs de la catastrophe de Fukushima, en mars 2011, ne serait pas affectée…</p>
<p>Comment expliquer cette scandaleuse culture du déni des effets de la radioactivité ? En se plongeant dans les archives, en remontant aux premiers usages intensifs des rayons X et du radium. C’est ce qu’a fait Yves Lenoir pour ce livre, où il retrace la surprenante histoire de la construction progressive d’un système international de protection radiologique hors normes au sein de l’ONU, qui minore systématiquement les risques et les dégâts des activités nucléaires.<a href="http://independentwho.org/fr/files/2016/05/La-comédie-atomique-.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-10082" src="http://independentwho.org/fr/files/2016/05/La-comédie-atomique-.jpg" alt="La comédie atomique" width="160" height="240" /></a><br />
On apprend ainsi comment les promesses de l’« énergie atomique » civile ont fait l’objet dans les années 1950 d’une intense propagande au niveau mondial : non seulement cette énergie satisfera sans danger les besoins de l’humanité, mais l’usage généralisé de faibles doses de radio-activité permettra de décupler la production agricole ! Surtout, Yves Lenoir révèle que les normes de protection des travailleurs de l’énergie atomique ou des populations qui pourraient être exposées après un accident nucléaire ont été définies par une poignée d’experts, en dehors de tout contrôle démocratique. Il explique leurs méthodes pour construire une « vérité officielle » minimisant les conséquences de Tchernobyl. Et comment ces procédés ont été mis en œuvre, en accéléré, après Fukushima. Une remarquable enquête historique, riche de nombreuses révélations.</p>
<p>Yves Lenoir, ingénieur de formation, suit les questions nucléaires depuis sa participation à un groupe interministériel sur les déchets radioactifs en 1974-1975. Il est aujourd’hui président de l’association Enfants de Tchernobyl Belarus, créée en 2001 pour financer un organisme indépendant de protection radiologique du Belarus, l’Institut Belrad basé à Minsk.</p>
<p>ISBN : 978-2-7071-8844-1, 04/2016</p>
<p>Vous pouvez commander ce livre auprès d&rsquo;ETB (26€ dont port 4€) par :<br />
1. chèque à l&rsquo;ordre d&rsquo;ETB &#8211; 3 Avenue Pierre Poivre &#8211; 49240 Avrillé.<br />
2. à <a href="http://enfants-tchernobyl-belarus.org">http://enfants-tchernobyl-belarus.org</a><br />
Les bénéfices seront reversés à l&rsquo;Institut BELRAD</p>
<p><a href="#top">Haut de page</a></p>
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		<item>
		<title>FRANCKUSHIMA. Essai graphique sur la catastrophe de Fukushima et le risque nucléaire en France.</title>
		<link>http://independentwho.org/fr/2016/03/24/franckushima/</link>
		<comments>http://independentwho.org/fr/2016/03/24/franckushima/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 24 Mar 2016 14:55:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[christophe]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Fukushima]]></category>

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		<description><![CDATA[Comment appréhender l’univers de la radioactivité dont le propre est d’être invisible, inodore, sans goût ni saveur ? Cinq ans après le début de la catastrophe de Fukushima, la liquidation du désastre a en grande partie permis sa banalisation et son oubli généralisé. À travers une démarche documentaire et graphique, Franckushima, « caisse de résonance sur les catastrophes nucléaires », propose de revenir sur les enjeux de la catastrophe pour mieux nous préparer à celle qui nous guette en France. “Au cours de l’année 2011, j’ai été très choqué par le peu de réactions en France et l’oubli rapide du<a href="http://independentwho.org/fr/2016/03/24/franckushima/">&#160;&#160;[ lire la suite ]</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Comment appréhender l’univers de la radioactivité dont le propre est d’être invisible, inodore, sans goût ni saveur ? Cinq ans après le début de la catastrophe de Fukushima, la liquidation du désastre a en grande partie permis sa banalisation et son oubli généralisé. À travers une démarche documentaire et graphique, Franckushima, « caisse de résonance sur les catastrophes nucléaires », propose de revenir sur les enjeux de la catastrophe pour mieux nous préparer à celle qui nous guette en France.<span id="more-10090"></span></p>
<p>“Au cours de l’année 2011, j’ai été très choqué par le peu de réactions en France et l’oubli rapide du désastre qui a suivi. Voulant en savoir plus, je n’arrivais pas à trouver de livres autres que des &laquo;&nbsp;pavés&nbsp;&raquo; intellectuels et militants ou des ouvrages de vulgarisation relativement superficiels pour me documenter sur le sujet.<br />
J’ai voulu écrire ce livre car nous avons besoin de connaissances et d’arguments pour prendre position dans un débat qui dépasse largement le cadre des choix énergétiques. C’est un débat social et politique avant tout, un véritable choix de société.”</p>
<p>Ouvrage coordonné, mis en forme et illustré par Géraud Bournet,  illustrateur indépendant de formation scientifique (ingénieur en sciences de l’eau). Artiste autodidacte, il travaille principalement pour le secteur culturel et associatif. Il réalise également des illustrations pour la presse, la littérature jeunesse et de nombreux travaux en sérigraphie.</p>
<p><a href="http://independentwho.org/fr/files/2016/05/Frankushima1.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-10092" src="http://independentwho.org/fr/files/2016/05/Frankushima1-222x300.jpg" alt="Franckushima" width="222" height="300" /></a></p>
<p><a href="http://franckushima.com/">http://franckushima.com/</a><br />
« Avec son travail, très sérieux sur le fond et attractif sur la forme avec les nombreuses illustrations, Géraud Bournet produit un outil d’information et de compréhension des enjeux du nucléaire utile à tous. Franckushima apporte un éclairage inédit sur les conséquences humaines de la catastrophe de Fukushima et nous amène à nous interroger sur notre modèle énergétique nucléaire en France.<br />
Un essai à mettre entre toutes les mains ! »<br />
Michèle Rivasi, co-fondatrice de la CRIIRAD (Commission de Recherche et d’Informations Indépendantes sur la Radioactivité), députée européenne.</p>
<p><a href="http://independentwho.org/fr/files/2016/05/Fukushima-Conséquences-sanitaires.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-10093" src="http://independentwho.org/fr/files/2016/05/Fukushima-Conséquences-sanitaires-300x197.jpg" alt="Fukushima - Conséquences sanitaires" width="300" height="197" /></a></p>
<p><a href="#top">Haut de page</a></p>
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		<title>Une femme de Fukushima au siège de l’OMS</title>
		<link>http://independentwho.org/fr/2016/03/15/femme-de-fukushima-oms/</link>
		<comments>http://independentwho.org/fr/2016/03/15/femme-de-fukushima-oms/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 15 Mar 2016 20:32:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[christophe]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Fukushima]]></category>
		<category><![CDATA[Revue de presse]]></category>

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		<description><![CDATA[Une femme de Fukushima s’est rendue au siège de l’OMS pour exiger des études sérieuses sur les conséquences sanitaires de la radio-contamination due à la catastrophe nucléaire. «Cinq ans après l’accident nucléaire, des vagues déferlent toujours sur notre département de Fukushima, mais ce sont celles des incitations au retour des habitants et à la reconstruction. Au niveau local aussi bien que national, on peut voir diverses mesures se mettre en place en vue des Jeux olympiques de Tokyo de 2020. Ainsi s’estompe jour après jour l’accident nucléaire comme s’il avait maintenant pris fin.» (Ruiko Muto, habitante de Fukushima) Or la<a href="http://independentwho.org/fr/2016/03/15/femme-de-fukushima-oms/">&#160;&#160;[ lire la suite ]</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Une femme de Fukushima s’est rendue au siège de l’OMS pour exiger des études sérieuses sur les conséquences sanitaires de la radio-contamination due à la catastrophe nucléaire.<span id="more-10009"></span></p>
<p>«Cinq ans après l’accident nucléaire, des vagues déferlent toujours sur notre département de Fukushima, mais ce sont celles des incitations au retour des habitants et à la reconstruction. Au niveau local aussi bien que national, on peut voir diverses mesures se mettre en place en vue des Jeux olympiques de Tokyo de 2020. Ainsi s’estompe jour après jour l’accident nucléaire comme s’il avait maintenant pris fin.» (Ruiko Muto, habitante de Fukushima)</p>
<p>Or la réalité est tout autre. Fukushima est une catastrophe en cours – tout comme Tchernobyl où les conséquences sanitaires continuent de s’aggraver avec la concentration de radionucléides dans les aliments qu’ingère la population – et avec l’accumulation des radionucléides de longue vie dans l’eau et la terre.</p>
<p>Dans une lettre ouverte, Mme Ruiko Muto demande à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) d’assumer son rôle d’autorité sanitaire internationale et de diriger et coordonner des études épidémiologiques systématiques afin d’évaluer les conséquences sanitaires de la radio-contamination due à la catastrophe de Fukushima, en particulier pour les enfants.</p>
<p><a href="http://independentwho.org/media/Documents_Autres/Lettre_Ruiko_Muto_OMS_11032016.pdf">“Lire ou télécharger la lettre de Madame Ruiko Muto”</a></p>
<p>Sa lettre était livrée en mains propres au siège de l’OMS par Mme Yayoi Hitomi, une autre résidente de Fukushima, vendredi 11 mars 2016, ainsi que 5850 grues origami en papier, symboles de paix et de guérison, lié à la radioactivité depuis la bombe d’Hiroshima. Ces grues en papier ont été fabriquées par des personnes partout dans le monde(1).</p>
<p>Une étude de 2015 démontre un risque de développer un cancer de la thyroïde douze fois plus élevé parmi les résidents de Fukushima, comparé au reste de la population japonaise. Or nous savons, depuis l’expérience de Tchernobyl, que les cancers de la thyroïde sont les premiers effets sanitaires à se manifester et ils seront suivis par une myriade d’autres problèmes, pas uniquement cancéreux. L’augmentation de toutes sortes de maladies va apparaître car les rayonnements ionisants endommagent le système immunitaire et ont des effets sur tous les organes humains. Les effets génétiques sont, bien sûr, irréversibles.</p>
<p>Pourtant, les populations évacuées sont mises sous pression pour retourner vivre dans les zones inhabitables. En 2011, le gouvernement japonais a été fortement critiqué pour avoir relevé à 20 mSv/an, à la suite de l’accident, la limite permise de 1 mSv (acceptée internationalement et établie par la Commission internationale de protection radiologique). Pour les enfants, c’est criminel, car ils sont beaucoup plus vulnérables que les adultes.</p>
<p>Le premier ministre, Shinzo Abe, aggrave son cas aujourd’hui en exerçant une forte pression sur les personnes évacuées afin qu’elles retournent chez elles, en déclarant que certaines zones d’évacuation sont habitables et en mettant fin aux compensations financières en cas de non-retour.</p>
<p>Selon ses propres mesures, Greenpeace déclare que le niveau de radioactivité, même après décontamination, est beaucoup trop élevé dans ces zones – jusqu’à dix fois la dose permise pour les civils. L’Agence internationale de l’énergie atomique et le gouvernement japonais sont accusés de créer l’illusion qu’«un retour à la normale» est possible actuellement.</p>
<p>Arnie Gundersen, de Fairewinds, vient d’envoyer un reportage depuis la préfecture de Fukushima: y est décrit un paysage jonché de 30 millions de sacs de déchets pesant chacun 1 tonne. Un incinérateur destiné à en brûler 10 tonnes par jour est en construction. L’opération prendrait 3 millions de jours, à peu près huit mille ans – et qu’en est-il des émissions ?</p>
<p>Chaque jour, de nouveaux sacs sont remplis par des travailleurs mal protégés et viennent encombrer des cours d’école ou des jardins d’habitations. Avec la discrétion bien connue des Japonaises, Mme Muto remarque que «l’administration recourt à une gestion très grossière du traitement des déchets».</p>
<p>Au-delà de la souffrance physique et émotionnelle, la catastrophe de Fukushima a, selon le Financial Times, déjà coûté aux contribuables japonais la somme de 100 milliards de dollars.</p>
<p>Lors de l’entretien, l’OMS compatit mais reproduit les contrevérités habituelles. Apparemment l’OMS se base toujours sur le modèle Hiroshima (exposition massive, externe, en quelques secondes), inapproprié pour évaluer les conséquences sanitaires des accidents nucléaires où l’exposition est chronique, interne et de faible dose. Or il s’agit de deux phénomènes biologiques distincts. Comme pour Tchernobyl, l’OMS affirme que les problèmes sanitaires les plus graves de l’accident de Fukushima sont les effets psychologiques et sociaux. Pour couronner le tout, l’OMS affirme que, en dessous de 100 mSv par an (voire 500 mSv!), il n’y a aucune preuve d’effets sanitaires.</p>
<p>Alison Katz (Membre d&rsquo;IndependentWHO &#8211; Santé et Nucléaire)<br />
Mardi 15 mars 2016<br />
Opinions &#8211; Agora<br />
Le courrier &#8211; Quotidien suisse<br />
<a href="http://www.lecourrier.ch/137405/les_victimes_de_fukushima_sous_les_pressions_au_retour">http://www.lecourrier.ch/137405/les_victimes_de_fukushima_sous_les_pressions_au_retour</a></p>
<p>(1) &#8211; L’Action 1000grues.ch est un cri citoyen pour que soient entendus ceux qui luttent parfois même au péril de leur liberté pour le droit à la santé des victimes de la radioactivité, <a href="http://www.1000grues.ch">www.1000grues.ch</a></p>
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		</item>
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		<title>« TCHERNOBYL, FUKUSHIMA… » Du 23 mars au 3 avril 2016 &#8211; Evènement à GRENOBLE</title>
		<link>http://independentwho.org/fr/2016/02/10/tchernobyl-fukushima-grenoble/</link>
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		<pubDate>Wed, 10 Feb 2016 06:22:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[christophe]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Fukushima]]></category>
		<category><![CDATA[Tchernobyl]]></category>

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		<description><![CDATA[« TCHERNOBYL, FUKUSHIMA… » Du 23 mars au 3 avril 2016 Evènement à GRENOBLE Organisé par &#171;&#160;Sortir du nucléaire 38&#160;&#187; et &#171;&#160;IndependentWHO &#8211; Santé et Nucléaire&#160;&#187; &#160; 30 ans après le début de la catastrophe ukrainienne (26-04-1986), 5 ans après le début de celle survenue au Japon (11-3-2011), la contamination radioactive souvent invisible est toujours là. &#160; 1) Axes du programme &#160; Pour lancer l’événement, le 11 mars : Conférence de presse à 11h dans le hall d’honneur de l’Hôtel de Ville de Grenoble avec exposition d’ouverture sur place du 11 au 21 mars. Conférence à 20h sur « Les vies sinistrées » par Kurumi<a href="http://independentwho.org/fr/2016/02/10/tchernobyl-fukushima-grenoble/">&#160;&#160;[ lire la suite ]</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h4 style="text-align: center"><strong>« TCHERNOBYL, FUKUSHIMA… »</strong><br />
<strong>Du 23 mars au 3 avril 2016 </strong><br />
<strong>Evènement à GRENOBLE</strong><br />
<strong>Organisé par &laquo;&nbsp;<a href="http://blog.sdn38.info/">Sortir du nucléaire 38</a>&nbsp;&raquo; et</strong><br />
<strong>&laquo;&nbsp;IndependentWHO &#8211; Santé et Nucléaire&nbsp;&raquo;</strong></h4>
<p>&nbsp;</p>
<p>30 ans après le début de la catastrophe ukrainienne (26-04-1986), 5 ans après le début de celle survenue au Japon (11-3-2011), la contamination radioactive souvent invisible est toujours là.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h2 style="text-align: center"><strong>1) Axes du programme</strong></h2>
<p>&nbsp;</p>
<p>Pour lancer l’événement, le 11 mars :</p>
<ul>
<li><strong>Conférence de presse</strong> à 11h dans le hall d’honneur de l’Hôtel de Ville de Grenoble avec exposition d’ouverture sur place du 11 au 21 mars.</li>
</ul>
<ul>
<li><strong>Conférence</strong> à 20h sur « Les vies sinistrées » par <a href="http://iao.cnrs.fr/spip.php?article125&amp;lang=fr">Kurumi SUGITA</a> à la Maison de la Nature et de l’Environnement. 5 place Bir Hakeim, Grenoble. Cette soirée propose de partir à la rencontre de cette population en difficulté au travers d&rsquo;une projection photographique et pédagogique ainsi que de témoignages.</li>
</ul>
<p>Evénements :</p>
<ul>
<li><strong>Exposition artistique et pédagogique</strong> du 23 mars au 3 avril – tous les jours de 13 à 19h ( sauf lundi et mardi ) – entrée libre.</li>
</ul>
<ul>
<li><strong>Rassemblement</strong> le 24 mars à 16h &#8211; départ de la Place Victor Hugo &#8211; arrivée Place de Verdun à l&rsquo;Ancien Musée de Peinture (accueil par le Chœur Pas*Sages)<br />
<strong>Vernissage</strong> le 24 mars à 18h en présence des représentants de la Municipalité et de Michèle RIVASI<br />
Lieu : Ancien Musée de Peinture de Grenoble, place de Verdun.</li>
</ul>
<ul>
<li><strong>Films documentaires </strong>les 23, 25, 30 et 31 mars (tout public) et du 23 mars au 2 avril en matinée (collégiens et lycéens) – voir descriptif ci-dessous.<br />
Lieu : Cinéma Le Club</li>
</ul>
<ul>
<li><strong>Représentations théâtrales</strong> : « <a href="http://www.crearc.fr/?p=pages/pages_fr/spectacles&amp;ref_article=1027&amp;get_categorie=2&amp;get_rubrique=1&amp;get_sousrubrique=0&amp;trad=fr">La Supplication </a>», adaptation du livre de Svetlana ALEXIEVITCH, prix Nobel de Littérature 2015, les 1, 2 et 3 avril – voir horaires ci-dessous.<br />
Lieu : Petit Théâtre du CREARC</li>
</ul>
<ul>
<li><strong>Conférences</strong> d’Abraham BEHAR, médecin biophysicien, ex-président d’IPPNW, le 31 mars à 14h (lycéens) et le 1er avril à 20h (tout public, entrée libre).<br />
Lieu : Maison des Associations, rue Berthe de Boissieux</li>
</ul>
<p><a href="http://independentwho.org/fr/files/2016/02/Affiche-TCHERNOBYL-FUKUSHIMA-web.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-9968" src="http://independentwho.org/fr/files/2016/02/Affiche-TCHERNOBYL-FUKUSHIMA-web-300x214.jpg" alt=" TCHERNOBYL FUKUSHIMA - Grenoble 2016" width="300" height="214" /></a></p>
<h1 style="text-align: center">♦</h1>
<p>&nbsp;</p>
<h2 style="text-align: center"><strong>2) Descriptif du programme</strong></h2>
<p>&nbsp;</p>
<ul>
<li style="text-align: center"><strong><strong>Exposition artistique et pédagogique<br />
</strong></strong><br />
<strong>Ancien Musée de Peinture &#8211; </strong><strong>Du 23 Mars au 3 avril 2016</strong></li>
</ul>
<p>Dans son livre La Supplication. Tchernobyl &#8211; Chronique du Monde après l’Apocalypse, Svetlana Alexievitch écrit : « Tchernobyl est un mystère qu’il nous faut encore élucider. C’est peut être une tâche pour le XXIème siècle. Un défi pour ce nouveau siècle. Ce que l’homme a appris, deviné, découvert sur lui même et dans son attitude envers le monde. Reconstituer les sentiments et non les évènements… Une nouvelle histoire des sens vient de commencer. »</p>
<p>Michaël Ferrier, dans son livre Fukushima Récit d’un Désastre, décrit la situation à Fukushima comme « un état d’urgence dont on ne voit pas la fin. C’est une catastrophe lente, diluée, une catastrophe continuée.» Il décrit ce qu’il appelle la demi-vie. « S’habituer à avoir une existence amputée… Insaisissable, impalpable, nébuleuse et irréfutable à la fois », Face à cet ennemi caché qu’est la radioactivité, il est difficile, pour les victimes de Tchernobyl et de Fukushima, de trouver les mots pour dire ce qu’ils vivent et ressentent. Comment dire l’indicible, voir l’invisible, sentir l’inodore ?</p>
<p>L’exposition « Tchernobyl, Fukushima … » donne des pistes pour élucider le mystère de ces catastrophes. En suscitant émotions et ressentis elle réveille en nous une réflexion nouvelle sur la contamination radioactive qui d’imperceptible à nos sens nous apparaît alors plus visible, plus palpable. Des extraits de textes tirés de « La Supplication » et les panneaux illustratifs de Géraud Bournet, créés spécialement pour l’exposition à partir de son essai graphique <a href="http://franckushima.com/">Franckushima</a>, permettent de mieux comprendre le sens des œuvres exposées.</p>
<p>Les artistes de cette exposition s’inscrivent résolument dans une création artistique engagée au service de l’équilibre de la planète. A la fois artistes et citoyen du monde ils cultivent l’art de voir pour mieux penser et être. Ils illustrent bien les propos de Stéphane Hessel qui concluent son « Indignez vous » par ces mots : « CRÉER, C’EST RÉSISTER, RÉSISTER, C’EST CRÉER ».</p>
<div id="attachment_9972" style="width: 310px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://independentwho.org/fr/files/2016/02/Tenebras-Lux-–-Goin-2010.jpg"><img class="wp-image-9972 size-medium" src="http://independentwho.org/fr/files/2016/02/Tenebras-Lux-–-Goin-2010-300x213.jpg" alt="&quot;Tenebras Lux&quot; – Goin 2010" width="300" height="213" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Tenebras Lux&nbsp;&raquo; – Goin 2010</p></div>
<p>Sur le thème de la contamination et de la radioactivité sont exposées les œuvres de <strong>plasticiens</strong>, Marco d’Orta, 1011 et Collection Studio 1011 ; d’un « <strong>street-artist</strong> », GOIN ; d’<strong>installateurs</strong>, Maurice Berger, Jean Olivier Majastre, uLiguetaZ ; de peintres, Chantal Legendre, Barbara Moody, Fouèse, Rossella Genovese ; de sculpteurs Mireille Belle, Alain Bourdelle ; de <strong>photographes</strong>, Bertrand Chan, Alain Gilles Bastide, François Henri Louchet, Vincent Costarella ; de <strong>dessinateurs</strong>, Jean Pierre Andrevon, Nuvish ; d’<strong>écrivains</strong>, Jean Jacques M’µ.</p>
<div id="attachment_9970" style="width: 160px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://independentwho.org/fr/files/2016/02/Supplication-Poupée.png"><img class="size-thumbnail wp-image-9970" src="http://independentwho.org/fr/files/2016/02/Supplication-Poupée-150x150.png" alt="&quot;Poupée Atomique'' – A.G. Bastide" width="150" height="150" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Poupée Atomique&nbsp;&raquo; – A.G. Bastide</p></div>
<p>L’exposition est organisée autour de sept thèmes : la <strong>catastrophe</strong>, les <strong>liquidateurs</strong>, la <strong>population</strong>, la <strong>nature</strong>, les <strong>scientifiques</strong>, les <strong>politiques</strong> et les <strong>philosophes</strong>. Chacun de ces thèmes est illustré par de courts extraits du livre de Svetlana Alexievitch «  La Supplication ». Des visites commentées et des lectures théâtralisées de « La Supplication » sont organisées durant la période de l’exposition. Elles peuvent être réalisées à la demande des enseignants. S’adresser au 06 84 14 36 81</p>
<p>Des artistes : peintres, sculpteurs, dessinateurs, « street-artists », installateurs, comédiens, écrivains, cinéastes, ainsi que des scientifiques et des médecins, se rassemblent à Grenoble du 23 mars au 3 avril pour répondre de façon artistique et pédagogique à l’ « <a href="http://www.brut-de-beton.net/appel.php">Appel du 26 avril</a> » initié par la Cie de théâtre « Brut de béton production » pour une insurrection artistique, scientifique, intellectuelle et populaire contre la poursuite de la contamination radioactive de la planète.</p>
<p>Cet événement est organisé avec le soutien de la Ville de Grenoble, Les Verts- Alliance Libre Européenne, le Réseau Sortir du Nucléaire, et en collaboration avec le cinéma Le Club, le CREARC, le studio 1011, la CRIIRAD, l&rsquo;Association Française des Médecins pour la Prévention de la Guerre Nucléaire, les Amis de la Terre Isère, et de nombreux artistes locaux et nationaux.</p>
<p>&nbsp;</p>
<ul>
<li style="text-align: center"><strong>Films &#8211; Documentaires et Débats</strong></li>
</ul>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center"><strong>Un cycle de 4 films</strong> programmés au <strong>cinéma Le Club</strong> (9 bis Rue du Phalanstère) pour grand public et scolaires.</p>
<p>« <strong>Libres ! </strong>» Mercredi 23 mars.<br />
Documentaire réalisé par Jean-Paul JAUD, 135 minutes, 2015</p>
<p>France &#8211; Joseph et ses amis participent à un stage musique et nature pendant les vacances. A quelques kilomètres de là, quatre des cinquante-huit réacteurs nucléaires français risquent de réduire à néant leur insouciance.<br />
Japon &#8211; à quelques encablures de la centrale de Fukushima – Daiichi, Hiroto et Nagomi, sont en exil de leur ville natale, coupés de leurs amis et de la nature. Il leur reste la musique, leurs souvenirs et quel espoir ?<br />
Danemark – Île de Samsø. Emmanuel, Sofus et Victoria vivent au cœur d’une nature préservée. Grâce aux énergies renouvelables une ambiance de fête électrique déferle lors du festival de l’île.</p>
<p>« <strong>Kamikazes de Vaujours, Les apprentis sorciers du nucléaire</strong> »<br />
Vendredi 25 mars, 18h, <strong>suivi d’un débat </strong>avec un représentant du Mouvement de la Paix.<br />
Documentaire écrit et réalisé par Marc Planeilles, 52 minutes, 2015</p>
<p>Ancien Centre d’Etudes Atomiques situé à seulement 15 kilomètres de Paris, le<br />
Fort de Vaujours suscite aujourd’hui l’intérêt de la société exploitante de gypse<br />
Placoplatre qui risque de mettre en suspension des particules radioactives.<br />
Comment avoir pu envisager d’expérimenter les effets de la bombe atomique aussi près de Paris et, encore aujourd’hui, l’exploitation de ce site à haut risque sanitaire ?</p>
<p>«<strong> Tchernobyl 4 ever </strong>» Mercredi 30 mars, 20h,<br />
<strong>suivi d&rsquo;un débat avec Roland Desbordes</strong> (Président de la CRIIRAD).<br />
Documentaire réalisé par Alain DE HALLEUX, Crescendo films, 55 minutes, Belgique, 2011</p>
<p>Comment la jeunesse ukrainienne perçoit-elle l’histoire de Tchernobyl ?<br />
Un documentaire qui interroge la mémoire de la catastrophe et son avenir.</p>
<p>Pour beaucoup de jeunes Ukrainiens, l’histoire du cataclysme nucléaire qui a frappé leur pays se réduit au monde virtuel. C’est derrière un écran d’ordinateur, aux commandes du jeu vidéo S.T.A.L.K.E.R., qu’ils se confrontent aux multiples dangers et dégâts provoqués par l’explosion du réacteur 4, le 26 avril 1986. Et tandis qu’ils combattent des mutants radioactifs entre les murs de leur chambre, certains ignorent parfois que, vingt-cinq ans plus tôt, leur père ou leur grand-père était « liquidateur », présent sur les lieux de l’accident pour tenter de contenir les flammes et pour participer aux travaux de décontamination…</p>
<p>«<strong> Welcome to Fukushima</strong> » Jeudi 31 mars, 20h,<br />
<strong>suivi d&rsquo;un débat avec Roland Desbordes</strong> (Président de la CRIIRAD).<br />
Documentaire réalisé par Alain de Halleux, production Crescendo films, 60 minutes, 2013</p>
<p>Minami-Soma, à 20 km de la centrale éventrée en mars 2011. Juste à la limite de la zone trop contaminée. Mais pas assez loin pour ne pas être elle-même contaminée. Alain de Halleux s’y est rendu plusieurs fois depuis octobre 2011. Il y a rencontré des familles entre désir de départ et volonté de rester. Trois familles aux réactions très différentes : celle qui est partie et revenue, mais dont les membres, et surtout les enfants, ont été et restent traumatisés par le tsunami ; celle qui attend le moment de refaire du surf sur l’océan ; et cet homme, bûcheron, qui avait établi un centre pour enfants autistes, et que son fils vient rejoindre&#8230;</p>
<p>Du 23 mars au 2 avril des séances pour les collégiens et les lycéens peuvent être programmées le matin à la demande des enseignants (sauf samedi et dimanche). En fin de séance un débat sera proposé par les organisateurs.<br />
S’adresser au Directeur du CLUB, Patrick Ortega, en utilisant l’adresse mail suivante : club.grenoble@gmail.com</p>
<div id="attachment_9969" style="width: 160px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://independentwho.org/fr/files/2016/02/Fukushima_Flowers.jpg"><img class="wp-image-9969 size-thumbnail" src="http://independentwho.org/fr/files/2016/02/Fukushima_Flowers-150x150.jpg" alt="&quot;Fukushima Flowers&quot; - Goin 2010" width="150" height="150" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Fukushima Flowers&nbsp;&raquo; &#8211; Goin 2010</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<ul>
<li style="text-align: center"><strong>Représentations Théatrales<br />
</strong><br />
<strong>Petit Théâtre du CREARC &#8211; 4 rue Pierre Duclot &#8211; Grenoble</strong></li>
</ul>
<p>Pièce de théâtre d’après le texte de Svetlana ALEXIEVITCH : <a href="http://www.crearc.fr/?p=pages/pages_fr/spectacles&amp;ref_article=1027&amp;get_categorie=2&amp;get_rubrique=1&amp;get_sousrubrique=0&amp;trad=fr">La Supplication</a>.<br />
Mise en scène de Paul SCIANGULA<br />
Cie « Acte 3 – Les Thébains »</p>
<p>Un <a href="http://www.crearc.fr/?p=pages/pages_fr/spectacles&amp;ref_article=1027&amp;get_categorie=2&amp;get_rubrique=1&amp;get_sousrubrique=0&amp;trad=fr">cycle de trois représentations sera donné au Petit Théâtre du CREARC</a> les :</p>
<p><strong>Vendredi 1er avril</strong>, 20h30<br />
<strong>Samedi 2 avril</strong>, 20h30<br />
<strong>Dimanche 3 avril</strong>, 17h</p>
<p>Réservation : 04 76 41 06 36 et 06 38 78 52 90</p>
<p>La compagnie « Acte 3 – Les Thébains » s’est déjà produite de nombreuses fois avec cette pièce de théâtre, notamment au festival Off d’Avignon, au théâtre de la Tâche d’Encre, en 2006.<br />
À cette occasion, la presse s’en est fait l’écho :</p>
<p>« Sur la scène, des êtres qui passent, puis s’arrêtent comme figés par le temps. Pris dans une forme de catharsis collective, ils vont tour à tour expier l’horreur, l’inhumain. Des témoignages crus et sensibles à la fois, imagés et aux détails ciselés, s’offrent à nous sous forme de fragments de vies brisées…<br />
Des êtres déracinés, anéantis, qui parlent sans tabou de leur Tchernobyl. Cette tragédie humaine sans nom est ici vue au microscope de l’individu qui réouvre ses plaies pour se livrer au regard extérieur. Ceux que la mort à épargnés l’ont quand même vue roder au-dessus de leurs têtes. Et s’ils y ont échappés, ils restent à jamais des pestiférés, condamnés à n’être nulle part chez eux et partout montrés du doigt.<br />
La Supplication, texte de Svetlana Alexievitch, résonne avec un réalisme saisissant. Il est porté par une troupe d’acteurs dont chacun ajoute son fragment de vie telle une pièce de puzzle. Celui-ci se poursuit pas à pas entre naïveté bafouée et douleur proche de la déraison. À la question « qui sont les coupables ? », s’ensuit une interrogation bien plus terrible : « comment vivre à présent ? »</p>
<p>La mise en scène de Paul Sciangula joue avec l’idée de la tragédie moderne en utilisant la forme du cœur grec pour présenter les personnages. Portants des masques le temps d’une scène, comme transfigurés par l’horreur et proches de la folie, les acteurs reprennent figure humaine pour crier leur colère. La voie en fond mène les chants russes et français. Elle ponctue la pièce et accentue l’intimité installée dans la salle.<br />
La Supplication est une pièce nécessaire, forte et pudique. Elle éclaire sur la noirceur de l’être humain, son absence de conscience et sur l’impossibilité de faire comme si de rien était.<br />
Anne Clausse » &#8211; Source : www.ruedutheatre.info</p>
<p><a href="http://independentwho.org/fr/files/2016/02/La-Supplication.png"><img class="aligncenter size-thumbnail wp-image-9982" src="http://independentwho.org/fr/files/2016/02/La-Supplication-150x150.png" alt="La Supplication" width="150" height="150" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<ul>
<li style="text-align: center"><strong>Conférences-Débat</strong></li>
</ul>
<p style="text-align: center"><strong>Sur le thème de NUCLÉAIRE ET SANTÉ :</strong></p>
<p>I) Définition de la radioactivité<br />
II) Effets biologiques des rayons ionisants<br />
1) Effets directs sur la cellule<br />
2) Effets indirects<br />
3) Maladies radio induites<br />
4) Quelle place pour l’épidémiologie ?<br />
III) Que faire en cas d’accident radioactif ?<br />
1) Sources radioactives à Grenoble et environs<br />
2) Plan d’intervention existant<br />
IV) Nucléaire et santé, quel débat citoyen</p>
<p>Animée par le <strong>Dr. Abraham BEHAR</strong>, biophysicien spécialiste en médecine nucléaire, Président de l’Association française des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire, ancien président d’IPPNW (Prix Nobel de la Paix en 1985).</p>
<p>&#8211; <strong>Pour les lycéens le jeudi 31 mars</strong> de 14h à 17h<br />
Réservation : 04 76 63 88 38 et 06 79 43 63 45<br />
&#8211; <strong>Tout public le vendredi 1er avril</strong> à 20h (entrée libre)<br />
Maison des Associations, Rue Berthe de Boissieux, Grenoble.</p>
<div id="attachment_9974" style="width: 160px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://independentwho.org/fr/files/2016/02/Welcome-on-earth-Goin.jpg"><img class="size-thumbnail wp-image-9974" src="http://independentwho.org/fr/files/2016/02/Welcome-on-earth-Goin-150x150.jpg" alt="&quot;Welcome-on-earth&quot; - Goin" width="150" height="150" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Welcome-on-earth&nbsp;&raquo; &#8211; Goin</p></div>
<p><a href="#top">Haut de page</a></p>
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		</item>
		<item>
		<title>En l’honneur de la vie et du travail de Chiyo Nohara</title>
		<link>http://independentwho.org/fr/2016/01/17/en-lhonneur-de-chiyo-nohara/</link>
		<comments>http://independentwho.org/fr/2016/01/17/en-lhonneur-de-chiyo-nohara/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 17 Jan 2016 15:06:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[christophe]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Fukushima]]></category>
		<category><![CDATA[Revue de presse]]></category>

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		<description><![CDATA[Chiyo Nohara, morte à l’âge de 60 ans, était membre de l’équipe de recherche qui a publié la première preuve scientifique de dommages causés à un organisme vivant par la contamination radioactive due à l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi. &#160; Courage et héroïsme En août 2012, la revue Nature a publié la preuve que les radionucléides artificiels de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi ont créé des dommages physiologiques et génétiques au papillon bleu pâle des herbes, Zizeeria mara [1]. Au sein de l’équipe qui a conduit la recherche à l’université Ryukyus d’Okinawa, se trouvait une étudiante-chercheur<a href="http://independentwho.org/fr/2016/01/17/en-lhonneur-de-chiyo-nohara/">&#160;&#160;[ lire la suite ]</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Chiyo Nohara, morte à l’âge de 60 ans, était membre de l’équipe de recherche qui a publié la première preuve scientifique de dommages causés à un organisme vivant par la contamination radioactive due à l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi.<span id="more-9920"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Courage et héroïsme<br />
</strong><br />
En août 2012, la revue Nature a publié la preuve que les radionucléides artificiels de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi ont créé des dommages physiologiques et génétiques au papillon bleu pâle des herbes, Zizeeria mara <a href="#1">[1]</a>. Au sein de l’équipe qui a conduit la recherche à l’université Ryukyus d’Okinawa, se trouvait une étudiante-chercheur en première année, Chiyo Nohara. Chiyo est décédée d’une crise cardiaque à l’âge de 60 ans, le 28 octobre 2015.<a name="R2"></a> Chiyo était une scientifique qui voulait protéger les êtres humains malgré la forte pression des autorités et un grand risque pour sa propre vie.<br />
Chiyo a dit un jour à un ami <a href="#2">[2]</a> « Peu importe la quantité de vos recherches et de vos connaissances, elle serait futile si vous mourriez avant de transmettre au monde ce que vous avez appris. » Heureusement, la recherche de Chiyo a été publiée, et elle a apporté la première preuve scientifique des dommages que l’accident de Fukushima a provoqués sur des organismes vivants. Je ne vais pas décrire la recherche elle-même, puisqu’elle est publiée <a href="#1">[1]</a>. (Voir aussi <a href="#3">[3]</a> <a href="http://www.i-sis.org.uk/Fukushima_mutant_butterflies.php">Fukushima Mutant Butterflies Confirm Harm from Low-Dose Radiation</a>, SiS 56.) Je voudrais plutôt me concentrer sur sa réponse à l’accident de Fukushima, et rendre hommage à l’intelligence, le courage et l’énergie développés par Nohara et son équipe pour entreprendre cette recherche, s’engager dans le travail de terrain, diriger les expériences de laboratoire et ensuite défendre leur travail contre les critiques.<br />
Chiyo est née le 8 mai 1955 à Ube, une ville de la préfecture de Yamaguchi. Elle a étudié les sciences économiques dans les universités de Okayama et de Aichi ; elle a enseigné l’expertise comptable à l’université, publié de nombreux articles et était impliquée dans la vérification des comptes publics aux niveaux local et national. Mais en 2010, à l’âge de 55 ans, en partie à cause d’allergies dont souffrait sa propre fille, Chiyo s’est intéressée à la santé environnementale. Elle a démissionné de son poste universitaire et s’est engagée dans le programme de biologie de troisième cycle de la faculté des sciences de l’Université de Ryukyus.</p>
<p><strong> L’accident de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi</strong></p>
<p>Lorsque l’accident de la centrale de Fukushima est survenu en mars 2011, Chiyo était encore en première année de recherche. Elle a cependant persuadé son équipe que la recherche dans la zone de Fukushima était d’une importance capitale et qu’elle devait commencer immédiatement. Elle s’était déjà engagée en donnant de l’argent et des provisions aux victimes du tsunami et du tremblement de terre, mais elle disait <a href="#4">[4]</a> : « Je veux aller à Fukushima. Je veux voir la zone dévastée de mes propres yeux ». Elle disait qu’elle voulait « faire quelque chose, quoi que ce soit » pour aider les gens touchés par l’accident.<br />
L’équipe universitaire, conduite par le maître de conférences Joji Otaki, spécialiste de la physiologie moléculaire, avait mené des recherches sur le mécanisme des motifs de couleurs particuliers du papillon bleu pâle des herbes (Zizeeria maha), qui sont influencés par les conditions environnementales, telles que la température. Il a vu que cette espèce de papillon pouvait servir comme un indicateur environnemental.</p>
<p><strong>Mener une recherche dans les territoires contaminés</strong></p>
<p>Après s’être longuement interrogés, trois membres du troisième cycle universitaire décidèrent d’aller dans les territoires contaminés de Fukushima. Ils signèrent tous une décharge écrite <a href="#4">[4]</a> : « Je suis tout à fait conscient et informé des dangers de mes activités dans des zones contaminées à un niveau de radiation relativement élevé ». Mais quelques jours avant la date de leur voyage à Fukushima, ils furent convoqués au bureau du doyen. Chiyo et son équipe furent soumis à un interrogatoire agressif et déplaisant du doyen, du doyen délégué et d’autres membres de l’administration. Leur préparation et leur planning furent mis en cause et ils furent aussi interpellés sur la réaction qu’ils susciteraient auprès des habitants de la préfecture de Fukushima « lorsque ceux-ci verraient une équipe de l’université de Ryukyus chasser des papillons au filet, alors qu’eux-mêmes cherchaient désespérément des parents disparus (à cause du tsunami) ».<br />
Finalement, l’autorisation fut donnée, sous réserve de mesures correctes de protection radiologique et d’un plan strict de gestion de crise en cas d’une autre explosion à la centrale nucléaire. Il est intéressant de noter que, plus tard, le doyen délégué a félicité l’équipe pour son travail, disant que beaucoup d’équipes de recherche ne prendraient pas de tels risques de peur de perdre des financements, mais que « cette équipe ne se préoccupe pas de ces risques-là. Ils veulent seulement savoir ce qui se passe là-bas. Je soutiens leur travail, mais ils m’inquiètent ».<br />
L’équipe partit le 13 mai 2011 pour un voyage de six jours sur le terrain. Ils avaient un compteur Geiger pour relever les niveaux de radiation et s’étaient eux-mêmes défini une limite de temps stricte de 20 minutes sur chaque site. S’ils ne trouvaient pas de papillons, ils allaient ailleurs. Ils visitèrent 15 sites dans 4 préfectures (Tokyo, Ibaraki, Fukushima, Miyagi) et reprirent l’avion pour Okinawa le 18 mai avec 144 papillons.</p>
<p><strong>Chiyo s’inquiète de sa santé</strong></p>
<p>Le travail s’est poursuivi pendant les mois suivants dans les laboratoires de l’université d’Okinawa et en septembre l’équipe est revenue de nouveau à Fukushima et a recueilli d’autres spécimens. Une partie de la recherche comprenait l’alimentation des papillons avec de l’oxalis corniculata contaminé par les radionucléides de la zone de Fukushima. Ce sont Chiyo et son mari qui firent les voyages dans les territoires contaminés pour cueillir l’oxalis contaminé – 15 voyages en l’espace de 18 mois. Inévitablement, Chiyo était inquiète pour sa santé. Un ami a dit <a href="#2">[2]</a> : « chaque fois qu’elle allait à Fukushima pour ramener des papillons et qu’elle mesurait le niveau de radiation de l’oxalis contaminé, sa condition physique se détériorait. Mais elle ne voulait pas que les jeunes étudiants fassent ce travail. »<br />
L’équipe a recueilli les premiers adultes dans la zone de Fukushima en mai 2011 et certains présentaient des malformations. Deux générations de leur progéniture ont été élevées dans les laboratoires à Okinawa et les membres de l’équipe ont découvert que, bien qu’elles n’aient pas été exposées à la radiation, leurs malformations étaient plus graves. Ils ont pu aussi provoquer des anomalies similaires chez des papillons de zones non contaminées en les exposant à des rayonnements externe et interne à faibles doses. D’autres papillons adultes ont été capturés en septembre 2015 dans la zone de Fukushima et ils montraient de plus graves malformations que ceux pris en mai. L’équipe en conclut que les radionucléides de la centrale nucléaire de Fukushima avaient provoqué des dommages physiologiques et génétiques à cette espèce de papillon.</p>
<p><strong>Une recherche « importante et accablante par ses implications»</strong></p>
<p>La recherche a été publiée une première fois en août 2012 dans la revue Nature et le retour international a été immédiat <a href="#2">[2]</a>. La BBC a détaillé les résultats de la recherche en y incluant ce commentaire « cette recherche est importante et accablante par ses implications pour les communautés humaines et biologiques à Fukushima » <a href="#5">[5]</a>. Le Monde en France fut plus explicite, disant que, même si officiellement personne n’était encore décédé à cause de la radioactivité de Fukushima, beaucoup d’experts pensaient que les gens seraient malades et mourraient dans les années à venir <a href="#6">[6]</a>. La BBC et la chaîne de télévision allemande ARD sont allées interroger le professeur Otaki à Okinawa et les chaînes américaines ABC, CNN et Fox ont aussi traité le sujet.<br />
La recherche a suscité une grande quantité de commentaires (276 139 dans les six premiers mois – jusqu’en janvier 2013 –, selon le site web de l’éditeur). Chiyo et son équipe ont répondu aux commentaires dans un nouvel article en 2013 <a href="#7">[7]</a>. Onze points ont été discutés en profondeur, dont le choix de cette espèce en tant qu’indicateur environnemental, la possibilité que la diminution des ailes antérieures des papillons dépende de la latitude, les conditions de l’élevage et les implications de l’accumulation des mutations génétiques. Beaucoup de commentaires n’étaient pas scientifiques et motivés politiquement et il n’était donc pas possible d’y répondre.</p>
<p><strong>Au Japon cette recherche n’est pas largement connue</strong></p>
<p>Les principaux médias japonais n’ont pas rendu compte de l’importance de cette recherche, à part quelques-uns de faible importance. Sur les blogs personnels et les comptes Twitter, les découvertes de la recherche ont été largement propagées, mais pas toujours positivement. Le manque de liberté de la presse au Japon depuis les accidents de Fukushima est très inquiétant. Dans l’Index 2010 de la liberté de la presse, le Japon était à la 11ème place. En 2015, il est tombé à la 61ème et ceci est en grande partie dû au secret sur l’accident de Fukushima <a href="#8">[8]</a>. En Europe et aux États-Unis, on peut accéder aux images du papillon bleu pâle des herbes – Z. maha – et à ses malformations post-Fukushima en quelques secondes, mais pas au Japon. La réponse du gouvernement japonais à l’accident a été essentiellement de donner de fausses « informations » rassurantes. Le Premier ministre Abe déclarant en 2013 au Comité de candidature aux Jeux Olympiques que « la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi est sous contrôle », ce qui est clairement faux <a href="#9">[9]</a>, en est un exemple.<br />
C’est une lutte permanente. Les scientifiques et les non-scientifiques de l’Ouest ont le devoir d’aider les Japonais. Tout comme pour Tchernobyl, il existe <a href="#10">[10]</a> « une fragile chaîne humaine composée, à l’Est, de militants dans un pays piégé par la contamination radioactive et, à l’Ouest, de militants qui les soutiennent contre les mensonges scientifiques ». En 2014, Chiyo s’est rendue à Genève pour présenter sa recherche au « Forum sur les Effets génétiques des rayonnements ionisants », organisé par le Collectif IndependentWHO <a href="#11">[11]</a>. Elle était déjà malade. IndependentWHO a publié les Actes de ce Forum et les a dédiés à Chiyo Nohara avec ces mots : « elle est morte pour la cause de la vérité scientifique. » Dans les pages de Science in Society, dédiée à l’indépendance scientifique, je la salue. Mais nous desservirions Chiyo Nohara si nous n’ajoutions pas que les implications de sa recherche sont qu’aucune personne, et surtout pas les enfants, ne devrait vivre dans les zones contaminées par l’accident de Fukushima.</p>
<p><strong>Susie Greaves</strong><br />
ISIS Report 07/01/16</p>
<p>Article publié d&rsquo;abord en anglais sur le site d&rsquo;ISIS – Institute of Science in Society<a name="1"></a><br />
<a href="http://www.i-sis.org.uk/Honouring_the_Life_and_Work_of_Chiyo_Nohara.php">http://www.i-sis.org.uk/Honouring_the_Life_and_Work_of_Chiyo_Nohara.php</a></p>
<h1 style="text-align: center">♦</h1>
<p style="text-align: left"><strong>Références</strong></p>
<p><a name="2"></a>1 &#8211; Hiyama A, Nohara C, Kinjo S, Taira W, Gima S Tanahara A and Otaki JM. The biological impacts of the Fukushima nuclear accident on the pale grass blue butterfly.Nature Scientific Reports2, 570, DOI: 10.1038/srep00570 &#8211;<br />
<a name="3"></a>2 &#8211; Obituary of Chiyo Nohara  by Oshidori Mako in Days Japan, December issue, 2015, Vol.12, No.12, p.23.<br />
<a name="4"></a>3 &#8211; Ho M W. Fukushima mutant butterflies confirm harm from low dose radiation. <a href="http://www.i-sis.org.uk/isisnews/sis56.php">Science in Society 56</a>, 48-51, 2012.<br />
<a name="5"></a>4 &#8211; “Prometheus Traps: Pursuing Butterflies”, Nakayama Y,  Asahi Shimbun, 2015 (Series no.4: 12 July 2015:, no.5: 14 July 2015, no.6: 15 July 2015, no.7: 16 July, 2015, no.8: 17 July 2015, no.10: 19 July 2015)<br />
<a name="6"></a>5 &#8211; “Severe abnormalities found in Fukushima butterflies”, Nick Crumpton,  13 August 2012, <a href="http://www.bbc.co.uk/news/science-environment-19245818">http://www.bbc.co.uk/news/science-environment-19245818</a><br />
<a name="7"></a>6 &#8211; « Des papillons mutants autour de Fukushima », Philippe Pons, 15 August 2012, <a href="http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/08/15/des-papillons-mutants-autour-de-fukushima_1746252_3244.html">http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/08/15/des-papillons-mutants-autour-de-fukushima_1746252_3244.html</a><br />
<a name="8"></a>7 &#8211; Hiyama A, Nohara C, Taira W, Kinjo S, Iwata M and Otaki JM, BMC Evolutionary Biology 2013, 13:168 http://www.biomedcentral.com/1471-2148/13/168 <a href="http://www.biomedcentral.com/content/pdf/1471-2148-13-168.pdf">http://www.biomedcentral.com/content/pdf/1471-2148-13-168.pdf</a>)<br />
<a name="9"></a>8 &#8211; “Japan slips in press freedom index.” Toko Sekiguchi, Wall Street Journal: Japan Real Time, 13 February 2015. <a href="http://blogs.wsj.com/japanrealtime/2015/02/13/japan-slips-in-press-freedom-rankings/">http://blogs.wsj.com/japanrealtime/2015/02/13/japan-slips-in-press-freedom-rankings/</a><br />
<a name="10"></a>9 &#8211; “Japan Olympic win boosts Abe but Fukushima shadows linger”, Elaine Lies, Reuters, 9 September 2013, <a href="http://www.reuters.com/article/us-olympics-2020-japan-idUSBRE98806P20130909#ujqbOt12wDCbMa2v.97">http://www.reuters.com/article/us-olympics-2020-japan-idUSBRE98806P20130909#ujqbOt12wDCbMa2v.97</a><br />
<a name="11"></a>10 &#8211; Tchertkoff W, Le crime de Tchernobyl: le goulag nucleaire.  Actes Sud (2006)<br />
11 &#8211; Collectif IndependentWHO – Santé et nucléaire, Forum Scientifique et Citoyen sur les Effets Génétiques des Rayonnements Ionisants (2015) <a href="http://independentwho.org/media/Documents_Autres/Actes_forum_IW_november2014_French_01.pdf">http://independentwho.org/media/Documents_Autres/Actes_forum_IW_november2014_French_01.pdf</a></p>
<p><a href="#top">Haut de page</a></p>
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		<title>Chiyo Nohara (8 mai 1955 – 28 octobre 2015)</title>
		<link>http://independentwho.org/fr/2015/10/30/chiyo-nohara/</link>
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		<pubDate>Fri, 30 Oct 2015 18:52:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[christophe]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Chiyo Nohara, membre d&#8217;une équipe de recherche qui étudie les effets de la radioactivité sur des papillons dans la région de Fukushima, est morte à Okinawa, au Japon, le 28 octobre 2015 après une longue maladie. La présentation par Mme Nohara des travaux de son groupe a été l’un des moments forts du Forum scientifique et citoyen sur les effets génétiques de la radioactivité organisé par IndependentWHO à Genève le 29 novembre 2014. IndependentWHO a envoyé un message de condoléances à ses collègues de l&#8217;Université des Ryukus, Okinawa. ♦ Genève, Suisse, 30 Octobre 2015 &#160; Message de condoléances après la<a href="http://independentwho.org/fr/2015/10/30/chiyo-nohara/">&#160;&#160;[ lire la suite ]</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Chiyo Nohara, membre d&rsquo;une équipe de recherche qui étudie les effets de la radioactivité sur des papillons dans la région de Fukushima, est morte à Okinawa, au Japon, le 28 octobre 2015 après une longue maladie. La présentation par Mme Nohara des travaux de son groupe a été l’un des moments forts du Forum scientifique et citoyen sur les effets génétiques de la radioactivité organisé par IndependentWHO à Genève le 29 novembre 2014. IndependentWHO a envoyé un message de condoléances à ses collègues de l&rsquo;Université des Ryukus, Okinawa.<span id="more-9830"></span></p>
<h1 style="text-align: center">♦</h1>
<p>Genève, Suisse, 30 Octobre 2015</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Message de condoléances après la mort de Chiyo Nohara adressé aux membres de l&rsquo;Unité BCPH de physiologie moléculaire, Département de chimie, biologie et sciences de la mer, Faculté des sciences et Centre de recherche Instrumentale, Université de Ryukyus, Nishihara, Okinawa 903-0213, Japon</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Les membres du Collectif IndependentWHO &#8211; santé et nucléaire sont profondément attristés d&rsquo;apprendre la mort prématurée de votre collègue Chiyo Nohara. Nous nous souvenons avec émotion de sa présentation remarquable lors de notre Forum à Genève l&rsquo;année dernière de votre important travail d&rsquo;équipe sur les effets biologiques de l&rsquo;accident de Fukushima sur le &laquo;&nbsp;papillon bleu pâle de l&rsquo;herbe&nbsp;&raquo;. Elle a eu le courage de faire le long voyage vers l&rsquo;Europe alors qu&rsquo;elle était déjà malade, très probablement des effets du travail sur le terrain dans les zones irradiées. Ce faisant, elle a apporté une contribution majeure à la diffusion de votre travail de pionnier à un public international plus large de citoyens concernés et de scientifiques. Le rapport de notre &laquo;&nbsp;Forum scientifique et citoyen sur les effets génétiques des rayonnements ionisants&nbsp;&raquo;, qui sera bientôt publié, sera dédié à sa mémoire. Veuillez transmettre nos plus sincères condoléances à ses collègues, sa famille et ses amis.</p>
<p>Pour le Collectif IndependentWHO &#8211; santé et nucléaire organisateur du Forum scientifique et citoyen sur les effets génétiques des rayonnements ionisants, à Genève, Suisse, le 29 Novembre 2014</p>
<p>Contact: Alison Katz  katz.alison@gmail.com</p>
<p>G. Gordon-Lennox    gordon.lennox@wanadoo.fr</p>
<div id="attachment_9833" style="width: 272px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://independentwho.org/fr/files/2015/11/Chiyo-Nohara.jpg"><img class="size-full wp-image-9833" src="http://independentwho.org/fr/files/2015/11/Chiyo-Nohara.jpg" alt="Chiyo Nohara" width="262" height="261" /></a><p class="wp-caption-text">Chiyo Nohara</p></div>
<p><a href="#top">Haut de page</a></p>
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		<title>Fukushima, bilan d’une situation sanitaire inquiétante</title>
		<link>http://independentwho.org/fr/2015/10/24/fukushima-bilan-sanitaire/</link>
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		<pubDate>Sat, 24 Oct 2015 04:32:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[christophe]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Fukushima]]></category>

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		<description><![CDATA[Tant est grand l’irrationnel en cet affaire et par-delà les contradictions qui dépassent l’entendement, simultanément à l’annonce des résultats du groupe de recherche INWORKS (Ionising radiation and risk of death from leukemia and lymphoma in radiation-monitored workers) selon lesquels le risque de mortalité par leucémie ou myélome multiple des travailleurs de centrales nucléaires après exposition à des faibles doses est désormais avéré (1), le gouvernement japonais, avec l’aval de l’AIEA (2), a relevé les doses acceptables pour les travailleurs du nucléaire de 100msv/an à 250 msv/an en cas d’urgence (3). Pour rappel, cette même norme qui était à 20 msv/an<a href="http://independentwho.org/fr/2015/10/24/fukushima-bilan-sanitaire/">&#160;&#160;[ lire la suite ]</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Tant est grand l’irrationnel en cet affaire et par-delà les contradictions qui dépassent l’entendement, simultanément à l’annonce des résultats du groupe de recherche INWORKS (Ionising radiation and risk of death from leukemia and lymphoma in radiation-monitored workers) selon lesquels le risque de mortalité par leucémie ou myélome multiple des travailleurs de centrales nucléaires après exposition à des faibles doses est désormais avéré (1), le gouvernement japonais, avec l’aval de l’AIEA (2), a relevé les doses acceptables pour les travailleurs du nucléaire de 100msv/an à 250 msv/an en cas d’urgence (3).<br />
Pour rappel, cette même norme qui était à 20 msv/an avant l’explosion de la centrale de Tepco &#8211; Fukushima Dai ichi a été réhaussée à 100 msv/an après l’accident (pour les travailleurs du nucléaire) et à 20 msv/an pour la population civile. Suite au réhaussement de la norme, lors du seul mois d’août 2015, on compte trois décès parmi les travailleurs de la centrale nucléaire de Fukushima Dai ichi, ce qui porte à 64, selon les chiffres officiels (4), le nombre de travailleurs décèdés des conséquences de leur travail.</p>
<p>Devant la vivacité des prises de position concernant les conséquences sanitaires du nucléaire, nous avons jugé nécessaire de refaire un bref bilan sur le sujet, afin de poser une question des plus candides : le nucléaire est-il dangereux pour l’homme ? Où en sont les enquêtes épidémiologiques sur le sujet ? Qu’avons-nous appris des diverses recherches médicales menées à Fukushima après l’explosion de la centrale en mars 2011 ?</p>
<p><strong>Les effets épidémiologiques du nucléaire : Even INWORKS (5) doesn’t work…</strong></p>
<p>Cette étude, menée par 13 chercheurs en épidémiologie　provenant tous de laboratoires distincts, a été rendue publique en juin 2015. Son financement provient du centre de prévention et contrôle des maladies, du Ministère de la santé, du travail et du bien-être du Japon, de l’Institut de Radioprotection et de Sûreté nucléaire (IRSN), d’AREVA, d’électricité de France, de l’institut national pour la sécurité et la santé (USA), du département de l’énergie américain, du service sanitaire et humanitaire des Etats-Unis, de l’université de Caroline du Nord, du ministère de la santé publique anglais. Les financements de cette recherche relèvent donc principalement d’acteurs impliqués directement dans les intérêts du microcosme nucléaire. Néanmoins, les auteurs de cette recherche précisent que les financeurs ne sont à aucun moment intervenus dans la recherche ou dans la rédaction du rapport, leur rôle s’étant limité à l’autorisation d&rsquo;accès aux données. Cette étude a consisté à suivre non moins de 308 297 travailleurs employés dans un équipement nucléaire depuis au moins un an, pour la France : par la Commission d’Energie Atomique (CEA), AREVA Nuclear Cycle, ou l’entreprise nationale d’électricité (EDF) ; les départements de l’énergie et de la défense pour les USA ; et pour l’Angleterre, les employés de l’industrie nucléaire inscrits au registre national des travailleurs de la radioactivité (6). La méthode utilisée pour suivre l’état de santé des travailleurs a été la régression de Poisson, ou modèle linéaire de fonctions logarithmiques, qui permet de quantifier les associations entre la dose absorbée par la moëlle épinière, et le taux de mortalité par leucémie, lymphoma (tumeurs qui se développent sur les cellules lymphatiques) ou myelome multiple. Jusqu’à présent les données dont nous disposions provenaient essentiellement de la radiothérapie. On avait par exemple démontré que l’exposition annuelle à des doses de radiations ionisantes était passée de 0,5 mGy par personne en 1982 à 3,0 mGy par personne en 2006 aux Etats-Unis. Ce phénomène a été observé dans la plupart des pays à revenus élevés. D’autres données avaient été accumulées via le suivi épidémiologique des survivants des deux bombes atomiques larguées par les Etats-Unis à Hiroshima et Nagasaki en août 1945. Leur analyse a permis de démontrer le lien de cause à effet entre l’exposition à des radiations ionisantes et le développement de leucémie. Mais ces résultats ne concernaient que l’exposition à des niveaux élevés de radiation. Les auteurs n’évoquent pas les bases de données effectuées et analysées après Tchernobyl. L’étude menée par l’équipe de chercheurs de INWORKS quant à elle, prouve la corrélation entre le risque de mort par leucémie et l’exposition à de faibles doses de radiation, via un suivi des individus concernés sur une période de 60 ans.</p>
<p><strong>La raison au service du devoir de soumission</strong></p>
<p>Mais puisque rien n’arrête ceux qui vont se servir à la boucherie ALARA (As Low As Reasonably Achievable – aussi bas que raisonnablement possible) (7), c’est moins d’évidences épidémiologiques que de « raison » dont nos vies dépendraient. Ainsi, la démagogie en la matière aurait depuis peu remplacé le terme de victime par celui de « personnes affectées » dans ses documents. Ce changement de terminologie, notamment dans les rapports de l’ICRP (8) n’est pas sans conséquence car l’affect, est, en psychologie, ce qui est opposé à l’intellect, et en cela, induirait des comportements qui ne seraient pas rationnellement fondés. En psychologie, l’affectivité est opposée à la cognition, soit aux capacités d’un raisonnement rationnel bien que cette approche dichotomique tende à se nuancer au cours du temps. En outre, l’utilisation du terme d’affect ici renvoie au discours d’une peur irrationnelle d’un danger mal connu (le nucléaire) qui serait à l’origine d’une radio-phobie. Récemment, l’ICRP s’accorde à dire que ce terme de « radio-phobie » dont elle était l’auteur, est déplacé. Il serait, selon leur nouveau discours, normal que les personnes aient peur car elles seraient dans la méconnaissance. Il s’agirait donc de mettre en place un système d’éducation afin de remédier à l’ignorance régnante. Cette logique est néanmoins en contradiction avec celle développée par les mêmes personnes pour appliquer le principe ALARA, soit : « nous ne savons pas, scientifiquement, quels effets sanitaires ont les faibles niveaux de radioactivité, donc on ne peut que faire avec sur place ». Le tout sera donc de trouver la voie pour enseigner ce que l’on ne sait pas… Cela en dit long sur le poids donné à la simple communication en la matière. Par ailleurs, l’étude Inworks a désomrais démontré les conséquences sanitaires concrètes des faibles doses. Ainsi, on peut se demander si la communication mise en place par l’ICRP ne relève pas de l’endoctrinement publicitaire plus que de l’information scientifiquement fondée.</p>
<p>« Faire aussi bas que raisonnablement possible » (ALARA) signifie également, selon Jacques Lochard, que « Le droit au refuge ne peut être une des règles de la radio-protection. Nous devons accepter la situation et faire avec. » (9). Deborah Oughton (CERAD) complète ces termes prononcés lors du symposium sur l’éthique en radio-protection par « nous devons éduquer les gens aux risques, afin de rendre ce risque plus acceptable ». Le tout est de savoir par qui ce risque devrait être accepté et pourquoi. Ces quelques extraits d’intervention choisis parmi d’autres, nous ont amené à nous interroger sur ce qui est très certainement l’une des préoccupations majeures de nos sociétés aujourd’hui, soit le fait que ceux qui effectuent la prise de risque sont rarement ceux qui reçoivent les bénéfices de cette prise de risque. En cela la situation devient inacceptable pour ceux qui en sont victimes. Cela se reflète concrètement par la déterioration de leur état psychologique et se traduit par un taux de suicide qui augmente de façon exponentielle.</p>
<p><strong>Les effets psychologiques du nucléaire : un retour impossible</strong></p>
<p>Nous avions établi un premier bilan en décembre 2014 du nombre de victimes de cette gestion aussi désastreuse que le désastre lui-même, comptabilisant 1170 décès relatifs à l’explosion de la centrale nucléaire de Tepco (10). Les résultats d’une enquête récente menée auprès de 16 000 personnes réfugiées par l’équipe du professeur Takuya TSUJIUCHI, directeur de l’institut d’anthropologie médicale sur la reconstruction des désastres de l’université de Waseda (11), montre que plus de 40% d’entre elles sont atteintes de troubles de stress post-traumatique (PTSD). Le professeur Tsujiuchi, interviewé par la NHK le 27 mai 2015, précise que contraindre ces personnes au retour à la vie sur le lieu générateur du désordre psychologique alors même que cet environnement reste instable en raison du taux de contamination et de l’état de la centrale nucléaire en déliquescence, aurait des conséquences dramatiques. Celui-ci précise qu’à la différence des résultats des tests post-traumatiques effectués après des tremblements de terre, il ressort de cette enquête que les victimes ne sont pas confrontées à un simple stress dans la gestion de leur vie quotidienne, mais ressentent une véritable angoisse de mort face à la menace nucléaire. Selon le professeur Tsujiuchi : « aujourd’hui on fait comme si la catastrophe avait pris fin, alors que ça n’est pas le cas. On coupe l’aide au logement, puis, l’indemnité pour préjudice nerveux, puis les compensations financières pour perte de bien… il n’y aura bientôt plus d’aides au refuge. La situation est très dangereuse. »</p>
<p><strong> Les enquêtes épidémiologiques à Fukushima : Il est toujours trop tôt à moins qu’il ne soit déjà trop tard…</strong></p>
<p>Le 8 octobre 2015, lors d’une conférence de presse à Tôkyô au club des correspondants étrangers du Japon, le Professeur Toshihide TSUDA, épidémiologiste de l’université d’Okayama, spécialiste des retombées sanitaires des pollutions environnementales, exprime son désarroi quant à la manière dont les enquêtes épidémiologiques sont actuellement menées à Fukushima. L’université médicale de Fukushima ainsi que la Préfecture elle-même, deux acteurs à la tête des investigations menées depuis 2011, estiment encore aujourd’hui, qu’il est trop tôt pour tirer des conséquences sérieuses des résultats obtenus.</p>
<p><strong>Quels sont ces résultats ?</strong></p>
<p>Le professeur Tsuda et son équipe ont repris la totalité des données rassemblées d’octobre 2011 jusqu’en juin 2015. Soit, l’échographie de la thyroïde d’un échantillon de 370 000 personnes agées de moins de 18 ans au moment des faits. Ils ont mené une étude comparative prenant en compte la moyenne connue de développement de cancer de la thyroïde sur l’ensemble du Japon par classe d’âge par année afin de quantifier le rapport de causes à effets entre la pollution engendrée par les isotopes qui se sont répandus dans l’atmosphère après l’explosion de la centrale et l’accroissement du nombre de cancer de la thyroïde chez les enfants de moins de 18 ans dans la région.</p>
<p>« Si l’on fait une comparaison avec la moyenne nationalement connue, on en déduit, que le taux de cancer de la thyroïde des moins de 18 ans a été multiplié par 50. Dans les endroits où le taux est naturellement faible, on trouve une multiplication par 20 fois du nombre de cancer de la thyroïde. Dans les localités (au plan national) où le taux était le plus faible, nous n’avons pas encore détecté de cas de développement de cancer de la thyroïde. »</p>
<p>Le professeur Tsuda se porte en faux face au rapport de l’organisation mondiale de la santé de 2013 qui sous-estime considérablement les conséquences sanitaires de l’explosion de la centrale de Fukushima. Selon lui, il sera bientôt trop tard pour prendre les mesures qui s’imposent face à une multiplication importante des cancers (il s’agit en particulier de cancers de la thyroïde,  de leucémies et de cancers du sein) dans les régions contaminées qui n’ont toujours pas toutes été évacuées, et dans lesquels, bien au contraire, on rappelle les familles réfugiées dites &laquo;&nbsp;volontaires&nbsp;&raquo; à revenir habiter. Le professeur Toshihide TSUDA a publié le 5 octobre 2015 les résultats de ses recherches dans la revue internationale Epydemiology (12) et les exposera à l’Institut des systèmes complexes (CNRS) à Paris le 9 novembre prochain.</p>
<p>Article publié le 19 octobre 2015 dans <a href="http://blogs.mediapart.fr/blog/cecile-asanuma-brice">Médiapart</a> de Cécile Asanuma-Brice &#8211; Adjointe au directeur du bureau CNRS Asie du Nord, chercheure associée université Lille-CLERSE, chercheurs associée centre de recherche de la Maison Franco &#8211; Japonaise (Tôkyô)</p>
<h1> ♦</h1>
<p>(1) Ionising radiation and risk of death from leukemia and lymphoma in radiation-monitored workers (INWORKS) : an International cohort study, Klervi Leuraud, David B Richardson, Elisabeth Cardis, Robert D Daniels, Michael Gillies, Jacqueline A O’Hagan, Ghassan B Hamra, Richard Haylock, Dominique Laurier, Monika Moissonnier, Mary K Schubauer-Berigan, Isabelle Thierry-Chef, Ausrele Kesminiene, 22 juin 2015.</p>
<p>(2) Agence Internationale à l’Energie Atomique</p>
<p>(3) NHK News, 25 Juillet 2015. 緊急時の被ばく線量 上限引き上げ案を審議</p>
<p>Nikkei, 15 août 2015, 原発作業員の被曝限度上げ、緊急時250ミリシーベルトに　規制委</p>
<p><a href="http://www.nikkei.com/article/DGXLASDG08H1Q_Y5A700C1CR0000/">http://www.nikkei.com/article/DGXLASDG08H1Q_Y5A700C1CR0000/</a></p>
<p>(4) Journal Nikkan Gendai du 26 août 2015 :</p>
<p><a href="http://www.nikkan-gendai.com/articles/view/news/163113">http://www.nikkan-gendai.com/articles/view/news/163113</a></p>
<p>(5) Ionising radiation and risk of death from leukemia and lymphoma in radiation-monitored workers</p>
<p>(6) dixit : National Registry for Radiation Workers in the UK.</p>
<p>(7) Principe de précaution en matière de radio-protection lorsqu’il y a incertitude sur la relation dose-effet.</p>
<p>(8) Commission internationale de Protection Radiologique. Symposium 2-3 juin 2015 à l’Université Médicale de Fukushima : workshop sur les questions d’éthique dans le domaine de la radio-protection, organisé par l’université médicale de Fukushima et l’ICRP</p>
<p>(9) Prononcé en anglais : « The right of refuge could not be one of radio-protection rules. We have to accept situation and deal with ». Ibid.</p>
<p>(10) Cécile Asanuma-Brice (2014) : Beyond reality: The management of migratory flows in a nuclear catastrophe by a pro-nuclear State, Japan Focus, nov. (en anglais)</p>
<p>(11) Waseda Institute of Medical Anthropology on Disaster Reconstruction</p>
<p>(12) <a href="http://journals.lww.com/epidem/Abstract/publishahead/Thyroid_Cancer_Detection_by_Ultrasound_Among.99115.aspx">http://journals.lww.com/epidem/Abstract/publishahead/Thyroid_Cancer_Detection_by_Ultrasound_Among.99115.aspx</a></p>
<p><a href="#top">Haut de page</a></p>
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		<item>
		<title>Rapport sur Fukushima : une évaluation critique</title>
		<link>http://independentwho.org/fr/2015/03/18/evaluation-critique/</link>
		<comments>http://independentwho.org/fr/2015/03/18/evaluation-critique/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2015 18:19:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[christophe]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Fukushima]]></category>

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		<description><![CDATA[Suite à la parution du rapport de l&#8217;UNSCEAR en 2013 au sujet de la catastrophe de Fukushima, le Dr Keith Baverstock a publié une évaluation critique de ce rapport en août 2014. Keith Baverstock enseigne actuellement à la Faculté des Sciences naturelles et de l’environnement de l’Université de Kuopio (Finlande). Il a dirigé, de 1991 à 2003, le Programme de radioprotection du Bureau régional pour l’Europe de l’Organisation mondiale de la santé à Bonn, comme Conseiller régional pour les radiations et la santé publique. En 2001 il a participé à une mission de l’ONU chargée d’analyser la situation dans les<a href="http://independentwho.org/fr/2015/03/18/evaluation-critique/">&#160;&#160;[ lire la suite ]</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Suite à la parution du rapport de l&rsquo;UNSCEAR en 2013 au sujet de la catastrophe de Fukushima, le Dr Keith Baverstock a publié une évaluation critique de ce rapport en août 2014.<br />
Keith Baverstock enseigne actuellement à la Faculté des Sciences naturelles et de l’environnement de l’Université de Kuopio (Finlande). Il a dirigé, de 1991 à 2003, le Programme de radioprotection du Bureau régional pour l’Europe de l’Organisation mondiale de la santé à Bonn, comme Conseiller régional pour les radiations et la santé publique. En 2001 il a participé à une mission de l’ONU chargée d’analyser la situation dans les régions du Belarus, de l’Ukraine et de la Russie touchées par l’accident de Tchernobyl. Il est maintenant associé au projet ARCH, financé par la Commission européenne, dont le but est d’établir une stratégie de recherche sur les effets de l’accident de Tchernobyl.</p>
<p><a href="http://independentwho.org/media/Documents_Autres/Keith_Baverstock_Evaluation_Critique_08_2014_FR.pdf">“Lire ou télécharger l&rsquo;évaluation critique de Keith Baverstock”</a></p>
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		<title>Fukushima &#8211; La population est dans une situation inextricable</title>
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		<pubDate>Sun, 15 Mar 2015 09:44:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[christophe]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Fukushima]]></category>

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		<description><![CDATA[Quatre ans après l’explosion d’une centrale nucléaire à Fukushima, le sort des populations concernées est loin d’être réglé. La chercheuse Cécile Asanuma-Brice décrypte la politique qui vise à inciter ces personnes à réintégrer les zones encore contaminées. Résidente au Japon depuis près de quinze ans, Cécile Asanuma-Brice travaille au bureau du CNRS à Tokyo et est chercheuse associée au centre de recherche de la Maison franco-japonaise de Tokyo et au Laboratoire international associé « Protection humaine et réponse au désastre » (HPDR) créé par le CNRS et d’autres institutions françaises et japonaises, à la suite de la catastrophe de Fukushima. Le<a href="http://independentwho.org/fr/2015/03/15/fukushima-population/">&#160;&#160;[ lire la suite ]</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Quatre ans après l’explosion d’une centrale nucléaire à Fukushima, le sort des populations concernées est loin d’être réglé. La chercheuse Cécile Asanuma-Brice décrypte la politique qui vise à inciter ces personnes à réintégrer les zones encore contaminées.<br />
Résidente au Japon depuis près de quinze ans, Cécile Asanuma-Brice travaille au bureau du CNRS à Tokyo et est chercheuse associée au centre de recherche de la Maison franco-japonaise de Tokyo et au Laboratoire international associé « Protection humaine et réponse au désastre » (HPDR) créé par le CNRS et d’autres institutions françaises et japonaises, à la suite de la catastrophe de Fukushima. Le 11 mars 2011, un tremblement de terre suivi d’un tsunami avait provoqué l’explosion, le lendemain, d’une centrale nucléaire dans cette région.</p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Combien de personnes restent déplacées ? Dans quelles conditions vivent-elles ?<br />
</strong>Cécile Asanuma-Brice : Le gouvernement japonais fait état de 118 812 personnes déplacées1, dont 73 077 à l’intérieur du département de Fukushima et 45 735 à l’extérieur, ce qui représente une baisse puisque les mêmes statistiques officielles affichaient 160 000 personnes déplacées en 2011, quelques mois après la catastrophe. En réalité, le nombre de personnes déplacées est bien plus élevé que cela. Car le système d’enregistrement mis en place par l’Administration est extrêmement contraignant et une partie non négligeable des habitants n’a pas voulu s’y plier. J’ai personnellement interviewé plusieurs familles regroupées au sein d’associations qui ont refusé cet enregistrement, car cela aboutissait à leur faire perdre des droits, notamment quant à la gratuité de leur suivi médical.</p>
<p>Dans un premier temps, le gouvernement japonais a ouvert à la gratuité le parc des logements publics vacants sur l’ensemble du territoire aux personnes qui souhaitaient s’installer ailleurs. Cette mesure était positive, même si elle ne s’est pas accompagnée de politiques d’aide à l’emploi qui auraient permis une intégration durable des nouveaux migrants dans les territoires d’accueil. En outre, cette directive a pris fin en décembre 2012. Simultanément, des logements provisoires ont été construits mais en partie sur des zones contaminées selon la carte de répartition de la contamination produite par le ministère de la Recherche du gouvernement japonais.</p>
<p>Dans la loi, la vie dans ces logements est limitée à deux ans en raison de l’inconfort des lieux. Mais le provisoire est en train de durer. Les réfugiés qui vivent sur ces terrains vacants aux marges des villes ont à leur charge la consommation d’électricité, de gaz et d’eau, et sont également contraints d’acheter les aliments qu’ils produisaient autrefois, la plupart d’entre eux étant fermiers. Le revenu de compensation de 100 000 yens (environ 750 euros, NDLR) par mois qui leur est versé par Tepco, l’entreprise de gestion de la centrale, est insuffisant pour couvrir ces frais. Enfin, des logiques de discrimination commencent à apparaître, pointant les réfugiés comme des « assistés », ce qui est extrêmement mal considéré dans un pays qui place très haut la valeur du travail.</p>
<div id="attachment_9518" style="width: 310px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://independentwho.org/fr/files/2015/03/Refugiés_volontaires.jpg"><img class="size-medium wp-image-9518" src="http://independentwho.org/fr/files/2015/03/Refugiés_volontaires-300x201.jpg" alt="En février 2012, des citoyens se sont rendus au parlement afin de demander le vote du droit au refuge. La loi de protection des victimes du désastre sera votée en juin de la même année mais restera vide de toute prérogative... " width="300" height="201" /></a><p class="wp-caption-text">En février 2012, des citoyens se sont rendus au parlement afin de demander le vote du droit au refuge. La loi de protection des victimes du désastre sera votée en juin de la même année mais restera vide de toute prérogative&#8230;</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Les populations expriment-elles le souhait de rentrer chez elles ? Quel est l’état d’esprit dominant ?</strong><br />
C. A.-B. : Beaucoup de familles sont installées loin de leur village d’origine tandis que les pères continuent de travailler dans le département où elles vivaient. Une majorité d’entre elles sont propriétaires de leur maison ou appartement ; elles ont emprunté pour cela et il leur est par conséquent très difficile de tout abandonner sans l’application d’un droit au refuge, soit l’assurance d’une compensation financière et d’une aide à la recherche d’emploi dans la région d’accueil. Cela serait envisageable si l’on considère les sommes faramineuses consacrées à la décontamination inefficace des territoires. Ces habitants sont mis dans une situation inextricable et cela se traduit par un taux de divorce élevé, de même que celui des suicides et des dépressions nerveuses…</p>
<p>Néanmoins, le gouvernement entretient soigneusement l’idée d’un retour possible et tend à rouvrir progressivement les zones qui étaient interdites à l’habitation. Ainsi, la zone de réglementation spéciale qui recouvrait les neuf collectivités locales autour de la centrale a été totalement supprimée, ce qui recouvre une population de 76 420 personnes. Un peu moins de deux tiers d’entre elles – 51 360 personnes exactement – se trouvent dans la zone de « préparation à l’annulation de la directive d’évacuation » – dont le taux de contamination est en deça de 20 millisieverts (mSv) –, ce qui signifie qu’elles peuvent se déplacer librement dans cette zone durant la journée afin d’entretenir leur habitat ou d’y travailler. L’annulation de la directive a été effective en partie en 2014. Dans la zone de restriction de résidence, qui concerne 25 % des habitants (19 230 personnes), il est permis d’entrer et de sortir librement pendant la journée mais pas de travailler.</p>
<div id="attachment_9519" style="width: 310px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://independentwho.org/fr/files/2015/03/Tomioka_2013-10-25_a_16.39.09.jpg"><img class="size-medium wp-image-9519" src="http://independentwho.org/fr/files/2015/03/Tomioka_2013-10-25_a_16.39.09-300x220.jpg" alt="La ville de Tomioka, à quelques kilomètres de la centrale, a été rouverte à la résidence. " width="300" height="220" /></a><p class="wp-caption-text">La ville de Tomioka, à quelques kilomètres de la centrale, a été rouverte à la résidence.</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Vous dénoncez l’abus du concept de résilience, utilisé pour, dites-vous, « assigner la population à demeure ».</strong><br />
C. A.-B. : Pour convaincre les gens de revenir, les pouvoirs publics s’appuient sur le concept de résilience qui fait, en l’espèce, l’objet d’un abus épistémologique : des approches concernant la résilience psychologique, écologique et urbaine sont mélangées afin de suggérer l’abandon de la fuite à ceux qui obéiraient encore à leur instinct primaire d’angoisse face aux dangers ! La communication sur le risque joue un rôle important pour faire passer ce concept de résilience. Il faut faire admettre que nous vivons désormais dans « la société du risque » pour reprendre le titre d’un ouvrage d’Ulrich Beck qui a théorisé cette idée. La société du risque, selon lui, c’est une société où l’état d’exception menace d’y devenir un état normal. Dans le cas présent, les normes de protection sont bouleversées pour limiter la surface de la zone d’évacuation et permettre l’illusion d’un retour à la normal.</p>
<p>Ainsi, le taux de radioactivité dans l’air comme au sol excède par endroits dix à vingt fois le taux de contamination internationalement admis comme acceptable pour la population civile, soit 1 mSv/an. Dès avril 2011, les autorités ont relevé cette norme à 20 mSv/an dans la région la plus polluée, et il est actuellement question de la relever à 100 mSv/an ! Même chose dans l’alimentation, où le taux d’acceptabilité maximal de la radioactivité a varié. Cette stratégie de communication a disposé en 2014 d’un budget de plus 2 millions d’euros qui ont permis, si j’ose dire, « d’éduquer » aux risques sanitaires pour mieux rassurer, par le biais, par exemple, de l’organisation d’ateliers sur la radioactivité et le cancer destinés aux écoliers de classes primaires de la région de Fukushima, de la distribution de manuels scolaires apprenant à gérer la vie dans un environnement contaminé, ou encore de campagnes télévisuelles pour des produits frais en provenance de la zone contaminée vantant l’efficacité de la décontamination, qui n’a toujours pas été prouvée.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Cette stratégie repose sur un programme déjà appliqué à Tchernobyl.</strong><br />
C. A.-B. : Les acteurs impliqués dans la gestion du désastre japonais sont en partie les mêmes que ceux qui ont « géré » la crise nucléaire de Tchernobyl. C’est le cas notamment de Jacques Lochard, directeur du CEPN (Centre d’étude sur l’évaluation de la protection dans le domaine nucléaire), ainsi que du docteur Yamashita Shunichi, membre de la commission d’enquête sanitaire, l’un des premiers à avoir prôné le relèvement de la norme de sécurité à 100 mSv/an, ou encore du professeur Niwa de l’université médicale de Fukushima. Ce psychiatre argumente en faveur d’un retour des habitants en réponse aux taux de dépression et de suicide croissants liés à la douleur de l’éloignement de leur pays natal. De fait, les réfugiés sont privés de liberté de décision sur leur propre sort puisqu’on ne leur donne ni les moyens de pouvoir partir ni ceux de se réintégrer totalement. Autrement dit, on les contraint à devoir gérer leur quotidien dans un environnement contaminé. C’est justement l’objet du programme Ethos Fukushima, qui fait suite au programme Ethos Tchernobyl, l’un comme l’autre dirigés par Jacques Lochard et dans lesquels les docteurs Yamashita et Niwa jouent un rôle fondamental. Ce programme est basé sur le calcul du coût/bénéfice en matière de radioprotection et vise à apprendre aux habitants à gérer leur quotidien dans un environnement contaminé, la migration étant jugée trop coûteuse.</p>
<p>Ce programme a également pour but de relancer l’économie dans les régions touchées par la catastrophe, en incitant à la consommation de produits alimentaires issus des zones contaminées. Des accords sont ainsi passés avec des chaînes de supermarchés présentes sur l’ensemble du territoire et qui orientent leur distribution vers la vente d’articles quasi exclusivement en provenance des territoires touchés.</p>
<div id="attachment_9517" style="width: 283px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://independentwho.org/fr/files/2015/03/Produits-frais-made-in-fukushima.png"><img class="size-medium wp-image-9517" src="http://independentwho.org/fr/files/2015/03/Produits-frais-made-in-fukushima-273x300.png" alt="Publicité pour la vente de fruits et légumes en provenance de la région de Fukushima. En haut et en orange, il est écrit : «Soutenons les agriculteurs de Fukushima !» " width="273" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Publicité pour la vente de fruits et légumes en provenance de la région de Fukushima. En haut et en orange, il est écrit : «Soutenons les agriculteurs de Fukushima !»</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Comment réagissent les populations concernées ?</strong><br />
C. A.-B. : Ce lavage de cerveau fonctionne en partie, même si la résistance est de taille compte tenu de l’enjeu sanitaire. Il est vrai que cette politique de communication va très loin dans la manipulation des esprits. C’est ainsi que sont organisés des ateliers qui consistent à faire redécouvrir aux enfants qui sont partis la culture du terroir de leur origine. Du personnel administratif de la préfecture de Fukushima, entre autres des psychologues, prend donc contact avec des familles sur leur lieu de refuge, leur expliquant qu’ils souhaitent organiser des rencontres entre les enfants du même âge des anciennes classes dissolues de la région afin qu’ils ne perdent pas contact. Là, ils les font cuisiner ensemble en leur expliquant, notamment, la provenance de chaque ingrédient (par exemple le terroir des grands-parents). Ainsi, on crée la nostalgie chez l’enfant que l’on culpabilise d’avoir abandonné ses amis et son pays natal. Tout cela est créé de toutes pièces mais fonctionne malheureusement. L’enfant, alors qu’il commençait enfin à recréer de nouveaux repères dans sa ville d’accueil, rentre dans sa famille en demandant la date à laquelle ils retourneront chez eux, à Fukushima… Certaines familles ne sont pas dupes et luttent pour l’organisation de réseaux d’accueil des réfugiés qui visent à les aider à mieux s’insérer et organisent des séances durant lesquelles on explique les pièges dans lesquels il ne faut pas tomber.</p>
<p>1 &#8211; Résultats de l’enquête de la préfecture de Fukushima au 30 janvier 2015.</p>
<p>Interview publiée  le 11 mars 2015 dans &laquo;&nbsp;CNRS &#8211; Le journal&nbsp;&raquo;</p>
<p><a href="https://lejournal.cnrs.fr/articles/a-fukushima-la-population-est-dans-une-situation-inextricable">https://lejournal.cnrs.fr/articles/a-fukushima-la-population-est-dans-une-situation-inextricable</a></p>
<p>Photos &#8211; Copyright Cécile Asanuma-Brice</p>
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