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	<title>IndependentWHO - Santé et Nucléaire &#187; Divers</title>
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	<description>L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) ne remplit pas sa mission de protection des populations victimes des contaminations radioactives.</description>
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		<title>Protégé&#160;: Appel aux dons</title>
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		<pubDate>Wed, 03 Jun 2020 10:32:20 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Il n&#8217;y pas d&#8217;extrait, car cet article est protégé.]]></description>
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		<title>En finir avec le «dogme Hiroshima»</title>
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		<pubDate>Mon, 10 Apr 2017 14:22:08 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Dans un article publié dans le quotidien genevois «Le Courrier», Alison Katz, membre d’IndependentWHO &#8211; Santé et Nucléaire, pointe l’invocation de la «radiophobie» pour expliquer les problèmes sanitaires des victimes d’accidents nucléaires, le recyclage douteux du «modèle Hiroshima» et le déni des effets de la radio-contamination à faible dose. &#171;&#160;Lire ou télécharger l&#8217;article&#160;&#187;]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Dans un article publié dans le quotidien genevois «Le Courrier», Alison Katz, membre d’IndependentWHO &#8211; Santé et Nucléaire, pointe l’invocation de la «radiophobie» pour expliquer les problèmes sanitaires des victimes d’accidents nucléaires, le recyclage douteux du «modèle Hiroshima» et le déni des effets de la radio-contamination à faible dose.<span id="more-10315"></span></p>
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		<title>Essais nucléaires en Polynésie : la France méprise toujours les conséquences de l’héritage radioactif</title>
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		<pubDate>Fri, 10 Apr 2015 12:44:55 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Près de 50 ans après le premier essai nucléaire en Polynésie, l’armée française revient à Moruroa, ce printemps, pour rénover les installations de surveillance. 250 personnes viendront travailler sur ce chantier. Mais la Défense estime que leur suivi radiologique individuel n’est pas nécessaire. Pourtant, les retombées radioactives sont toujours présentes, mais passées sous silence. Du plutonium est enfoui sous l’atoll. Le lagon et ses récifs coralliens sont pollués. Les fonds sous-marins sont fragilisés par les explosions souterraines. Et les maladies génétiques liées à la radioactivité se développent dans les archipels environnants. Autant de tabous qui font penser à bon nombre<a href="http://independentwho.org/fr/2015/04/10/essais-nucleaires-polynesie/">&#160;&#160;[ lire la suite ]</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Près de 50 ans après le premier essai nucléaire en Polynésie, l’armée française revient à Moruroa, ce printemps, pour rénover les installations de surveillance. 250 personnes viendront travailler sur ce chantier. Mais la Défense estime que leur suivi radiologique individuel n’est pas nécessaire. Pourtant, les retombées radioactives sont toujours présentes, mais passées sous silence. Du plutonium est enfoui sous l’atoll. Le lagon et ses récifs coralliens sont pollués. Les fonds sous-marins sont fragilisés par les explosions souterraines. Et les maladies génétiques liées à la radioactivité se développent dans les archipels environnants. Autant de tabous qui font penser à bon nombre de Polynésiens qu’ils ont été trahis. Enquête.</p>
<p>Dans les jardins de Pa’ofa’i, au centre de Papeete, quelques cocotiers se dressent, imperturbables, face à l’océan Pacifique et au soleil serein. A côté d’eux, une sculpture de bois représente une immense croix de Lorraine qui pénètre au coeur d’une silhouette polynésienne et y explose. Il y a un an, Gaston Flosse, alors président de la Polynésie française, décide de détruire ce monument dédié à la mémoire des victimes des essais nucléaires, pour le remplacer par une place baptisée &laquo;&nbsp;Jacques Chirac&nbsp;&raquo;. Mais devant une forte mobilisation menée par de jeunes Polynésiens et par Moruroa e tatou, principale association des victimes et travailleurs de Moruroa et Fangataufa, à 1200 km au Sud-Est de Tahiti, il renonce.</p>
<p>Difficile en effet de balayer d’un revers de main 193 essais nucléaires, aériens puis souterrains. Ils ont été menés par la France entre 1966 et 1996 au Centre d’expérimentations du Pacifique (CEP), dans l’archipel des Tuamotu. Le 2 juillet 1966, répondant au nom de code &laquo;&nbsp;Aldébaran&nbsp;&raquo;, une bombe atomique explose au-dessus de l’atoll de Moruroa. Première d’une série de tests militaires dont les conséquences environnementales, sanitaires et sociales empoisonnent toujours les Polynésiens.</p>
<p><strong>Du plutonium dans les atolls</strong></p>
<p>Ce qui reste des essais, ce sont d’abord des centaines de kilos de plutonium dans le sous-sol de Moruroa. « Le ministère de la Défense explique lui-même qu’une explosion consomme moins de 10% de la matière nucléaire contenue dans une bombe », précise Bruno Barrillot, ex-délégué pour le suivi des conséquences des essais nucléaires auprès du gouvernement polynésien. Ces substances seront neutralisées dans&#8230; 140 000 ans ! A l’époque, le discours officiel français assure que les résidus sont contenus et vitrifiés dans le basalte sous-marin. Mais en 2006, le ministère de la Défense reconnaît que près d’un tiers des tirs souterrains ont produit des fuites de gaz et d’autres matières nucléaires vers la surface des sols ou de l’océan [1].</p>
<p>L’ancien site du CEP est aujourd’hui une décharge. « Au début des années 1980, des cyclones envoient dans le lagon quantité de fûts de déchets nucléaires entreposés sur Moruroa », raconte Bruno Barrillot. Il faut alors trouver une solution. « Les militaires utilisent les sommets de 25 puits souterrains pour entasser des tonnes de déchets radioactifs : gravats, matériel et équipements contaminés », poursuit-il. En dépit de la règlementation française. « Ils n’avaient pas le droit de mélanger les déchets radioactifs à longue durée de vie avec les autres », souligne l’expert. « Et les déchets doivent être déplaçables. Or, tout est bétonné. »</p>
<p><strong>Des coraux très radioactifs</strong></p>
<p>L’activité des déchets accumulés dans les sous-sols de Moruroa atteint 13 279 térabecquerels (TBq), évalue, en juin 1998, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), sous l’égide de l’Onu. C’est 371 fois le seuil de classement des installations nucléaires de base (INB, lire aussi <a href="http://www.bastamag.net/Nucleaire-et-si-on-s-interessait">notre enquête</a> sur le sujet). Mais la loi du 13 juin 2006 sur la transparence et la sécurité nucléaire exonère de ces seuils les installations militaires, quel que soit le milieu d’accueil. Pourtant, la porosité du milieu corallien, le caractère corrosif et propagateur de l’eau desservent ce mode de stockage.</p>
<p>En 2006, la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (Criirad) est missionnée par le gouvernement polynésien pour analyser l’état radiologique du site. Elle préconise que les deux atolls, du fait de la radioactivité accumulée dans leur sous-sol, soient classés comme sites de stockage de déchets radioactifs et inscrits à l’inventaire des site contaminés, afin de mettre en place une signalisation des risques, un contrôle de l’accès à la zone, puis une décontamination [2]. Sans succès.</p>
<p><strong>Menace de tsunami</strong></p>
<p>Les explosions souterraines ont fragilisé les fonds sous-marins, provoquant un risque d’effondrement de la partie Nord de l’atoll, que reconnaît Marcel Jurien de la Gravière, délégué à la sûreté nucléaire et à la radioprotection pour les activités et installations intéressant la Défense (DSND), dans son rapport de 2011 : « Un glissement, qui pourrait atteindre 670 millions de m3, générerait sur Moruroa une vague pouvant atteindre une hauteur de 20 m » et de 2 à 5 mètres dans l’île voisine de Tureia. Faite quelques semaines avant le tsunami qui a frappé Fukushima, l’annonce émeut les Polynésiens. Même si « les zones d’habitations et d’activités de Tureia ne seraient pas submergées », affirme le lieutenant-colonel Frédéric Solano, à la délégation à l’information et à la communication de la Défense.</p>
<p>Le ministre polynésien de l’Environnement et de la Culture, Heremoana Maamaatuaiahutapu, ne sait pas trop quoi en penser. Ce dont il est sûr, c’est que le fond du lagon est jonché de débris, camions et autres jeeps : « Cela fait bizarre de croiser des avions Étendards quand on y plonge », grimace-t-il. L’opération a été surnommée « lagonisation » des déchets. Lors du démantèlement du CEP, les militaires ont tout simplement jeté l’inutile dans l’océan. « Nous voulons que la France dépollue l’ensemble du lagon », poursuit-il. La Défense n’en a pas l’intention, se contentant d’avancer « qu’elle se conformera strictement à l’interdiction », depuis 1986 et la convention de Nouméa, d’immerger de nouveaux déchets. Sur l’atoll de Hao, base avancée du CEP, une pollution aux métaux lourds, aux polychlorobiphényles (PCB) et aux hydrocarbures est alarmante, conclut une étude scientifique [3]. « Elle a préconisé que les habitants restreignent leur consommation de poisson pêché à une fois par mois, rapporte Bruno Barrillot. Mais c’est la base quotidienne de leur alimentation&#8230; »</p>
<p><strong>Décroissance de la radioactivité aérienne&#8230;</strong></p>
<p>Les tirs aériens, eux, ont laissé moins de traces. Pourtant, ils n’ont pas été aussi propres que le ministère de la Défense l’affirme depuis 1966. En 2013, la déclassification de 2050 pages de documents &laquo;&nbsp;secret défense&nbsp;&raquo; tempère cette confiance. Selon la Criirad, le tir inaugural de juillet 1966, par exemple, expose les îles Gambier à un niveau de radiation 1700 fois supérieur à celui enregistré par les capteurs de la centrale du Bugey, après le passage du nuage de Tchernobyl. Ces documents confirment 350 retombées radioactives sur les îles polynésiennes entre 1966 et 1974.</p>
<p>« Dans ces archives époustouflantes, on comprend qu’il y avait une véritable connaissance des risques de la part des autorités scientifiques et militaires françaises », souligne Bruno Barrillot. A présent, les derniers rapports officiels du département de suivi des centres d’expérimentations nucléaires (DSCEN) concluent à un « faible niveau de la radioactivité artificielle ». Un constat partagé par la Criirad, qui décrit aujourd’hui en Polynésie « une situation radiologique très satisfaisante, des niveaux très bas de radioactivité naturelle et une faible contamination résiduelle en césium 137 ». La décroissance normale de la radioactivité.</p>
<div id="attachment_9569" style="width: 310px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://independentwho.org/fr/files/2015/04/Essai-Nucléaire-Moruroa-1970.jpg"><img class="size-medium wp-image-9569" src="http://independentwho.org/fr/files/2015/04/Essai-Nucléaire-Moruroa-1970-300x203.jpg" alt="Explosion d’une bombe atomique aérienne de 914 kilotonnes, le 3 juillet 1970 à 18h30, au dessus de l’atoll de Moruroa (essai Licorne). La photo a été restaurée / CC Pierre J (via flickr)." width="300" height="203" /></a><p class="wp-caption-text">Explosion d’une bombe atomique aérienne de 914 kilotonnes, le 3 juillet 1970 à 18h30, au dessus de l’atoll de Moruroa (essai Licorne). La photo a été restaurée / CC Pierre J (via flickr).</p></div>
<p><strong>Mais des conséquences présumées sur l’ADN</strong></p>
<p>Pour Bruno Barrillot, c’est surtout dans la santé des Polynésiens, des travailleurs au CEP et de leurs descendants que s’inscrivent les conséquences des essais. L’inhalation ou l’ingestion d’une seule particule radioactive microscopique peut être contaminante. Une étude de 2010 de l’Institut Gustave Roussy sur les cancers de la thyroïde en Polynésie a montré que multiples cas n’étaient explicables que par les essais nucléaires [4]. Le docteur Claude Parmentier observe pour sa part 64 femmes polynésiennes traitées à Villejuif pour un cancer de la thyroïde. L’ADN des Polynésiennes y est trois fois plus altéré que celui d’un groupe tests d’Européennes.</p>
<p>« Les chiffres de l’OMS montrent qu’en Polynésie, les taux de cancers de la thyroïde et de leucémies sont supérieurs aux moyennes des autres pays », décrit Bruno Barrillot. En 2012, la Caisse de prévoyance sociale, la Sécurité sociale polynésienne, a ainsi porté plainte contre l’État français pour obtenir le remboursement des 226 millions d’euros qu’elle estime avoir déboursés pour traiter, selon elle, plus de 5000 pathologies liées aux essais nucléaires entre 1990 et 2010.</p>
<p><strong>« On dénonce le mépris de la France »</strong></p>
<p>Le Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires (Civen), lui, n’a accepté d’indemniser que 17 malades sur les 931 dossiers reçus [5]. « On dénonce le mépris de la France », déplore Roland Oldham, militant anti-nucléaire et président de l’association Moruroa e tatou. « Le comité est constitué d’experts nommés par le CEA [Commissariat à l’énergie atomique], les critères sont verrouillés et leur objectivité est annulée par la mention d’une dose dite &laquo;&nbsp;négligeable&nbsp;&raquo; de contamination, dont ils fixent eux-mêmes le seuil. Beaucoup de gens sont fatigués. Quand tu es malade d’un cancer et qu’il te reste six mois à vivre, tu n’as pas envie de mettre ton énergie là-dedans. »</p>
<p>Certes, le nombre de personnes contaminées est difficile à évaluer. Le pays étant peu peuplé, l’échantillon nécessaire à une étude est restreint. Mais aucune recherche épidémiologique d’envergure n’a été menée. Pendant que la France fait la sourde oreille, à Tahiti, le sujet se discute peu entre médecins. Les cadres hospitaliers ont longtemps été issus de l’armée. « Nous sommes dans l’urgence du soin et beaucoup d’entre nous n’ont pas véritablement le temps d’analyser les choses », explique un médecin de Papeete. « Nous avons l’impression qu’il y a une surmortalité éparse : des cancers, des maladies infectieuses, des malformations. Est-elle liée aux essais, à l’épigénétique, aux toxiques alimentaires, aux engrais, à la surconsommation, à la perte de la culture et des connaissances ancestrales, au niveau socio-économique, au retard dans les consultations ? » Les travailleurs malades répugnent aussi à parler. « Il se sentent coupables », confie Roland Oldham. « Parce que le nucléaire les a fait vivre pendant des années. Et maintenant qu’on parle des conséquences de la contamination sur les générations suivantes&#8230; » Les effets des radiations ne se mesurent plus seulement en surnombre de cancers.</p>
<p><strong>Effets héréditaires</strong></p>
<p>Rien ne prédestinait Christian Sueur, psychiatre et responsable du service d’hospitalisation de jour de pédopsychiatrie à Papeete, à s’intéresser aux essais nucléaires. Mais il reçoit plusieurs jeunes patients dont il n’arrive pas à s’expliquer les troubles envahissants du développement ou psychotiques. « Après examens génétiques, comme dans toute suspicion d’autisme, j’ai constaté des choses étranges : des translocations génétiques, des modifications chromosomiques exceptionnelles, des chromosomes cassés », relate le médecin. Il recoupe ses observations avec plusieurs nouvelles études qui concluent à un effet héréditaire de certaines maladies radio-induites [6].</p>
<p>L’irradiation des gamètes des sujets exposés à la radioactivité peut entraîner une instabilité génomique qui peut ne s’exprimer que plusieurs générations plus tard. « Contrairement aux malformations et maladies génétiques qui s’éliminent au fur et à mesure, du fait de la mortalité et des fausses couches, poursuit-il, l’instabilité génétique se stocke et se renforce ». Il cite la généticienne bélarusse Rosa Goncharova, qui a démontré que le phénomène, sur des petits mammifères exposés aux retombées de Tchernobyl, croissait sur 22 générations.</p>
<p><strong>Risques psycho-sociaux</strong></p>
<p>A Tureia, tout proche de Moruroa, Kua et Teariki vont bientôt se marier. Pour le jeune couple, il n’existe pas de meilleur endroit : la vie y est tellement simple. Pourtant, les familles de l’un et de l’autre ont été décimées par les cancers. « Alors t’imagines mon bébé ? J’ai peur qu’il soit malade », s’inquiète Teariki devant la caméra de Titti Johnson et Helgi Felixson, réalisateurs de Vive la France, un documentaire qui retrace les conséquences des essais sur l’atoll. Rares ont été les éditions du Festival international du film documentaire océanien, qui l’a projeté cette année, où un film sur les essais nucléaires n’ait pas été programmé.</p>
<p>Christian Sueur aimerait faire des recherches sur les effets psycho-sociaux « de cette menace génocidaire, au sens du génome, qui pèse sur les Polynésiens. Sur les conséquences de l’obligation de silence sur la question », que peu arrivent à braver. Et « y compris chez les militaires », frappés de déni et de refoulement. Kua et Teariki veulent fièrement ouvrir la première boulangerie de l’île. Mais la banque a refusé de leur prêter l’argent, à cause du risque de tsunami à Tureia. Les yeux de Kua s’embuent : « Il faut que la France ne nous oublie pas. C’est un cri de secours, quoi ! »</p>
<p>Justement, militaires et scientifiques du CEA réinvestissent en ce moment Moruroa, pour l’opération &laquo;&nbsp;Telsite 2&Prime;. L’économat des armées vient de lancer une opération d’une centaine de millions d’euros de rénovation du système de surveillance géomécanique de l’île. Il s’agit de remplacer des capteurs sous-marins installés en 1980, après qu’un tir eut entraîné la chute d’un pan de falaise corallienne. « Telsite 2 n’a pas vocation à mieux anticiper » le risque de vague, affirme le lieutenant-colonel Frédéric Solano, « mais à continuer d’assurer la sécurité du personnel militaire à Mururoa et des habitants de Tureia ».</p>
<p><strong>Toujours pas de suivi radiologique individuel des travailleurs</strong></p>
<p>Une base de vie est en train d’être construite, qui accueillera bientôt 250 personnes. Une centaine de Polynésiens devrait être embauchés sur ce site peu banal. Roland Oldham soupire : « On va encore envoyer de jeunes Polynésiens dans des endroits contaminés, alors qu’il faudrait des travailleurs spécialisés. On leur conseille de demander au moins l’endroit exact où ils vont travailler et si des mesures de radioactivité y ont été effectuées. » « Est-il prévu que la médecine du travail fasse leur bilan santé avant et après leur mission ? ajoute Bruno Barrillot. Je n’en suis pas sûr. » Le lieutenant-colonel Frédéric Solano confirme ses craintes : « L’ensemble de l’atoll de Mururoa a été expertisé par l’Agence internationale à l’énergie atomique qui a souligné qu’il n’était pas nécessaire de mener des actions de remédiation ou de surveillance radiologique sur des critères de radioprotection. Il n’y a donc pas nécessité d’un suivi radiologique individuel des travailleurs. »</p>
<p>Avant que le ministère de la Défense ne vienne lui présenter la mission de &laquo;&nbsp;modernisation&nbsp;&raquo; Telsite 2, le gouvernement local ignorait que 13 des 20 capteurs de surveillance de Telsite ne fonctionnaient plus. « Le système de surveillance est opérationnel et joue bien son rôle en terme de sécurité », certifie le lieutenant-colonel Frédéric Solano. « On demande plus de transparence, déclare Heremoana Maamaatuaiahutapu. La population se sent trahie, abandonnée après avoir été utilisée. On ne peut pas empêcher les gens de fantasmer sur les conséquences des essais si l’on n’obtient pas d’informations claires. »</p>
<div id="attachment_9571" style="width: 310px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://independentwho.org/fr/files/2015/04/Roland-Oldham-Mémorial-des-essais-nucléaires-Papeete.jpg"><img class="size-medium wp-image-9571" src="http://independentwho.org/fr/files/2015/04/Roland-Oldham-Mémorial-des-essais-nucléaires-Papeete-300x202.jpg" alt="Roland Oldham, militant anti-nucléaire et président de l’association Moruroa e tatou, devant le mémorial des essais nucléaires à Papeete / © Audrey Guiller" width="300" height="202" /></a><p class="wp-caption-text">Roland Oldham, militant anti-nucléaire et président de l’association Moruroa e tatou, devant le mémorial des essais nucléaires à Papeete / © Audrey Guiller</p></div>
<p><strong>Pas d’informations pour les Polynésiens</strong></p>
<p>Chaque ministre français qui se rend à Papeete est étonné que la question du nucléaire soit la première à surgir. « C’est un problème de fond qu’il faudra bien régler un jour, estime Bruno Barrillot. Il faudrait une instance de dialogue entre le gouvernement français et la Polynésie ». En 2012, le sénateur polynésien Richard Tuheiava propose une loi qui instaurerait une commission de suivi des conséquences des essais. Ainsi qu’une rétrocession de Moruroa et Fangataufa à la Polynésie française. « On pourrait former des Polynésiens à la surveillance et la gestion du site et mener des expertises radiologiques indépendantes, qui n’ont jamais eu lieu dans cette zone », approuve Bruno Barrillot.</p>
<p>Encore aujourd’hui, le moindre incident qui s’y produit est signalé directement à Paris, par satellite, sans être communiqué au gouvernement polynésien, généralement informé deux ans plus tard par un rapport écrit. Adoptée par le Sénat, la proposition reste bloquée, depuis trois ans, à l’Assemblée. Au bord du lagon, Kua et Teariki, eux, ont abandonné leur île et leur rêve de boulangerie pour s’installer à Papeete. Là où sont les médecins.</p>
<p>Audrey Guiller</p>
<p>26 mars 2015</p>
<p>Basatamag.net</p>
<p><a href="http://www.bastamag.net/Essais-nucleaires-en-Polynesie-la-France-meprise-les-consequences">http://www.bastamag.net/Essais-nucleaires-en-Polynesie-la-France-meprise-les-consequences</a></p>
<p>D’autres documents d’archives sont disponibles sur le site : <a href="http://www.moruroa.org/Texte.aspx?t=10">www.moruroa.org/Texte.aspx?t=10</a></p>
<p>Notes</p>
<p>[1] La dimension radiologique des essais nucléaires français en Polynésie, ministère de la Défense.</p>
<p>[2] Pour télécharger le <a href="http://www.criirad.org/actualites/dossiers2006/polynesie/rapcriiradpolynesiejanv2006.pdf">rapport de la Criirad</a>.</p>
<p>[3] Étude de juin 2012 rédigée par les bureaux d’étude Artelia et Pae Tai Pae Uta.</p>
<p>[4] Lire les <a href="http://www.gustaveroussy.fr/fr/page/20-septembre-2010_3613">conclusions de l’étude</a>.</p>
<p>[5] La Civen s’occupe des cas liés aux essais en Polynésie mais aussi dans le Sahara. 80% des dossiers déposés concernent des militaires.</p>
<p>[6] Lire le détail et les résultats des études dans un <a href="http://blogs.mediapart.fr/blog/christian-sueur/050811/les-essais-nucleaires-francais-dans-le-pacifique-n-etaient-pas-prop">article approfondi de Christian Sueur</a> sur Mediapart.</p>
<p><a href="http://www.bastamag.net/Nucleaire-et-si-on-s-interessait">Haut de page</a></p>
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		<title>Avertissements et recommandations de Michel Fernex sur les conséquences sanitaires de Fukushima</title>
		<link>http://independentwho.org/fr/2011/12/10/recommandations-michel-fernex/</link>
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		<pubDate>Sat, 10 Dec 2011 13:02:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[christophe]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Divers]]></category>
		<category><![CDATA[Fukushima]]></category>

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		<description><![CDATA[Suite à la publication d’un article du journal Mainichi Daily News, Michel Fernex, professeur émérite de la Faculté de médecine de Bâle et ex-membre des Comités Directeurs de TDR (Programme spécial de Recherche pour les Maladies Tropicales) à l&#8217;OMS, a réagi pour donner des avertissements et apporter des recommandations sur les conséquences sanitaires de la catastrophe de Fukushima. En lisant l&#8217;article du Mainichi Daily News, à propos des problèmes de santé après l&#8217;accident nucléaire de Fukushima, on peut se poser une question : quelle institution pourrait conseiller les autorités sur les meilleures dispositions à prendre pour protéger la population et<a href="http://independentwho.org/fr/2011/12/10/recommandations-michel-fernex/">&#160;&#160;[ lire la suite ]</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><strong>Suite à la publication d’un article du journal Mainichi Daily News</strong>, Michel Fernex, professeur émérite de la Faculté de médecine de Bâle et ex-membre des Comités Directeurs de TDR (Programme spécial de Recherche pour les Maladies Tropicales) à l&rsquo;OMS, a réagi pour donner des avertissements et apporter des recommandations sur les conséquences sanitaires de la catastrophe de Fukushima.</strong></p>
<p>En lisant l&rsquo;article du Mainichi Daily News, à propos des problèmes de santé après l&rsquo;accident nucléaire de Fukushima, on peut se poser une question : quelle institution pourrait conseiller les autorités sur les meilleures dispositions à prendre pour protéger la population et diminuer les souffrances des victimes ?</p>
<p>La responsabilité de la direction de l&rsquo;usine commence avec les erreurs dans la conception et la construction de la centrale, l&rsquo;absence d&rsquo;information sur les dommages réels dus au tremblement de terre, plus d&rsquo;une heure avant que le reste de la vague du tsunami ne fasse des milliers de victimes 100 km plus loin. Ces erreurs ont été la cause du retard apporté à la réduction et à l&rsquo;arrêt de la contamination de l&rsquo;air, des sols et de l&rsquo;eau.</p>
<p><strong>L’OMS subordonné à l’AIEA</strong></p>
<p>Conformément à sa constitution (1946), l&rsquo;Organisation Mondiale pour la Santé (OMS) se doit de fournir une assistance technique dans le domaine de la médecine, en cas d&rsquo;urgence, si cela est demandé par les gouvernements, ou simplement après l&rsquo;acceptation de telles interventions. L&rsquo;OMS doit fournir toutes les informations, donner des conseils et offrir une assistance concernant la santé. Elle doit former une opinion publique bien documentée sur la santé. Aucune de ces obligations n&rsquo;a été respectée.</p>
<p>Ceci ne s&rsquo;est pas produit pour des raisons historiques. L&rsquo;OMS a signé en 1959 avec la toute nouvelle Agence Internationale pour l&rsquo;Energie Atomique (AIEA) un accord voté par l&rsquo;assemblée Générale (WHA 12.40) qui a mis fin à l&rsquo;indépendance de l&rsquo;OMS dans le domaine de l&rsquo;industrie nucléaire. De plus récentes décisions confirment le retrait des activités de l&rsquo;OMS dans le domaine des radiations ionisantes. Cela explique que l&rsquo;AIEA soit intervenue à Tchernobyl et Fukushima, et pas l&rsquo;OMS.</p>
<p>La population ignore les statuts de l&rsquo;AIEA, qui donne des directives ou contribue à prendre des décisions après une catastrophe atomique comme celles de Fukushima ou Tchernobyl. L&rsquo;AIEA, avant tout, se doit de respecter les termes de ses statuts. Les lignes ci-après, tirées d&rsquo;un document de l&rsquo;AIEA, cité dans les publications de l&rsquo;AIEA, par exemple dans les &laquo;&nbsp;Proceedings of the International Conference on Chernobyl&nbsp;&raquo;, à Vienne, du 8 au 12 avril 1996. Il y est stipulé que l&rsquo;Agence a pour principal objectif &laquo;&nbsp;d&rsquo;accélérer et d&rsquo;étendre la contribution de l&rsquo;industrie atomique à la paix, la santé et la prospérité à travers le monde&nbsp;&raquo;.</p>
<p>En d&rsquo;autres termes, cette agence des Nations Unies doit avant tout promouvoir les industries nucléaires, et soutenir ce genre de projets commerciaux. L&rsquo;AIEA occupe la plus haute position dans la hiérarchie des agences de Nations Unies, y compris l&rsquo;OMS, l&rsquo;Organisation des Nations Unies pour l&rsquo;alimentation et l&rsquo;agriculture, l&rsquo;UNICEF et d&rsquo;autres contrôlées par ECOSOP. En outre, l&rsquo;OMS, d&rsquo;un point de vue légal, n&rsquo;est pas indépendante, ou pire est absente dans le domaine des radiations ionisantes. L&rsquo;AIEA, dans la nécessité d&rsquo;imposer ses buts, n&rsquo;admettra pas que ces sévères maladies soient dues aux radiations. Cela risquerait de ralentir le développement et la croissance des installations nucléaires dans le monde. Les directives de cette agence représentent la défense de ces structures commerciales, bien plus que la protection des populations ou l&rsquo;aide aux victimes.</p>
<p>Pour les autorités sanitaires nationales, l&rsquo;AIEA sera donc le mauvais conseiller en cas de catastrophe nucléaire. La priorité sera donnée aux considérations économiques, et donc toute tentative d&rsquo;attribuer ou d&rsquo;associer des pathologies aux radiations sera réfutée. De fausses estimations peuvent retarder l&rsquo;évacuation de communautés fortement irradiées.</p>
<p><strong>Les effets du rayonnement selon le sexe</strong></p>
<p>Choquant et encore plus incompréhensible à Fukushima a été l&rsquo;absence de distribution d&rsquo;iode stable à toute la population, et avant tout aux enfants, qui sont les plus menacés. Cette intervention prophylactique est peu coûteuse. Elle aurait été efficace, comme démontré en Pologne par Keath Baverstock, une campagne de ce genre est très bien tolérée, même si cela inclut des millions d&rsquo;enfants, qui ont le plus besoin d&rsquo;une telle protection. Un comprimé à avaler, si possible avant que le vent qui transporte l&rsquo;iode radioactive, essentiellement I-131, ne traverse la région.</p>
<p>Le journal n&rsquo;indique pas que les premières victimes de l&rsquo;accident de Fukushima sont et seront les enfants. Cela commence quand la rapidité de la division cellulaire de l&rsquo;embryon rend ce stade de développement 1000 fois plus vulnérable que l&rsquo;adulte. Les embryons peuvent mourir, ce qui correspondrait à des avortements précoces. A la naissance, 5% des bébés filles ont manqué dans les années qui ont suivi l&rsquo;explosion de Tchernobyl, en comparaison avec les statistiques d&rsquo;avant 1986. Les plus importantes différences dans l&rsquo;équilibre des sexes, avec plus de 5% d&rsquo;enfants femelles manquant, ont été enregistrées au Bélarus et en Russie, les pays qui ont subi le plus de retombées radioactives. Une diminution des filles à la naissance a été également enregistrée en Europe de l&rsquo;Est et dans les Balkans après Tchernobyl. Même en Allemagne, on a enregistré un déficit notable de filles à la naissance. Toutefois, en France et en Espagne, où les retombées ont été faibles ou localisées, aucun changement dans l&rsquo;équilibre des sexes à la naissance n&rsquo;a été enregistré. Cela montre que ce décalage est proportionnel à l&rsquo;intensité des radiations ionisantes.</p>
<p>Le rapport normal entre les sexes, inégal, correspond à environ 1045 nouveaux-nés mâles pour 1000 nouveaux-nés femelles. Ce pourcentage est plus ou moins constant à travers le monde. Il y a d&rsquo;autres exemples où le décalage entre sexes est plus important, en liaison avec une radioactivité accrue. Par exemple, dans la vallée de Kerala, présentant une radioactivité ambiante due au monazite, un sable riche en thorium, avec une activité six fois supérieure à la normale, provoque un accroissement significatif de mutations dominantes, ainsi que de la trisomie 21, de même qu&rsquo;une augmentation de la disparité entre les sexes, par comparaison avec la vallée voisine qui présente une radiation normale (Padmanabham).</p>
<p>A Tchernobyl, on a constaté une mortinatalité, une mortalité périnatale ainsi que des malformations congénitales. Les déficiences cardiaques sont constatées beaucoup plus tard. L&rsquo;irradiation des fœtus in utero peut conduire à un accroissement des leucémies et cancers (tumeurs du cerveau), comme démontré dans les années 50 par Alice Stewart.</p>
<p><strong>Rayonnement et dysfonctionnement immunitaire</strong></p>
<p>A Tchernobyl, la fréquence de diabète sucré de type 1 a augmenté chez les enfants, et spécialement chez les jeunes enfants et les bébés, où la maladie provoque un coma puis un décès. Ceci est provoqué par des défauts dans le système immunitaire ou une mutation. Généralement, des facteurs héréditaires peuvent être trouvés dans ces cas-là ; les parents ou grands-parents souffrent de problèmes similaires. A Tchernobyl, le diabète sucré de type 1 n&rsquo;existe pas dans la famille. Le diabète sucré de Tchernobyl semble être une nouvelle maladie.</p>
<p>Il est prouvé qu&rsquo;au Bélarus, le système immunitaire a été gravement affecté après l&rsquo;accident. Donc, à la fois les globules blancs et les gamma globulines doivent être étudiées avec un suivi prolongé sur la population de Fukushima (voir les publications du Pr. Titov). Les résultats devraient être comparés avec ceux d&rsquo;études similaires effectuées sur des populations d&rsquo;enfants éloignées des retombées radioactives, par exemple une région comparable près de Kobe ou Kyoto.</p>
<p>Lorsque l&rsquo;on étudie le système immunitaire d&rsquo;enfants irradiés, il faudrait prêter attention aux auto-anticorps par rapport aux cellules beta des îlots de Langerhans dans le pancréas, et par rapport aux cellules de la thyroïde. La thyroïdite de Hashimoto a la même étiologie que le diabète sucré de type 1. D&rsquo;autres glandes endocrines, comme celle produisant des hormones sexuelles, peuvent être responsables de problèmes fonctionnels, spécialement pendant la puberté : retards menstruels ou même épidémie de stérilité masculine, comme décrit en Ukraine. La fréquence des maladies allergiques peut également s&rsquo;accroître dans les populations d&rsquo;enfants irradiés. Là encore, une comparaison avec des communautés à l&rsquo;abri des retombées radioactives sera nécessaire.</p>
<p>L&rsquo;hyper-sensibilité de cellules (culture de lymphocytes) d&rsquo;enfants irradiés, après une brève exposition aux rayons-X de la culture cellulaire, devrait être étudiée à Fukushima, comme cela a été fait à Tchernobyl par le Pr. Pelevina. L&rsquo;altération du système immunitaire contribue à n&rsquo;en pas douter à l&rsquo;accroissement des maladies infectieuses chez les bébés et les enfants de Tchernobyl, même après des années, si les enfants continuent à absorber de la nourriture radio-contaminée. Les infections on des conséquences plus graves, avec des complications et une tendance à devenir chroniques, par comparaison avec des enfants de régions non contaminées.</p>
<p>Les radiations ionisantes induisent une instabilité du génome, directement transmissible de génération en génération. Ceci doit être étudié et suivi pendant des générations, en commençant par les grands-parents dès maintenant.</p>
<p><strong>Irradiation et cancer</strong></p>
<p>Le taux de cancer de la thyroïde, extrêmement rare chez de jeunes enfants, peut augmenter même avant l&rsquo;âge de 5 ans, un âge auquel on s&rsquo;attend normalement à un cas sur un million de cette maladie maligne. Si l&rsquo;irradiation se produit in utero, ou tôt après la naissance, le temps de latence peut être très court, et un cancer papillaire de la thyroïde, rapidement envahissant, peut se développer chez de très jeunes enfants. Tchernobyl a provoqué plusieurs autres maladies de la thyroïde, comme des goitres, des thyroïdites, et désordres fonctionnels. Les autres cancers ont des temps de latence plus longs, jusqu&rsquo;à 35 ans. Cronberg en Suède et Okeanov, au Bélarus, ont trouvé une nette tendance à l&rsquo;accroissement de différents cancers 10 ans après Tchernobyl, et une augmentation significative de tous les cancers communs après 20 ans.</p>
<p>L&rsquo;irradiation de jeunes adultes entraîne un vieillissement prématuré ; l&rsquo;apparition prématurée de cancers participe de ce phénomène. L&rsquo;accroissement des cancers était plus prononcé chez les plus jeunes des liquidateurs de Tchernobyl que chez les plus âgés, pour la même exposition aux radiations. Okeanov a en outre montré que parmi les liquidateurs, la durée de l&rsquo;exposition aux radiations était un facteur de risque plus important que la dose. (Cf. Proceeding of an intentional conference, AIEA, Vienne, p. 279, 8-12 April 1996). Lors de l&rsquo;étude des problèmes des cancers, il ne faut pas choisir la mortalité comme paramètre, la mortalité décroît année après année, mais le taux va croissant, spécialement parmi les sujets irradiés, et il est 20 ans trop tôt pour déterminer la moyenne d&rsquo;âge d&rsquo;apparition. Pour ça, des différences statistiques pourront être trouvées dans dix ou vingt ans.</p>
<p>La cécité est également plus fréquente parmi les liquidateurs les plus jeunes. C&rsquo;est une maladie dégénérative de la rétine, avec une perturbation de la microcirculation qui atteint la macula après quelques années.</p>
<p>A Tchernobyl, la première cause de décès dus aux radiations n&rsquo;est pas le cancer, mais les maladies cardio-vasculaires, l&rsquo;hypertension, avec complications cérébrales et cardiaques. Les médecins peuvent protéger les patients de ces complications.</p>
<p>Des années après Tchernobyl, les enfants avec une grande concentration de Cs-137 dans l&rsquo;organisme sont malades dans 80% des cas, et ont souvent des problèmes cardiaques. Avant Tchernobyl, et dans les régions du Bélarus où les retombées radioactives sont minimales, seulement 20% des enfants peuvent être considérés en mauvaise santé, comme c&rsquo;était le cas au Bélarus avant la catastrophe.</p>
<p>La thyroïdite de Hashimoto et le diabète sucré de type 1 touche toujours de jeunes bébés. D&rsquo;autres maladies endocrines, comme celles provoquées par des anomalies des hormones sexuelles peuvent être responsables de dysfonctionnements, en particulier chez les filles pendant la puberté, avec des retards de menstruation, et chez les garçons, avec une stérilité.</p>
<p>Il est important que des études similaires soient entreprises à Fukushima, avec toujours la possibilité de comparer les résultats, avec un groupe de référence, dans un environnement similaire, mais sans retombée radioactive. L&rsquo;âge, la répartition des sexes, les professions, les modes de vie de la population devraient être les mêmes. Les régions radiologiquement propres pour la comparaison devraient êtres choisies autour de Kyoto et de Kobe.</p>
<p><strong>Eviter l’exposition interne</strong></p>
<p>Les mesures à prendre pour protéger les enfants consistent avant tout à éviter l&rsquo;absorption de radionucléides avec les boissons et les aliments. Il faut fournir des aliments et des boissons propres à tous les enfants, à la maison et dans les réfectoires à l&rsquo;école. Des vacances dans des régions non contaminées sont également bénéfiques.</p>
<p>La pectine réduit l&rsquo;absorption de radionucléides, Sr-90, Cs-137 et dérivés de l&rsquo;uranium. Elle accélère également l&rsquo;élimination des radionucléides à la fois dans les selles et l&rsquo;urine. Cet additif alimentaire est considéré par les experts du Laboratoire de la Commission Européenne à Ispra (Italie) comme sûr et efficace pour cette indication (Nesterenko V.I. &amp; al. SMV 134: 24-27. 2004).</p>
<p>Les enfants contaminés peuvent aussi être protégés avec des vitamines E et A, ainsi qu&rsquo;avec des carotènes, qui agissent en tant qu&rsquo;antioxydants. Les mères devraient donner des carottes, des betteraves et des fruits rouges, qui contiennent de tels antioxydants, à leurs enfants.</p>
<p>La dose de radiation externe est une bien moindre source de pathologies que la dose interne dus à l&rsquo;absorption de radionucléides, qui s&rsquo;accumulent dans les organes tels que thymus, glandes endocrines, rate, surface des os et cœur. Bandazhevsky a démontré après Tchernobyl (SMW 2003;133:488-490) que l&rsquo;on détecte à l&rsquo;autopsie des concentrations de Cs137 deux fois supérieures dans les organes des enfants que dans ceux des adultes de la même région. Les plus fortes concentrations sont mesurées dans le pancréas et le thymus des nouveaux-nés et des bébés.</p>
<p>Les dosimètres donnés aux enfants devraient être remplacés par des spectromètres du corps entier transportés périodiquement dans les écoles pour contrôles. Ils donnent une mesure de la charge de Cs-137. Si la valeur mesurée dépasse 20 Bq/kg de poids du corps, des cures de pectine s&rsquo;avèrent nécessaires, et la nourriture contaminée doit être remplacée par de la nourriture et des boissons saines.</p>
<p>Ces remarques font suite à l&rsquo;article du Mainich Daily News. Il confirme que parmi les adultes, aucun décès n&rsquo;a eu lieu pour l&rsquo;instant. Les problèmes épidémiologiques et médicaux doivent être étudiés et traités de la naissance à la puberté par des pédiatres, des généticiens et des immunologiques, dans les communautés irradiées. Ils devront comparer la situation présente à Fukushima avec les observations faites dans des régions comparables, mais non contaminées.</p>
<p>A Biederthal, le mercredi 30 novembre 2011</p>
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